• Bla bla bla

    J'écris sur ce blog ce qui me vient, quand ça me vient. Le contenu pourrait heurter la sensibilité des plus jeunes et des personnes sensibles. J'écris ce que je pense, mais ne pense pas nécessairement tout ce que j'écris.

    Chers Proches, moins proches, etc, ceci n'est pas mon journal extime, ne vous sentez pas visé par mes coups de gueule. Je ne parle certainement pas personnellement de vous. Si j'ai besoin de vous dire un truc, je vous le dirai de manière privée. Ce que vous interprétez de vos lectures ici-bas n'engage que vous.
    Vous voilà avertis, ne venez pas me faire chier.

    Amusez vous bien,

    Bisous.

     

  • J’ai 50 ans, 50 ans et des poussières. J’ai 50 ans et un paquet de poussière sous le tapis. Je me regarde dans la glace, qui suis-je ? Qui sommes-nous ? Laquelle d’entre nous ? La mère, la fille, la femme, l’enfant, la sage, l’aimante ? Être désiré désirante ? J’ai 50 ans devant la glace avec cette courbe, là, cette flétrissure, ici, ce sillon, et cette fissure sur le contour de ma bouche. Je me souviens de qui j’étais. Où suis-je ? Là, au fond de ma pupille, partout devenue, passée, dépassée, décotée. Suis-je ou ne suis-je plus ? Je regarde mon corps un peu usé, abimé par les coups, adoucit, arrondit, contre point du cœur affermit, de la conscience aiguisée.

    Je me regarde et je n’ose encore me l’avouer, le dire à voix haute ou y croire tout à fait. Je m’aime, j’aime mon corps. Je le parcours des yeux et je dis adieu à une jeunesse bien trop prisée. Je caresse et je souris tendrement aux marques qui sont autant de pierres blanches d’une vie vécue, sans économie.

    Je me regarde si imparfaite et si vivante courant à petits pas vers une mort certaine. Je lui ai demandé de m’attendre, de patienter jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de place au coin de mes yeux pour de nouvelles griffures. Je lui ai dit d’attendre que mon ventre se boursouffle et que mes jambes flagellent, que mon dos s’arrondisse et que je sois vraiment trop vieille. Mais pas avant. Juste le temps de découvrir ce qui se cache derrière le paravent de la jeunesse. Juste le temps d’en jouir, juste le temps de m’en lasser. Alors je viendrai me reposer dans ses bras, mais pas avant.

     


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  • Au vu du nombre incalculable de likes et de commentaires dithyrambiques sur mon précédent post, je me sens obligée de continuer ce guide que vous réclamez toutes à corps et à cris.

     

    Sans blague, vous avez l’air d’en avoir globalement rien à battre. M’en fou, j’écris pour les 14 personnes qui ont liké, dont 12 qui l’on fait parce qu’elles m’aiment bien ou/et on eu pitié.

     

    Chapitre 2 :

    Se connaître, s'aimer, se respecter

     

    Parce qu’il est, il me semble illusoire de prétendre s’aimer sans se connaître et que le respect de soi est une bonne façon de se témoigner de l’amour. Et comme le disent les phrases inspirantes sur fond joli de Google, si tu ne prends pas soin de toi, qui le fera ?

     

    Oui, nous sommes en 2017 et pour la première fois cette année, le clitoris sera représenté correctement dans les manuels scolaires. On croit rêver. On n’à plus qu’a attendre encore 40 ans pour que les médecins qui expliquent aux enfants comment leur corps fonctionne, ne représentent plus le sexe féminin par un simple trou, alors que le masculin, lui est complet.


    extrait de Quand ça va, quand ça va pas, par Michel Cymes
    animateur du Magazine de la santé et médecin — et publié aux Éditions Clochette.

     

    Voici donc un petit cours de rattrapage, pour celles qui n’ont pas vu la super vidéo avec Odile Buisson, qui explique bien tout. (pour celles qui savent, vous pouvez sauter ce chapitre) Attention, cours d’histoire. Ici, c’est du sérieux, ma brave dame !

