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    D/S c’est la mode.

    Soumises vs gros connards,

    Il y a maintenant deux ans, je faisais la découverte de la soumission. Un bogoss sur le net qui m’a retourné la tête en deux deux, m’a initié à cette pratique qui, je l’avoue, m’a beaucoup déboussolée et excitée au début et est vite devenue impossible. Cette petite historiette qui a énormément évoluée, s’est transformée mille fois, m’a fait réfléchir, sur moi, nous, la vie quoi. Je me suis penchée sur la question, manquant de tomber régulièrement. Depuis quelques temps, (que je fixerai plus ou moins à la parution du livre et, Oh my God, carrément une déferlante depuis la sortie du film du même nom, je cite, vous l’avez deviné, Fifty Shades of Grey), je vois pulluler sur le net, des gros connards qui se prennent pour des Dominants, et des soumises qui chouinent à longueur de facebook.

    Première chose, j’ai envie de dire What the fuck ? Haaa ! C’est dit, ça va mieux.

    Dans mon parcours perso, quand Bogoss a commencé à en parler, j’étais à la fois excitée, séduite et méchamment méfiante. J’ai donc alpagué ma planche et suis allée surfer sur le net. J’ai pécho tout ce que j’ai pu, du bon grain comme de l’ivraie, surtout de l’ivraie.

    J’ai lu des choses comme « On trouve plus de soumises que de soumis, parce que la femme est faite pour la soumission. » (Parce que bien entendu « La femme », toutes les mêmes, toutes des putes, sauf ma mère et mes sœurs qui sont des saintes) ou bien, « Une femme ne se révèle totalement que dans la soumission. » (Ben tiens ! Où il y a de la gêne y a pas de plaisir !)

    Si on justifie que Mr Grey est un dominant parce qu’il a eu des problèmes quand il était petit, on ne justifie par contre pas le goût de la nénette pour la soumission. Ben oui, pardon, c’est dans sa nature. Rho zut alors ! Je dis de ces trucs moi !

    Et puis j’ai lu des choses fort séduisantes à mon cœur de midinette. « Le dominateur n’est pas un maître mais un guide. Il guide sa soumise pour lui permettre d’accéder à cette dimension où elle trouvera enfin l’équilibre qu’elle recherche. », Et une phrase qu’il m’a dite et m’a particulièrement faite mouiller,  « Je te guiderai sur le chemin que tu me désigneras ». Ahuuuu ! Je suis montée au plafond.

    J’ai acheté des livres spécialisés dans une librairie spécialisée, me disant que le net, vraiment, il y avait trop de tout. J’ai lu donc que « se soumettre » était un art. Que dominer c’était être doux, équilibré, patient, fort, sensible, imaginatif, exigent et généreux ! Oh my god ! C’est ce que je voulais ! Un homme comme ça avec moi, qui en plus me promettait de m’accrocher au plafond au propre comme au figuré, il ne m’en fallait pas plus pour mouiller ma petite culotte. Vous me direz, c’est déjà pas mal. Sauf. Sauf que visiblement, ce que l’on ne m’avait pas dit, c’est qu’il y a la littérature pour les femmes que l’on veut soumettre et la littérature pour les hommes qui se prennent pour des dominants. Parce qu’au bout du compte, c’est quand même un jeu de dupe.

    En ce qui me concerne, même si je me suis éclatée au lit (et pas seulement), je me suis quand même rendue compte qu’obéir aux désidératas d’un mec, juste parce qu’il l’a dit, ce n’était pas mon truc. Moi, ce que je voulais, c’est un mec qui me tienne la main pour aller là où je voulais aller, et juste là. Un mec qui s’occuperait de moi, me ferait vivre des trucs trop intenses, en qui je pourrais avoir une confiance aveugle… Et c’est bien là que le bas blesse, parce que le bogoss, lui, voulait me mener là où il en avait envie, et juste là.

     

    Depuis 50 nuances de conneries, on voit éclore toute une population de mâle dominant, des chefs de meutes des Alphas. (Excusez-moi, mais ça me fait trop rire d’employer ces termes. Plus ces types se comparent à des animaux, plus ils se sentent fort et viril.) Ces Alphas, donc, émergent sur les profils de femmes comme des pop-up intempestifs, avec plus ou moins de finesse. Ca va de la photo de bite en érection à un compliment plus ou moins bien tourné. Pour moi c’était un compliment maladroit, adroitement rattrapé. (Quand j’y repense, tout de même, je suis tombée dans le panneau de l’accroche n° 152, le mec qui engage la conversation comme un lourdaud, qui s’excuse de sa maladresse et hop, la conversation est engagée. Faut que je m’achète le manuel du parfait dragueur et que je l’apprenne par cœur, j’ai encore des failles.)

