• insomnie_1

    Vieille petite fille, je suis roulée en boule sur le canapé, les yeux grands ouverts sur mon néant.
    Je voudrais dormir au milieu du silence mais le rien me retient.
    Point fermés, dents serrées, je m'applique à fuir. Je caresse mes possibles, je sais que c'est la seule façon de les approcher.
    Je tourne en rond dans ma cage, je ne veux pas sortir. Je rêve j'aime le rêve, trop sans doute. Bien sur je souffre, bien sur je regrette, alors je me punie un peu, je m'insulte et me mortifie, bien sur.

     

    Je me vois comme je suis, immobile dans l'immensité. Rien ne me retient que ma peur, je le sais, je sais que ce n'est que cela, rien que cela. Et alors ? Rien. Je tourne les mots dans tous les sens je torture les maux. Rien. Je conceptualise, j' invente, je cherche des solutions, rien. Ca m'a occupé,  ça m'a fait passé le temps, rien de plus. Oh oui, oui,  je me suis enflammée, extasiée sur de nouvelles convictions, mais il rien ne se passe. Et alors , maintenant ? Rien...

     

    Je n'ai plus le courage de m'invectiver. Je n'ai même plus assez de force pour mettre de la tendresse dans mon regard.  Il faudrait que je dorme mais ce soir il n'y a rien à faire je ne peux pas , veux pas. Je me sais ridicule à me débattre toute seule. Contre quoi est ce que je me bat ?

     

    Moins de silence. J'entends toutes les horloges de la maison. Quelques voitures en bas. Je ne suis plus si seule mais la nuit est longue encore. Demain, tout à l'heure, je serai épuisée de lutte vaine. Ecoeurée. Il faut que je dorme. Demain, les enfants. Demain, le travail. Demain, la vie. Il faut que je dorme. Maintenant. Il est trop tard pour prendre quelque chose de fort, le léger n'a rien fait. Une cigarette, trois minutes de gagné. Le mégot gît dans le cendrier. Rien. De rien en rien les minutes passent. J'hypothèque ma journée. Je me réveillerai douloureuse et transpirante. Le sommeil me prendra, finalement, mais mal. J'aurai dormi sans me reposer et la nuit prochaine mon insomnie sera là, fidèle au rendez-vous. Fidèle entre toutes les fidèles. Elle sera là, encore là.

    Je vais me recoucher.

    .


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  • rodin

    Quelle chance !


    Allongée bras repliés

    Les yeux entres ouverts

    Le regard par la fenêtre

    Je souris au soleil

    Quelle chance!

    Assise devant la télé

    Mes amours tout contre moi

    Les yeux fermés

    Je goûte mon émoi.

    Quelle chance!

    Dans ma petite auto

    Je contrôle ma vitesse

    Entre prudence et stress

    Je vais au boulot

    Quelle chance!

    Ces petites choses du quotidien

    Je les aies

    Ces petits mots de rien du tout

    Je les entends

    Le train train apaise ma colère

    Calme mon tourment

    L'ordinaire tempère mon volcan

    Désarme ma démence

    Savoir se dire je t'aime

    Se dire que tout va bien

    Que le danger est derrière

    Et le bonheur a porté de main

    Entrevoir que l'on peut beaucoup

    Même si on ne sait rien

    Et le plus difficile toujours

    Est de le vouloir bien.


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