     Le clitoris :

    Pendant l’antiquité, on pense (« on », comprenez « les hommes », les femmes n’ont pas le droit de penser, elles obéissent, c’est un boulot à plein temps) que les femmes ne peuvent pas faire de bébé sans plaisir. Les médecins préconisent donc la stimulation de la « zone ». (si seulement ça avait pu durer !) L’histoire ne tient que jusqu’au moyen-âge, (vous me direz, c’est déjà pas mal) ensuite on perd sa trace, à croire de le clito s’est fait la malle.

     

    Au XVe et XVIe siècle c’est un peu du n’importe quoi. L’Italien Ludovicus Bonnaciolus anatomiste de son état, décrit le clitoris et le compare au membre viril. Juste après lui André Vésale nie l’existence de « cette nouvelle et inutile partie » (parles pour toi mon coco, si tu sais pas y faire) et décrète que le clitoris est une malformation que l’on trouve seulement chez les hermaphrodites. (Ben tient, ou y a de la gêne y a pas de plaisir !) Pendant que l’anatomiste Charles Etienne le nomme «membre honteux» (rien que ça ! Mal baiseur, va !). Plus tard, Realdo Colombo successeur de Vésale, dit être le premier à décrire le clitoris et sa fonction.

     

    Extrait faisant référence à une «excroissance» :

     “C’est le siège principal du plaisir de la femme au cours de l’acte sexuel ; de telle manière que si non seulement vous le frottez avec votre pénis, comme si vous le touchez avec votre petit doigt, le plaisir provoque un jaillissement liquide dans toutes les directions, même si elles ne le veulent pas. Comme personne d’autre n’a jamais décrit cette excroissance ni son utilité, s’il m’est possible de nommer quelque chose que j’ai découvert, on devrait l’appeler l’amour ou la douceur de venus. Je ne peux exprimer combien je suis étonné que de remarquables anatomistes n’aient même pas détecté une chose si magnifique créée par un art si grand». (Le mec il a découvert une femme fontaine, et il ne s’en est pas remis.)

     

    Au 18 et au 19e siècle, on excise en Europe, soit disant pour lutter contre « l’hystérie » (maladie qui soit dit en passant, n’existe pas, n’a jamais existé), surtout pour empêcher l’onanisme, (se souiller les mains). Rappelons qu’en France, la pratique de l’excision n’est un crime que depuis 1983. Hé oui, pas de quoi être fier.

     

    En 1817, le docteur Tissot écrit un livre « L’onanisme » dissertation sur les maladies produites par la masturbation, où il décrit les effets secondaires. Ce n’est pas à piquer des vers !

    Extrait : « Après de longues pollutions nocturnes, non seulement les forces se perdent le corps maigri, le visage pâli, mais de plus la mémoire s’affaiblit, une sensation continuelle de froid saisit tous les membres, la vue s’obscurcit, la voix devient rauque, tout le corps se détruit peu à peu, le sommeil troublé par des rêves inquiétants ne répare point et on éprouve des douleurs semblables à celles qu’on ressent après qu’on a été meurtri par des coups. » C’est valable pour les deux sexes, mais si on ne songe pas à émasculer les garçons, on excise à qui mieux mieux.

     

    Freud en1920, écrit dans son «Introduction à la psychanalyse» que les petites filles éprouvent un désir inconscient de pénis (ha ba oui, tu penses !). Elles développent le plaisir clitoridien comme une compensation à ce «complexe du pénis». (Faut vraiment que le mec il se fasse une obsession de sa quéquette pour nous pondre un truc pareil) Il ajoute que la « vraie » féminité (parce que lui, inventeur de la psychanalyse, a décrété qu’il y avait des vraies et des fausses femmes) passe par le plaisir vaginal et qu’il faut supprimer le plaisir du clitoris. (Hé aller hop !) Sans aucune démarche scientifique, il affirme que le plaisir clitoridien est le fruit d’une névrose et que les femmes qui s’y adonnent sont immatures ou déviantes ! Faudrait surtout pas s’encombrer avec des démarches superflues. Faut dire que le bougre s’encombre rarement et publie régulièrement des articles contestables dans des revues médicales, des guérisons qui n’ont jamais existées. Mais je m’égare.

