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    46Ce soir à 19h40, cela fera 46 ans, exactement, que je me promène sur terre. Ca fait un petit moment que je m'y prépare, j'ai soufflé mes bougies il y a deux jours avec ma petite famille, mais c'est aujourd'hui que j'ai un cafard monstre. Ca me fait chier d'avoir le cafard le jour de mon anniversaire. J'aurais préféré que ce soit un jour de fête. Mais bon, en ce moment, ce n'est pas la fête à neuneu, ni à moi. Quand je me regarde dans la glace, j'ai de plus en plus de mal à me plaire. Quand je regarde où j'en suis dans ma vie, je me dis qu'il y a pire mais que ce n'est pas folichon non plus. En même temps, ça ne date pas d'aujourd'hui, ni d'hier.  Ca fait longtemps que je sais que je ne deviendrai pas celle dont je rêvais à 10 ans. Parce qu'a 10 ans je rêvais d'être un garçon  (garçon c'est moins dangereux), parce que  je rêvais d'être libéré de la peur que je ressentais chaque jour, parce que je rêvais d'être une super héroïne, et de péter la gueule aux méchants, au lieu de les subir, et que ça fait longtemps que je sais que la magie ne viendra pas à mon secours et que je n'ai pas de super pouvoirs.

    Pourquoi depuis ce matin, je me retiens de pleurer et pourquoi pleurer, hein ? J'ai un mari, il parrait que c'est important pour une femme, et encore plus à mon âge, d'être mariée... En même temps, ce n'est pas certain que ça dure. Cette nuit, d'ailleurs, j'ai fais un rêve. Intéréssant... On se retrouvait, lui et moi. Quel soulagement ! Nous retrouvions l'amour, la complicité, le désir. Puis, nous avons été interrompus dans nos retrouvailles par mes parents!  Voilà mon rêve. Alors, pour ceux qui ne me connaisseent pas, ça n'a pas beaucoup de sens, mais pour les autres, je vous vois demi-sourire, et vous avez raison. Attention, je n'ai pas tout dit. En revisualisant mon rêve, je me suis aperçue, que le mari que je retrouvais dans mon rêve, n'était pas tout à fait celui de la réalité. Il me convenait mieux. Et je me disais, Ah ! voilà ! C'est bien ce que je me disais ! C'est comme ça qu'il est en vrai ! Pas la peine de faire un dessin ... tout le monde aura compris.  Quand au fait que mes parents nous interrompent, étant donné que je ne vois plus mon père, que je me considère comme semi orpheline, et ce, pas parce que ma mère est en vie, mais seulement parce qu'il n'est pas encore mort. Quand à ma mère, elle est au pays des rêves, elle a un Alhzeimer. Les parents qui m'interrompent, ce sont ceux de quand j'étais enfant. Ceux qui m'ont fait mal, et à mon corps défendant, que je porte encore en moi. Les amateurs de psychoshtroumphette aprécieront.

    J'ai un mari donc, et nous sommes en pleine crise conjugale, comme tellement ! J'ai aussi deux filles que j'adore !!! Elles sont super ! J'espère être à la hauteur. En tout cas, c'est une belle aventure. Je les aime trop pour en parler ici, ça prendrait des heures et des jours. C'est mon bonheur, je le garde au chaud. Côté vie professionnelle. Ce n'est pas là ou le bas blesse, parce qu'à ce compte là, je n'ai plus de bas. Ah ! Le boulot ! C'est trop compliqué d'expliquer ça, ça fait 25 ans que j'essaye de comprendre. Et puis je crois que j'en ai déjà parlé. Pour faire court, et donc nécessairement un peu cliché, je souffre d'un syndrôme de stress post traumatique, qui, entre autre, se porte sur le travail. Ca ressemble un peu à une phobie sociale, c'est un truc qui fait que je suis prise d'attaque de panique chaque fois que je dois chercher du boulot, que de travailler au sein d'une entreprise, quelle qu'elle soit, me fait sombrer, que ma relation à la hiérarchie est extrêmement douloureuse, que je vis dans un état de tension extrême  dans une terreur quotidienne, qui me fait redouter le pire. Le pire, changeant en fonction des événements, mais la peur vitale, n'est jamais loin. Irrationnelle, disproportionné et invivable, comme toutes les phobies.

