• Amours Multiples

    Amours MultiplesOh mon amour, comme je suis heureuse ! Nous nous aimons, nous nous aimons d’un amour léger et libre. J’ai tant et tant réfléchi à cette question, nous en avons tellement parlé ! Et la réponse est d’une telle évidence que j’ai mis du temps à l’accepter. Je me sens pousser des ailles, mais je ne veux pas d’envolées lyriques ! J’ai juste envie de parler simplement de choses vraies. Les mots rêches m’ont toujours donné une plus forte impression de réalité. Employer ces mots là, c’est donner naissance à un avenir palpable, déjà. Alors je vais écrire ces mots comme on scelle un pacte. Des mots qui nous lieront à cet avenir certain. Le veux tu ? Oui, tu le veux, nous en avons tellement parlé !

    Voilà, je t’aime et tu m’aimes de cette façon si douce. Je t’aime suffisamment pour te laisser vivre ce que tu as à vivre, quand tu as à le vivre. Tu m’aimes suffisamment pour me laisser vivre ce que j’ai à vivre, quand j’ai à le vivre. Nous nous aimons suffisamment pour laisser l’autre seul juge de ce qui est bon pour lui.

    Cela parait simple comme ça. Mais concrètement, cela veut dire que nous laissons notre amour libre de s’exprimer, l’un envers l’autre et envers quiconque. Tu peux aimer Isabelle, Estelle et Virginie, je peux aimer, Pierre, Paul et Jacques. Nous pouvons aimer d’amitié, aimer d’amour, aimer de sexe. Chacun peut aimer de son côté, nous pouvons aimer ensemble.

    C’est étrange dit comme ça. C’est un peu froid. Je n’arrive pas, tellement je me sens sereine, à exprimer les sentiments de tranquillité et d’assurance que je ressens en ce moment même. Pour me tester, encore et encore, je me confronte en boucle à l’idée de te voir, te sentir aimer une autre personne. Alors je ressens l’amour que tu éprouves. Je ressens le plaisir que cela te procure. Tes amours me rendront heureuse, j’en suis sûre. Je sais qu’il en sera de même pour toi. Je t’aime, oh mon amour ! Tellement !

     

     ..................

     

     

    Je ne sais pas si je dois t’en parler, je ne sais pas si je dois garder cela pour moi et attendre que l’émotion passe, ni même si elle passera un jour. Je me sens dépourvue, perdue. Je ne m’attendais pas à ça. Je… je ne sais. Non, il faut…  Je dois tout te dire ! Notre pacte repose sur la confiance, sur la vérité. Nous nous sommes promis de tout nous dire et de passer ensemble les épreuves de notre couple. Nous savions que nous serions confrontés à des difficultés. Nous les gèrerons à deux.

    Voilà. Pardonne le désordre de cette lettre, je suis bouleversée.

    J’ai vu tout de suite que vous vous plaisiez. Dès les premiers instants. Elle correspond tellement à ce que tu dis de tes anciennes amoures! Je te l’avoue, un peu honteusement, cet enthousiasme, après votre rencontre, m’a contrarié. Il était trop fougueux et tellement attendu. Mais bon, nous avons tous nos faiblesses et je t’aime assez pour te pardonner ce gout un peut trop conventionnel pour la bourgeoise un peu coincée en extérieur, et totalement dépravée dans l’intimité. Ce fantasme sur pattes, j’en entends parler depuis mon adolescence. Faut croire qu’il se transmet de père en fils. Je ne sais pas si c’est le coté, « je baise une dame comme une pute », ou « je dévoie une vertu » qui vous tente tellement. Ou plutôt le côté exclusif : « Elle ne baise comme ça qu’avec moi ! » Enfin ! Peu importe, comme je le disais plus haut, j’ai été un peu déçu par ce fantasme bon marcher, mais je ne t’en ai tenu aucune rigueur.