     

    Après ça, on ne peut pas s’étonner que des générations de femmes tentent de fuir le plaisir clitoridien pour se focaliser sur le soi-disant orgasme vaginal. Je dis « soit disant », parce que depuis, et seulement en 1998, on a découvert enfin l’anatomie réelle du clitoris qui est bien plus grands que ce petit bouton de rose dont parlent les poètes. Petit bouton qui, l’air de rien, possède 8000 terminaisons nerveuses, alors que le gland de Monsieur n’en possède que 4000. Bam bitch get out the way ! Alors qu’on ne vienne pas vous la faire avec les « T’es clitoridienne ou vaginale ? », parce que

     

    TOUS LES ORGASMES SONT CLITORIDIENS, ABSOLUMENT TOUS !

     

    La paroi du vagin étant très peu innervée, il ne risque pas de provoquer un quelconque orgasme. Si orgasme vaginal, c’est le clitoris qui est stimulé au travers les parois du vagin.

     

     

     

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  • Guide de la gourgandine heureuseIl y a un an, ou deux, je ne sais plus, l'on m'a proposé d'écrire un guide sexo. Je me suis emballée j'ai commencé à écrire et puis, finalement, le projet ne s'est pas fait. J'ai refermé mon ordinateur et mon projet s'est endormi. Ce matin, en faisant un peu de rangement dans mon ordinateur (ben oui, je suis ce genre de personne), je suis retombée dessus. Alors ce n'est pas que ce "guide de la gourgandine heureuse" soit l’œuvre incontournable de la décennie, de l'année, du mois, enfin bref, une référence, mais il m'a rappelé de bons souvenirs, et je me suis dit que ça pourrait vous faire marrer.

    Comme il est un peu long, je vais le couper en morceaux. Deux avantages à cela, ce sera plus digeste à lire pour vous, entre deux trucs important à faire, (je sais que vous êtes ce genre de personnes) et pour moi, ça alimentera mon blog pendant un moment. Feignasse oblige.

    Sinon, rien à voir, vous pouvez me dire si la mise en page est correcte, au niveau des commentaires aussi ? J'ai fait des modifications, mais je ne sais pas ce qu'elles rendent sur un ordi ou un mobile, donc, si vous pouvez me faire un retour la dessus, ce serait cool. Merci

     

    Je vais commencer par un peu de français et je suivrai avec un peu d'histoire, genre pour faire sérieux. Ensuite, ben vous verrez :

     

    Définition :

    Le mot "Gourgandine" est un terme familier, désuet. C’est une coureuse, une femme de mauvaise vie, une dévergondée. Mais c’est aussi un corset qui se ferme par devant et laissant voir la chemise... ou le sein.

     

    Une gourgandine heureuse
    Corsage lacé à la Gourgandine
    Là, on a les deux illustration en une seule image. Juste parfait.

     

    La gourgandine à travers les âges

    On ne sait pas exactement d’où vient le mot. Peut-être du radical de gourer et de l’ancien occitan gandir (« s’esquiver »). On cite aussi le persan gourgandjé, prostituée, libertine, comme origine de gourgandine ; mais comment ce mot persan aurait-il pu venir en notre langue dans le courant du XVIIe siècle ? Alors ça… Mystère. Par la bouche d’un commerçant amateur de beautés persanes aux prestations tarifées ? On ne le saura peut être jamais. Certains préfèrent s'en tenir à l'opinion selon laquelle gourgandine viendrait du verbe normand gourgandir. Le mot existe aussi au masculin, gourgandin, qui est un coureur de jupons. Il est prouvé que le nom de l’habit vient de la femme, et pas le contraire. Amusez-vous avec d'autres qualificatifs.

     

    Et aujourd'hui ?

    Selon la morale des ancien, "une femme honnête n’a pas de plaisir", donc on nomme gourgandine, toute femme assumant d’en avoir. La gourgandine est aujourd’hui une femme affranchie de la morale des culs bénis de tous poils (de culs). Elle est actrice et responsable de ses plaisirs. Loin d’attendre plus ou moins patiemment qu’un prince plus ou moins charmant tente de la rendre plus ou moins heureuse, elle enfourche son blanc destrier, et part à l'aventure. Car oui, le plaisir est une aventure., enfin ça peut... si on aime ça. Après on n'est pas obligé, c'est chacune comme elle veut. Et à la fin, elle est heureuse et elle a beaucoup d'orgasmes.

    Alors attention, la liberté, ça se bosse. Il ne s’agit pas de se parer de ses plus beaux atours, se poser délicatement sur une banquette en attendant de se faire pécho, espérant qu'il/elle ne soit pas, trop moche, trop lourd, ni trop mauvais amant.e. Je vous entends vous récrier que quand même non, on en est plus là, permettez-moi de vous dire que j’ai reçu des confidences qui ont failli me faire tourner de l’œil, et j'en ai entendu, je vous raconte pas. Enfin si, mais pas tout.

    "Lors d’un pique nique entre copines, l’amie d’une amie d’une… etc s'est ainsi confiée :
    « Ma soirée a été épouvantable ! Je suis tombé sur un mec, il était lourd ! J’ai eu beau bailler, regarder ailleurs, l'esquiver, il a passé toute la soirée à me coller, à me raconter des trucs dont je me foutais comme de mon premier soutif, non, ça je m'en souviens, comme de mon deuxième, tiens.  Et il dansait mal ! L’enfer, je te dis !
    - Pourquoi tu l'as pas jeté ?
    - Ben c'est pas très gentil.
    - Ha t'as raison, une fille ça doit être gentille, sinon ça sert à rien."

    Haaaaaaa !!!!! (là je crie) Et bien non, Bernadette. Bien sure que non ! C'est pas très gentil, mais on n'est pas sur terre pour être gentilles, bordel ! Je dirais même mieux, non seulement il aurait fallu lui dire que ce qu'il disait ne t'intéressait pas, mais en plus il aurait fallu que tu te lèves, et que tu ailles discuter avec celui/ceux/celles qui te que tu voulais !"

    Il ne faut pas se contenter d’attendre passivement que quelqu’un se préoccupe de votre plaisir. Occupez-vous en vous même, saperlipopette ! On n’est jamais mieux servi que par soi même. Charité bien ordonnée... Cessez d'être gentils, soyez vrai... j'ai de la valeur en tant qu'être humain et je n'ai pas à le prouver, equaterra !

    Donc, je reviens à nos moutons, pour être une gourgandine heureuse, il faut s'aimer et se respecter soi-même.

    Je vous file un petit test, tien !

     

    Noter de 1 à 10 les assertions suivantes :

    1. Je suis quelqu'un de bien.
    2. J'ai droit au bonheur.
    3. J'ai le droit de prendre mon pied.
    4. Je m'accepte telle que je suis.
    5. Je suis bonne. (pas femme de ménage, enfin vous pouvez l'être mais c'est pas la question)
    6. Si je ne plais pas à une personne, c'est pas grave, je plairai à d'autres.
    7. Je suis cool, fun, intelligente.
    8. J'accepte les compliments.
    9. Je fais ce que je veux.
    10. Les files sages vont au paradis, les autres où elles veulent.

     

    Comptez les points :

    de 0 à 25, Uh ! C'est pas gagné. Je serais vous, j'irai me faire aider. Personne, je dis bien personne, ne doit se dévaloriser comme ça. Vous méritez, qui que vous soyez, votre part de bonheur. Y en aura pour tout le monde. Vous êtes un être humain, ou un panda qui sait lire, c'est suffisant. Vous n'avez rien à prouver. Prenez soin de vous !

     

    de 26 à 50, vous savez que vous avez une certaine valeur, mais vous ne savez pas bien laquelle. C'est genre un doute qui subsiste au fond de votre moi profond, mais vous écoutez plutôt La critique que les 10 compliments. Faut vous reconnecter à vous-même. Votre valeur ne dépend ni de votre réussite sociale, ni de vos réalisations, ni de votre popularité ou de votre compte en banque. Allez, prenez vous dans vos bras et faites-vous un câlin.

     

    de 51 à 75, Ca va mais... Et ce "mais", ça va pas. Vous ne vous faites pas marcher sur les pieds, faut pas abuser, mais votre liberté s'arrête là où commence celle des autres, et concrètement, où commence la liberté des autres ?  Prenez un peu de recul, est-ce bien à vous de céder du terrain sur votre plaisir ?  Pourquoi son orgasme passerait avant le votre ? Pourquoi sa morale est plus importante que votre plaisir ?

     

    de 75 à 100,  cliquer ici.

     

    Et maintenant, un petit exercice. Et ouaye ! Vous croyez quoi ? Que le bonheur c'est un truc de fainéant ?

    Exo, donc :

    Prenez votre plus beau papier à lettre, ou un joli carnet, (ok, du papier imprimante ça ira. Mais pas une feuille déchirée, faut pas abuser) imaginez que vous êtes une autre personne qui vous connait très bien, et écrivez-vous une lettre d'amour. Dites-vous à quel point vous vous aimez, ce que vous appréciez chez vous. Racontez à quel point vous êtes sexy, brillante, drôle... Et n'y allez pas avec le dos de la cuillère, ne soyez pas timides. Écrivez-vous une lettre qui vous fait flamber ! Et si vous n'y arrivez pas, demandez à des personnes de votre entourage que vous savez capables de vous dire des choses positives, multipliez par dix, et écrivez vous cette putain de déclaration d'amour, de love et de sexe. Gardez cette lettre bien précieusement, et chaque fois que vous avez le bourdon, relisez là. Y a pas de mal à se faire du bien, je vous jure !

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  • Dans l’univers du bien être et du développement personnel, on entend beaucoup parler de résilience. C’est un concept très séduisant qui permet à tout un chacun de s’extasier sur une poignée de héros et d’envoyer chier tous ceux qui n’ont pas résilié (leur contrat avec la galère).

    Mais qu’est ce que c’est, la résilience ? La première fois que j’ai lu ce mot, c’était dans un bouquin de Cyrulnik, aussi limpide à l’oral qu’imbitable à l’écrit. J’en ai bien saisi la définition mais j’ai eu envie, aujourd’hui, de la vérifier dans le dictionnaire, histoire d’être sûre. J’aime bien savoir de quoi je parle, même si les ¾ du temps je n’arrive pas a exprimer ma pensée avec exactitude. Ceci dit, j’adore les mots « couteau suisse ». C’est très pratique. Tu sais pas quoi dire, ni comment le dire, tu sors le mot et le tour est joué. Même pas besoin de faire une phrase, c’est le tout-en-un de la communication. « Walla », « Wesh » « Yo ! »  « tout à fait » « énorme » « grave » etc. Mais je m’égare.

     

    Résilience, donc : Selon le wikitionnaire, c’est :

    • (Mécanique) Propriété physique d’un matériau de retrouver sa forme après avoir été comprimé ou déformé, élasticité. La mousse à mémoire de forme possède une bonne résilience.

    C’est donc au domaine de la physique qu’a été emprunté le mot et ce n’est pas neutre. Ce mot transporte avec lui le fantasme du bricoleur, celui qui peut réparer les gens comme on répare des bidules.

    • (Psychologie) Résistance psychique face aux aléas de la vie.

    Résistance ? Tien…il me semble qu’il y ait une sorte de glissement, là. Résister, n’est pas retrouver sa forme. Résister c’est faire obstacle à une action ou à une force, ne pas céder sous l'effet d'une force. Matière qui résiste à la compression, à l'écrasement, à la pression. Quand on résiste, on ne se déforme pas, on n’a donc pas besoin de « résilier » (puisqu’on a pas pris d’abonnement). Le chêne résiste, le roseau plie et le lézard fait repousser sa queue. Tu vois l’idée ? Ce point de vue n’est pas sans impact. Si on dit résilience alors qu’on pense résistance, comment se sent la personne déformée par un choc ?

    • (Système) Capacité à absorber une perturbation, à se réorganiser, et à continuer de fonctionner de la même manière qu’avant.

    De la même manière qu’avant ? Vraiment ? Si je comprends bien, on se prend « un bus » dans la gueule, on entre en résilience par la force de sa volonté et puis, pfuit ! Le trauma disparaît, on fait comme si de rien n’était. MRD !

     

    Dans le CNRTL c’est : Force morale; qualité de quelqu'un qui ne se décourage pas, ne se laisse pas abattre.

    Bien tien ! Si t’arrives pas à résilier, tu n’as pas de force morale, tu te décourages, tu te laisses abattre, t’es faible, aller hop circulez, il n’y a rien à voir.

    Je propose une variante à la définition de ce mot que j’ai fini par détester tellement il est connoté (vous les félés du bocal, résiliez-vous et cessez de nous faire chier).

    Résilience : Capacité à absorber un choc, à se réorganiser, et à continuer de fonctionner du mieux qu’on peut.

     

    "- Excusez moi de vous interrompre! Tout ça s’est bien joli, mais ça marche comment ? C’est facile ? Ca s’achète ? Y a une appli ?

    - Mais non, ma p'tit dame ! Beaucoup plus simple, vous avez ça en vous. C’est un peu magique et ça marche très bien. Pour preuve, tous les enfants de salauds sont devenus des Abbé Pierre ou des Madeleine Brès. C'est bien connu !

    - ha bon..."

     

    Et sinon, pour les autres, tous ceux qui ne sont pas devenus des héros, c’est pas gagné, il paraitrait même que ça demande du travail, mais personne ne sait vraiment lequel.

    Des scientifiques et des vendeurs de tapis se sont concertés et après une étude faite dans un grand laboratoire en Californie auprès de trois personnes, ont conclu qu’il fallait de la gratitude. Quand on remercie les gens pour ce qu’ils nous ont fait, on se sent heureux. Du coup, logique :  Les adeptes du petit vieux sur son nuage l'ont toujours dit, faut pardonner, la joue droite, la joue gauche, etc. Grâce à eux, les scientifiques ont réinventé le concept du « dit merci au monsieur ».

     

    "- Tu vois là, le gars qui a prit sa voiture  bourré et qui t’a flingué les deux jambes ? Vas lui dire merci, ca va te faire du bien. Et toi qui a un cancer à cause d’une poignée de salopards ne pensant qu’à se faire du fric a répandu du poison dans ta bouffe à longueur de caddie. Tu peux leur écrire une lettre de remerciement. Non, ils sont pas là. Ils finalisent leur projet de délocalisation de l’esclavage. Nan, c’est super bien ! Les gens sont maltraités dans leur pays, c’est moins cher et c’est moins salissant."

    Ensuite, de nouveaux promoteurs de bien-être ont affiné le truc. Il n’est plus vraiment question de remercier l’auteur du trauma que le principe lui même. Ouais, ça passait moyen.

    "- Tu vois, Gaston, si le monsieur ne t'avait pas renversé, tu n’aurais jamais su, qu’en fait, la vie est précieuse et que deux jambes, c’est super pratique pour marcher. Et toi, Marie-Agnès, si ton Papa ne t'avait pas violé, à l'insu du plein gré de ta mère, tu n'aurais jamais su a quel point un papa et une maman c'est important. Tu n'aurais jamais pu savoir que tu avais une telle énergie pour survivre ! C'est beau ! Allez les enfants, dites merci à la vie."

    On glisse encore un peu sur les évidences, on dérape sur la logique et on arrive tout bonnement à se remercier soi-même de ne pas être mort, d'avoir survécu au pire, de ne pas s’appeler « Christiane F. droguée, prostituée » (quoiqu’elle a résilié puisqu’elle a écrit un super livre qui a fait culpabilisé des millions d’ados mal dans leur peau qui n’en étaient jamais arrivé là).

    "- Hey ! Tu peux te dire merci ! T’as développé des super anti-corps, consécutivement à d’acqua-toffana dans l’eau potable. Bravo ! C’est génial de se remercier d’avoir survécu ! Ouais ! super !

    Euh, excusez moi de vous interrompre..

    - Encore ? C’est pour quoi ?

    - Je voudrais juste dire un truc...

    - Ok mais fait vite, c’est mon texte, c’est moi qui parle.

    - J’ai envie de dire que si ces connards ne m’avaient pas mis des pesticides dans ma bouffe, je serais encore en train de gambader dans les blés, plutôt que de les manger par la racine. Voilà... Je dis ça…

    - Faut toujours qu’il y en ait pour ergoter sur des détails. Pardon, mais Ta Gueule !"

     

    Quelque part, je veux bien admettre que l’idée n'est pas totalement, absolument stupide. Juste, faut pas se gourer dans le positionnement, faut la jouer fine : Étant donné que les enfoirés existent, que ta blessure aussi, et que ton objectif est de te sentir mieux au lieu de te sentir comme une merde avec ton handicap, tu vas essayer de prendre conscience de ce que les événements négatifs ont suscité de positif chez toi. Ainsi, malgré le fait que tu ressembles à rien et que personne ne veut de toi, tu peux te dire oui, mais je suis en vie ! Je suis une personne forte, j'ai résisté, j'ai prouvé que j'existais... 

    Et ma foi, c’est pas si simple. Parce que quand les événements négatifs sont des gens, t’as pas bien envie de les entendre te susurrer à l’oreille (ni eux ni personne du reste, et les conneries sont si vite dites) à quel point tu leur est redevable de ce que tu es devenu.

    "- Dis merci à papa, c’était pour ton bien ma chérie. Et essuie la goutte au coin de ta bouche."

    Mais grâce à la résilience, si tu ne le tues pas après ça, tu pourras te remercier d'être un maitre zen, et si tu le tues, tu te remercieras d'être une guerrière. Tu vois, à tous les coups tu gagnes.

    Résiliez vous, résiliez vous qu’ils disaient !

    Ca sent le Yakafocon à plein nez. C’est un peu le problème avec les livres et magasines de bien-être, les démarches thérapeutiques deviennent des injonctions au bonheur. C'est pratique pour se dédouaner. Avec tous ces conseils à portée de main, si vous n’allez pas mieux, c’est que vous le voulez bien. Nous, on aura fait tout ce qu'on pouvait.

    Alors quoi ? me demanderez vous. Alors rien du tout ! je vous répondrai. On fou la paix au gens, on ne les juge pas, on ne leur demande rien, on les prend et on les aime comme ils sont. S'ils arrivent à résilier leur abonnement à la dépression c'est génial. S'il n'y arrivent pas, on les aime quand même. Parce qu'une personne malheureuse, c'est d'abord une personne, et son malheur n'est qu'une partie d'elle même. Mais j'y reviendrai. Ou pas.

    Des bisous, et on peut causer en dessous si vous voulez.

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  • Cet après midi, j'entends, dans la rue, un enfant hurler. Ça arrive assez souvent dans le quartier, mais là, les cris étaient particulièrement inquiétants. Je vais donc à mon balcon pour voir, au cas où. Sur le trottoir d'en face, un homme bat un jeune garçon. Effarée par la violence des coups, je reste un moment figée. Puis je me réveille. De mon huitième étage je hurle, vocifère, tente d'interpeller les passants indifférents. J'appelle le 17 : On envoie une voiture. L'enfant pleure, il se cache sous une camionnette stationnée. Une vieille femme s'arrête, parle à l'homme qui semble l'écouter. L'enfant sort de sous le véhicule. L'homme contourne la vieille, attrape l'enfant, le cogne encore. La police n'arrive pas. L'homme coince l'enfant entre ses jambes, coups de poings dans la figure. Je hurle encore. "Stop ! Stop ! Arrêtez le !" Un couple, des hommes, des femmes passent, se retournent sur la scène, pas un ne s'arrête, pas un ne sort son téléphone. Je rappelle le 17. La voiture est partie.

    L'enfant est debout. Ils marchent côte à côte, l'enfant se retourne contre l'adulte, frappe, en criant, l'homme réplique avec un coup porté à la tête. L'enfant s'écroule. La voiture n'est toujours pas là. Je hurle. Coups de pied dans le dos, dans les jambes de l'enfant qui fuit en rampant. L'homme attrape une jambe et le traine sur le trottoir rugueux. Je n'en peux plus, il faut que ça cesse. Je descend.