    En face, on a des kyrielles de femmes en mal d’amour qui espèrent tellement fort tomber enfin sur le prince charmant, version du cul, qui les traiteraient comme des princesses, qu’elles ne lisent pas les petits caractères, des promesses faites les doigts croisés.

     

    Résultat des courses, le BDSM se retourne dans sa tombe. Tout le monde mélange tout, on se fait beaucoup de mal, on est beaucoup déçus. Mais, ça s’arrêterait là, ma foi, ce ne serait que des aventures malheureuses comme il en arrive tant. Chaque année les nouveautés sportives déplorent leur lot d’accident, chaque année ça tourne et ça se renouvèle.

    Ce qui m’emmerde le plus, franchement, ce n’est pas la connerie universelle, ni d’en faire parti, je fais des efforts mais je ne suis pas infaillible. Non, ce qui me fait vraiment mal, c’est que sous prétexte de nouvelles pratiques sexuelles, histoire de s’émoustiller le quotidien, on est en train de reproduire un rapport homme femme de maltraitance. Et je ne parle pas de la fessée. Ce dont je parle, c’est le type qui n’a aucun respect pour sa soumise et qui va lui faire subir tout ce qui le fait bander, lui, sans se poser la moindre question de son consentement à elle. Ben non, pourquoi faire ? Elle est soumise, elle ferme sa gueule ! C’est quand même une aubaine, ce truc de D/s, ça permet à tous ces connards de se comporter comme des porcs sans avoir à se justifier ni offrir des fleurs. Ils peuvent oublier de les appeler pendant deux mois et revenir la bouche en cœur quand ça leur chante, ils peuvent leur foutre des baffes, les insulter, les humilier, elles sont soumises, elles n’ont qu’à fermer leur gueule. Ils peuvent les garder sous influence, les fâcher avec leur entourage, elles sont soumises, elles ferment leur gueule ! Ils peuvent les obliger faire des choses qu’elles ne VEULENT PAS FAIRE, à coup de chantage, de menace, elles n’ont qu’à fermer leur gueules, elles sont soumises !

     

    Les femmes, de leur côté, n’en finissent plus de revivre éternellement la même désillusion du prince charmant qui se transforme non plus en vilain mari, mais en vilain maître. Et de se recroqueviller encore un peu plus sur elle-même, partout où elles se tournent, elles souffrent, leur désir n’existe pas, elles ne sont que des objets. Elles voulaient un prince charmant qui les enlèverait sur leur blanc destrier, qui les soustrairait à un quotidien livide, elles se retrouvent dans une relation malsaine avec un fils de salaud.

    Et là, comme il n’y pas si longtemps, au demeurant, et comme on le reproche à d’autres cultures ou religions, plus personne n’est Charlie, ça devient convenable, acceptable d’humilier, violenter, violer. C’est une soumise, elle ferme sa gueule !

     

    Le seul truc que ces demeurés en bande désorganisée, n’ont pas compris, c’est que ça n’a rien, mais absolument rien à voir. Parce que je ne pense pas qu’ils aient compris et qu’ils aient consciemment pris la décision de s’en foutre. Non, je crois que c’est bien pire. Ces mâles dominants, ces alphas ne sont pas des lions, pas des loups, ce ne sont que des porcs idiots. Persuadés de leur bons droits parce qu’ils ont une quequette et qu’elle prend toute la place dans leur tête. Des mecs si petits, qu’ils ne sont pas fichus de s’épanouir sans rabaisser les autres. La lie de l’humanité, les pauvres types, ceux à cause de qui on en est là. La seule chose qui me console, c’est que ces mecs se mettent aussi en couple avec de sombres connasses, et que du coup, s’ils se foutent sur la gueule, ça me fait des vacances.

    Mais je tiens tout de même à réaffirmer une chose :

    La différence entre le BDSM et les agressions sexuelles, ne tient pas des pratiques, ni de la force des coups, ni même de l’environnement ou du contexte, NON !

    Ce qui fait la différence, c’est le CONSENTEMENT !!!

    Consentement : Action de consentir ; résultat de cette action.

    Consentir : Se prononcer en faveur de l'accomplissement d'un projet, d'un acte, etc. Concourir à l'accomplissement d'un acte. Autoriser, permettre. Vouloir bien, accepter, que quelque chose se fasse, ait lieu, existe.

    Ce consentement n’est pas valable en cas de mensonge, hein ! Je dis ça je dis rien, là je fatigue. Donc inutile de dire qu’elle était d’accord, quand vous l’appâtez avec des soirées aux senteurs de musc quand vous savez très bien que ça va finir dans la pisse et les larmes. Dire oui à un mensonge, n’est pas consentir. Ne pas dire non, n’est pas consentir, ne pas savoir à quoi on s’engage n’est pas consentir. Quand on est saoule, le consentement n’est pas valable, quand on est mineure non plus… je vous les dis tous où vous avez compris ?

    Mesdames, si vous n'êtes pas masochiste, n'aimez pas vous faire humilier, vous faire battre, si vous ne mouillez pas votre string à l'idée de servir, si vous ne vous fantasmez pas comme une esclave, une pute, un vide-couille, un sac à sperme, un animal de compagnie, ni aucune autre créature qui peuple l'univers du S/M, fuyez quand on vous parle de soumission. Si vous avez envie de prendre quelques fessées, de relever quelques défis érotiques pour pimenter votre quotidien, alors dites que vous pouvez apprécier quelques jeux de soumission. Il y a une nuance de taille. Restez maitresses de vous même, gardez le contrôle de la relation. Vous pourrez le lui donner lors de séances particulières.

    Ah et puis, mesdames, un truc aussi, Hyper important !!! Moi aussi, j’ai beau me le répéter, j’ai du mal à m’y faire, pourtant il va bien falloir :

    Le prince charmant n’existe pas !

    Ni dans le BDSM, ni nulle part ailleurs. Et 50 nuances de Grey, Twilight, et tout ce genre de romances, c’est des histoires, du semblant, du pour de faux. Hé ouais, je sais, ce n’est pas cool ! Il va falloir faire avec des mecs normaux. Arrêter de se prendre pour des princesses, se bouger le cul et prendre sa vie en main.

     

    Oh mais merde ! C’est vrai ! On le fait déjà !

     


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  • Aux Editions du 38, ils sont en train de concocter une nouvelle collection :

    Collection Paulette

    Paulette, c’est une jeune femme sans complexe, qui aime rire, qui aime le sexe, bref une belle coquine qui pratique le sexe joyeux !

     

    Encore une très bonne nouvelle,

     

    Pour démarrer cette collection, les Éditions du 38 ont proposé deux thèmes, Donjon et Miroirs, en deux coffrets. Donjon avec 2 recueils de textes est en ligne, avec Tour Sud et Tour Ouest :

    Encore une très bonne nouvelle,                 Encore une très bonne nouvelle,

     

     Miroirs avec 3 recueils arrivera bientôt : 

    Encore une très bonne nouvelle, Encore une très bonne nouvelle,Encore une très bonne nouvelle,  

    Je suis très heureuse d'avoir été choisie. Vous me retrouverez à "travers les Miroirs".

    Je fais ma pétasse comme ça, mais en fait je suis vachement contente. En plus, cette texte là, il me plait bien.

     


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  • Aux Editions du 38, ils sont en train de concocter une nouvelle collection :

    Collection Paulette

    Paulette, c’est une jeune femme sans complexe, qui aime rire, qui aime le sexe, bref une belle coquine qui pratique le sexe joyeux !

     

    Encore une très bonne nouvelle,

     

    Pour démarrer cette collection, les Éditions du 38 ont proposé deux thèmes, Donjon et Miroirs, en deux coffrets. Donjon avec 2 recueils de textes est en ligne, avec Tour Sud et Tour Ouest :

    Encore une très bonne nouvelle,                 Encore une très bonne nouvelle,

     

     Miroirs avec 3 recueils arrivera bientôt : 

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    Je suis très heureuse d'avoir été choisie. Vous me retrouverez à "travers les Miroirs".

    Je fais ma pétasse comme ça, mais en faitje suis vachement contente. En plus, cette texte là, il me plait bien.

     


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  • Le Chemin des vignes à Vélo

    Je suis très fière et très heureuse d'avoir un nouveau texte publié à La Musardine dans la collection, Osez 20 histoires. Cette fois-ci, c'est Histoires de sexe à plusieurs.

    Je vous joint un petit extrait,

    Le Chemin des vignes à Vélo

    Je me suis bien amusée avec Le Mari de Françoise, de Anne de Bonbecque, ainsi que d'accompagner Dolores Gerko dans ses séances d’ÉchangiSMe. Je suis très flattée d'avoir une de mes nouvelles parmi ces plumes. La Consultation de ChocolatCanelle m'a bien excitée, j'adore l’écriture, sans chichi, sure, musicale d'Aline Tosca, avec Vélo elliptique.  J'ai été séduite par l'écriture raffinée de Julie Derussy, Noann Lyne a réussi a me faire rire avec son Oh Putain ! Je me suis laissée piégée par MMk et La Totale... Je n'ai pas encore tout lu.

    Pour l'acheter, vous pouvez le faire là   ou  là.

    Bonne lecture !


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  • Schemas corporels, âge, femme et séductionCe titre ressemble  une suite de mots clé, à un nuage de tag, ouais ... c'est à peu près ça.

    Ce soir, pour des raisons qui ne regardent que moi ( mon chat est mort dans d'atroces souffrances et dans mes bras, je l'ai enterré dans la nature en compagnie d'une de mes filles et de ma sœur) j'ai mangé, une pizza et du chocolat, arrosé de Coca (zéro). Maintenant que j'ai noyé mon chagrin dans du gras et du sucre, je me sens fat, obèse, lourde, moche, l'ingrate à lunettes au premier rang.

    Cette image, de fil en aiguille et au gré d'associations d'idées que je ne maitrise pas, m'a rappelé que je n'ai jamais été cette enfant ou ado ingrate. Quel que soit mon poids, (j'étais plutôt maigre pendant l'enfance et ronde à l'adolescence), j'ai toujours eu du succès. Bien que je n'étais pas à l'aise dans mon corps, j'ai toujours eu conscience de ce succès. Mais, avec le temps, au lieu de faire la paix, au lieu d'accepter, je retourne en arrière, je reviens à mes premières amoures, c'est à dire au corps de garçon. (pas en vrai, hein, mais dans mes gouts, mon allure) Oui, parce que quand j'étais petite, je voulais être un garçon. Pas que j'étais fascinée par leur quéquette, non je lorgnais leurs droits, leurs fringues, leurs skates et leurs corps agiles et puissants. Je trouvais ça bien plus cool et pratique.

    Mais à la puberté, un corps de fille a poussé et quand j'ai vu l'effet qu'il faisait, et après quelques moultes injonctions de partout tout le temps,  de sportive exploratrice agent secret, je suis devenue aventurière de mon corps et de mes émotions. Suite à certains événements que je ne re-raconterai pas maintenant, liés a ce changement, j'ai passé ma vie à essayer de le comprendre, l'apprivoiser, de l'extérieur comme de l'intérieur. Et tout ce temps plus tard, je n'y suis toujours pas arrivée. Je regarde mon corps, mon visage, je ne me reconnais toujours pas, je l'aime de moins en moins, et j'en reviens pas d'en être là, encore là, seulement là. Je n'arrive même pas à voir à quoi je ressemble. J'ai l'impression que rien ne va avec rien. Une tête de garçon sur un corps de fille.

    J'ai beau savoir qu'on s'en fou, que tout est possible, qu'il en faut pour tous les gouts, c'est comme si je n'arrivais toujours pas à choisir entre les deux. J'aurais pu avoir un corps athlétique mince, plat et musclé ; j'aurais pu avoir une tête glamour avec de longues boucles sensuelles, mais non. Bon, vous me direz, pour les cheveux, c'est pas difficile, au lieu de les porter courts, je me les laisse pousser. Pour le visage, je me maquille, je fais un "effort" comme on dit ! Mais non ! Je n'aime pas, j'ai l'air d'une dame, quand je fais ça ! (ben oui, j'ai essayé !) J'aime pas les dames ! Je suis pas une dame !

    Ok, ok! Mais comment je fais alors pour me sentir sexy ? Parce que j'aime me sentir sexy, désirable etc, je ne vous fait pas un dessin. Là, j'ai l'impression d'avoir le sex appeal d'Amy Farrah Fowler de The Big bag theory.)

    Tu arrêtes de te poser des questions à la con, il n'existe pas une seule façon d'être sexy. Sois toi même, ta sexitude s’exprimera d'elle même.

    Ouais ok! Et si je croyais que j'étais sexy, et que , en vrai, je ressemblais à une vache en tablier ? Ne serai je pas aussi malheureuse de ne plaire qu'a moi même, seule avec mes index ?

    Bon, la dedans, il n'y a rien qui me satisfasse. Je n'aurais jamais la hanche étroite et le téton timide et la féminité capillaire m'emmerde. Quand je me regarde dans la glace, je ne trouve pas d'indice de ce truc particulier qu'on appelle parfois le charme chez des gens qui ne sont pas ou plus "beaux". (oui, plus beau comme par exemple euh... vieux) Alors merde ! Comment je fais ?

    Et ne me dites pas c'est dans la tête, parce que je le sais, c'est ce que je suis en train de vous dire merde ! Vous êtes attentifs ou bien ?

    La question est, comment je fais pour recoller ma tête et mon corps en un ensemble dont je trouve la cohérence satisfaisante ?

    J'ai l'air de ne parler que de ma gueule et de mes petits complexes a deux balles, mais je suis certaine que ça mérite d'ouvrir le débat sur les schémas corporels et la définition de la féminité et de la sexitude. Parce que quoi, qui a dit qu'il fallait être blonde au gros sein, taille de guêpe avec le corps de kate Moss pour être belle ?


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