    99% des gens qui me connaissent ne comprennent absolument pas pourquoi je végète à ce point là, moi qui ai l'air si forte (hi hi hi) et si sure de moi (ha ha ha). Ils y a les partisans de : "C'est une feignasse" les partisans  de "Elle s'écoute, se complait dans son malheur, se vit comme une victime*, bla bla bla..." Entendez "victime" comme une insulte. Vous savez, cette espèce de boulet qui chouine et fait chier son monde. Pas la belle victime, morte en général, sur laquelle ont peu s'apitoyer 5 minutes et retourner à ses préoccupations. Parce que celle là, à la décence, vu qu'elle est morte, de ne pas envahir le paysage trop longtemps. Mais même si 99 % de mon entourage ne comprend pas, peu d'entre eux me reprochent ce que je suis. Et il me reste 1% qui savent, qui comprennent et me soutiennent. Je ne suis pas mal lotie côté amitié, n'est ce pas ? J'ai des amis, déjà. Des sur qui je peux compter, des avec qui je peux rigoler, voir même les deux... un truc de foufou. Je sais que tout le monde ne peut pas en dire autant. Mais, bien que je sois entourée, et peut être aussi parce que je le suis, que je ne veux pas perdre ce que j'ai, je me sens seule, isolée. Je crains toujours de les voir s'enfuir s'ils voyaient le boulet que je me tire. Et désolée pour les amis qui liront ce texte, mais l'expérience me dit que j'ai raison. Il arrive toujours un moment où on se lasse du malheur des autres. Je le comprends, je ne le juge pas. On a chacun assez a faire avec ses propres problèmes pour supporter ceux des autres. Voir que quelqu'un pédale dans la choucroute année après année, même si 9 fois sur 10 il à l'air d'aller bien, toutes les 10 fois il nous rappelle que le monde est violent et que nous ne sommes pas des héros. Et puis, il y a ceux qui se jurent de tout faire pour vous aider, qui s'épuisent et qui finissent par être en colère et par vous faire du mal, parce qu'on les a déçus, ou qu'ils se sont déçus eux même de ne pas y être arrivé. C'est difficile de supporter sa propre impuissance. Dans ce cas, il est plus aisé de juger celui qui est en souffrance de le rejetter, sa seule présence étant le reflet de nos inssufisances.

    J'ai 46 ans, c'est mon anniversaire. J'ai dépassé la moitié de ma vie. Même si mes aïeux sont décédés à 90 ans passé, leurs 10 dernières années se sont passées dans un brouillard que l'on ne peut qualifier de vie que biologiquement parlant. En plus Alhzeimer nous rend visite régulièrement.

    J'ai toujours été persuadé que je devais réaliser quelque chose dans ma vie. Même si je ne suis pas croyante, d'aucune façon, que je sais que la vie est absurde, qu'elle n'a aucun sens elle même. Que ça ne nous empêche pas d'en créer un ! J'ai des valeurs, j'ai toujours essayé de vivre en les respectant et je me suis passé certains savons mémorables quand je réalisais que je me conduisait en contradiction avec elles. Mais ce n'est pas ça. J'ai un truc à faire avant de mourir ! Il n'est pas question que je casse ma pipe avant. Alors du coup, fatalement, plus le temps passe, plus j'ai la pression. D'autant que je ne sais pas ce que c'est. Ce serait un bon pitch de film ça ! Notre héros  a une mission, cette mission est plus importante que tout, c'est plus que vital et son temps est limité  !!! Mais... il ne sait pas laquelle est ce ! Na na nère !  Démerdes toi avec ça ! Ben, il me reste au mieux, moins de la moitié du temps imparti pour faire ce que j'ai a faire, et je ne sais toujours pas ce que c'est ! Je suis putain de barré quand même ! Et dire que j'ai passé un quart de ma vie chez les psys. Il y a encore des progrès à faire de ce côté là, je dirais ! Ou je reviens de loin, ou les deux ! Ou je suis foutu ;-)

    J'aurais du, cet après midi écrire la pièce pour mes ados (cours de théâtre) mais mission impossible. Je culpabilise. Si encore cela avait été pour faire des truc funs ... Même pas. J'ai fais des truc pour la maison. Et j'ai écris ça. Ce n'est pas pour me plaindre, ni pour me faire plaindre. J'ai juste fait saigner la plaie pour la vider de son pus. C'est écoeurant, mais ça soulage. 

    BON ANNIVERSAIRE !


  • Commentaires

    1
    Ackness
    Mardi 22 Janvier 2013 à 19:49

    Et Joyeux Anniversaire.

    2
    Mardi 22 Janvier 2013 à 21:47
    Ne pas oublier les jours heureux semés au milieu des galères et savoir qu'ils reviendront. Je me dis tout les jours. Ça va passer. Alors je te le dis aussi. Je t'embrasse.
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