    Quand j'arrive sur le trottoir d'en face, l'enfant  (12 ou 13 ans) est assis sur le capot d'une voiture, en larmes, une pommette en sang. L'homme (20, 25 ans) semble calme quand il lui assène un nouveau coup qui le fait tomber de la voiture. J'interviens. L'homme fonce vers moi, me parle à trois centimètres ses yeux durs, plantés dans les miens.

    - Ne cherchez pas à m'intimider, vous ne me faites pas peur. Reculez, monsieur ! Il recule.

    C'est l'enfant, maintenant qui m'insulte. J'ai rien à dire, c'est son frère. Que la raison invoquée ne me semble pas pertinente le dépasse. Non, le fait d'être de la même famille ne justifie pas une telle violence. La femme qui avait suivi se mêle de la discussion.

    - C'est le petit qui cherche, il est pas allé à l'école. Ils s'attendent visiblement tous les trois, a ce que je me ravise, mais têtue bourrique, j'insiste. Non, on ne frappe pas pour ça. Rien d'ailleurs ne peut justifier un tel comportement.

    - C'est à cause de gens comme vous que la société avance pas ! Me dit l'homme. Alors là j'en reste bouche bée. Je ne sais même plus ce que j'ai répondu. A un moment, je lui ai dit qu'il se comportait comme une bête sauvage. Il m'a demandé comment mes ancêtres s'étaient comportés en Afrique, ce à quoi j'ai répondu, "comme vous aujourd'hui, et bien pire, mais je ne vois pas en quoi ça vous autorise à maltraiter votre petit frère." Il a répondu qu'ils étaient en train de prendre le relais, qu'ils nous coloniseraient. Il m'a dit aussi qu' il savait où j'habitais. J'ai demandé si c'était une menace, il m'a assuré que c'était une promesse. J'ai parlé de la police. Nous n'étions dupe ni lui ni moi de la portée de cette menace. Il m'a d'ailleurs donné son adresse, que je lui ai fait répéter ainsi que son nom. Moi qui ne les retiens jamais, là, ça s'est imprimé sans difficulté. Pendant ce face à face l'enfant s'était éloigné. J'allais pas passer la journée dans la rue, je lui ai tourné le dos et suis rentrée chez moi.

    Pendant le quart d'heure qu'a duré notre altercation, pas une fois je n'ai reculé. Je n'ai pas fait preuve d'une répartie extraordinaire, J'ai beaucoup dit "mais enfin, c'est pas une raison !"  J'ai employé des phrases, un vocabulaire totalement inadapté à la situation et à mon interlocuteur. J'ai parlé de la lie de l'humanité, de l'inanité de son raisonnement, et de son effarante violence morbide. Pourquoi des phrases pareilles ? Mais j'ai tenu tête, je n'ai pas reculé. J'étais vraiment seule dans cette rue, et je n'ai pas reculé.

    Ce qui m'a le plus déstabilisé, c'est son calme sa certitude d'être dans son bon droit. C'était moi qui tournais pas rond, pas lui.

    La police est venue, plus tard, à la maison. J'ai fait une déposition, transmis le signalement, le nom et l'adresse de l'homme.

    Je suis allée travailler, et puis une gentille personne m'a demandé si ça allait. J'ai raconté la mésaventure, j'ai pleuré et puis j'ai fait mon atelier théâtre. Ensuite je suis allée déposer une main courante. La famille est connue des services de police. L'enfant est fiché. J'ai compris sans qu'ils ne me le disent clairement, qu'il faisait le gué pour les dealer du coin. Et j'ai fini par me demander, si en fait, l'homme ne le corrigeait pas à cause de ça. Il bossait avec les dealer au lieu d'aller à l'école. N’empêche ! Est-ce que ça justifie une telle violence ? On m'a demandé d'identifier l'individu sur une photo. Difficile.  La police me dit que ce sont les mineurs les plus violents. Quand il sont blessés lors d'une rixe, ce sont des mineurs qui sont en cause. Pour le coup, j'aurais presque envie de retrouver l'homme pour en avoir le cœur net. Je suis rentrée chez moi. Je suis fatiguée, triste, un peu désespérée.

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