    Quand on s’est vu, tous les trois, que j’ai fais sa connaissance, au début, je ne l’ai pas trouvé désagréable. Belle avec de l’esprit. Un peu anguleuse dans son comportement, mais j’ai mis cela sur le compte de la nervosité. Il est, il faut avouer, particulier de rencontrer l’amante de son futur amant. Même et surtout si elle est au courant de vos intentions. Puis, elle s’est rassurée, détendue et il se trouve que je ne l’ai pas aimé, alors. Je n’ai pas gouté le résultat. Tu vois, ça, je n’y avais pas pensé. Toutes celles que tu as aimé, je les aies aimées aussi. Je ne les aies pas toutes désirées, non, mais il y avait quelque chose en elle que j’appréciais et je suppose qu’inconsciemment, je me projetais en toi, comprenais tes gouts, et donc les acceptais avec grâce. Je n’avais donc jamais imaginé que je pouvais ne pas apprécier quelqu’un que tu aimes ou tu désires. Quand je l’ai compris, je me suis morigéné. Jamais il n’a été question que l’un ait un droit de vétos sur les amours de l’autre. Mais putain ! J’ai envie de lui coller des baffes ! Je n’aime tellement pas ce qu’elle est, ce qu’elle représente ! Et te voir, lui ouvrir les bras en toute tranquillité me rend dingue. Je me suis dit que le mieux, serait que je ne sache rien. Que tu la vois de ton côté, sans m’en parler. Cela préserverait autant ta liberté que ma sensibilité. Et puis, je me suis dit que je devais aussi détourner mon attention. Ainsi, quand tu la verrais, mon intérêt serait pris ailleurs. Ce serait une personne que j’aurais choisi et qui ne serait pas forcément dans tes critères, car, même si tu ne m’interdit rien, tu as le chic pour détruire en quelque phrase le charme de ceux qui s’approchent.

    Forte de ces résolutions, je me suis laissée approché. J’ai joué au chat et à la souris, en secret, à l'abri de tes recommandations, mais gardant une distance respectueuse, juste de quoi faire diversion. J’ai retrouvé un peu de légèreté, retrouvé mon assurance et ma confiance.

    Et puis je t’ai entendu négocier avec elle ce rendez-vous et toutes mes bonnes résolutions se sont évanouies ! Je n’avais pas eu le temps de te dire de ne pas me tenir au courant de l’évolution de votre relation, que déjà tu l’avais fait ! D’accord, d’accord. Moi non plus je ne t’ai pas parlé des danses de séductions que j’ai toléré autour de moi. Et même si c’est plus pour me protéger que par désir, mes motivations ne doivent pas enter en ligne de compte, ce ne serait pas juste, ce ne serait pas dans notre pacte. Mais j’ai entendu ta voix dire, « Oui je vais faire mon possible pour me libérer. », Et mon cœur a battu plus vite, j’ai eu chaud, ma gorge s’est serrée, tout mon corps s’est crispé et j’ai totalement cessé de réfléchir. Quoi ? Tu allais prendre de Notre temps pour le lui donner ? Mon dieu ! Ce que j’ai eu envie de t’arracher ce combiné de téléphone, de l’envoyer au diable, elle, et sa fureur de bourgeoise en chaleur ! J’ai eu envie de te faire une scène, de te clouer à ce fauteuil et de prouver que je pouvais t’en donner, moi, de la de la débauche vorace !

    Mais, je me suis contenue, je t’ai interrogé le plus sereinement possible, ne te demandant que ce que j’ai le droit de demander. Je ne sais pas si tu as senti mon émotion. Si tu as répondu absolument sincèrement ou juste pour me faire plaisir et me calmer. Le fait que tu ne m’ai pas mise au courant de l’évolution de votre relation, me conduit à douter de ta sincérité. Oui, je pouvais te poser la question. Je ne l’ai pas fait parce que j’ai préféré l’oublier. C’est à ce moment là que le danseur s’est manifesté. Je l’ai laissé faire sa foutu danse, je l’ai laissé réduire la distance. Je l’ai laissé croire. Si tu savais comme j’ai été déçue ! Il ne m’a ni amusé ni distraite. Ce qu’il était falot ! Et tu sais quoi ? Lui aussi fantasme sur les bourgeoises coincées ! Seront ils tous comme ça ? M’ôteras tu le gout des hommes quand toi tu feras bombance ?

    Je suppose que selon notre propre code, je dois avaler cette couleuvre. Travailler sur moi, évoluer encore. Les amours multiples ne sont pas simples, sont elles réelles ? Et chose un peu étrange, j’ai peur de me détacher de toi. Moins t’aimer serait moins souffrir, mais je ne veux pas moins t’aimer. Je ne veux pas te perdre, quelqu'en soit la façon.

    Que peux tu faire pour m’aider ? Poser ta main sur ma joue, me dire que tu m’aimes, et me laisser te captiver.


    Tags Tags : , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :