• C'est quoi un homme ?

    C'est quoi un homme ?Je suis envahie de fatigue, de lassitude, de désespoir et de peur. Voilà, c'est comme ça. Je marche dans la rue et soudain mon corps se rétracte, ou s'enlise, ou ma poitrine s'écrase et je ne peux plus respirer, ou mon coeur accélère à en sortir de sa cage. Je connais ces sensations, je les connais par coeur. Voilà maintenant plus de 30 ans que je vis avec. Voilà 30 ans que j'apprends à les contrôler. Des années de labeur à contenir le raz de marée et voilà que ça recommence ! Depuis hier, tout est plus fort, comme réactivé. Oui, c'est ça, réactivé. Tout ça parce qu'un sale type m'a demandé mon aide, s'est montré aimable pour que je lui fasse confiance, que je m'approche dans l'unique but de se masturber et de s'exhiber. Qu'est ce que je ressents ? Qu'est ce que j'ai ressenti à ce moment là ? Tellement de dégout ! Pas pour sa pauvre quéquette, j'en ai vu d'autres. (des quequettes oui. Ce n'est pas si important, dégonflez donc votre égo et votre zgeg) mais pour l'insulte, la déception. Le mec était là à me parler, me demander mon aide, que je lui ai donnée. J'ai pris de mon temps, pour lui. Je crois à ces choses là, la cordialité, l'entre-aide, la générosité, la parole, le geste aimable qui va adoucir la vie, comme ça, gratis, pour le plaisir d'un monde plus doux, plus souriant. Il s'est servi de mes croyances pour me tromper, et de la manière la plus abjecte qu'il soit. Il m'a imposé sa bestialité, je suis devenue un objet, un support. Il s'est branler sur moi comme sur un porno. Est ce que j'existais à ce moment là ? Pas le moins d'une monde, je n'étais plus un être humain. J'ai été déshumanisé par une bête. 

    Quelle déception ! Quelle tristesse ! Je me suis sentie trahie, trompée ! Il me fait la causette et il se branle ! Comment trouver les mots pour décrire l'indicible, le stupéfiant, l'inacceptable, l'improbable ? Comment décrire la décharge électrique, les 200 000 volt pris en pleine gueule, qui m'ont laissés sur le carreau avec mon impuissance, mon écoeurement, ma frustration et ma rage. Et pourtant, je sais, j'ai déjà vécu ça. Et d'une certaine façon, ce que j'ai ressenti, c'est à peu près la même chose que quand on fait confiance à quelqu'un qui nous à déjà trahit, mais à qui on a décidé de donner une seconde chance. Cela vous est déjà arrivé ? Vous êtes écœuré, mais pas étonné. C'est à peine si vous osez vous indigner, après tout, vous étiez au courant que c'était un connard ! Et pourtant parce que cela répond à vos valeur, et parce que ces valeurs sont au dessus du reste, vous donnez une seconde chance. Vous tendez votre main et on vous colle une bifle. Mais pourquoi, face à cet inconnu, j'ai ressenti cette lassitude et cette peine ? Parce que j'ai déjà vécu ça, que je savais que les hommes se comportent comme des prédateurs, pervers narcissiques, obsédés par le pouvoir, accrocs à l'adrénaline de l'humiliation, et que j'ai quand même décidé de donner une autre chance. Parce que j'ai lutté contre moi-même, parce que j'ai refusé de croire que la masculinité était synonyme de destruction, de vice, de lâcheté, de despotisme, de perfidie, de violence... Mais je me suis faite avoir, encore et encore et une fois de plus.

    Et il me vient des images où je le chope et je le massacre. Je me transforme en machine de destruction. Pas de fioritures,  pas de délicieuses et interminables vengeances, non. De la force brute, du sang de la chique et du mollard. Mais je suis une femme, je ne sais pas me battre, je suis certainement moins forte et moins entrainée que lui et puis c'est moche. Mais comment me défendre ? Il n'est plus là, insaisissable petite merde dont tout le monde se fou. Qui va me défendre ? Ce n'est pas le petit commissariat de banlieue, fermé le weekend, où je crains de m'entendre dire, qu'ils ne peuvent rien pour moi. Et qui peut m'assurer qu'ils ne font pas partie de la bande des gros dégueux, qu'ils ne vont pas en rire et se taper du coude en me recommandant sur un ton paternaliste de ne pas sortir de chez moi, tard le soir. Et que, dans le fond, je l'ai un peu cherché... Quand on est une chèvre, on ne parle pas au loup. Et puis, les chèvres, il faut les enfermer ! On ne va quand même pas reprocher au loup d'avoir bouffé Blanquette, c'est dans sa nature ! Par contre, elle c'est une belle salope d'avoir voulu explorer le monde. Alors je ne peux pas me défendre, n'ai personne pour me défendre, ne sais pas si j'ai le droit a une défense, ni même de me plaindre.

    Alors quoi ?  

    Alors je marche dans la rue et soudain je suis envahie par la peur et l'angoisse, alors je ris avec mes filles et soudain mon coeur se serre à se briser, alors je ne sais plus si je veux le tuer ou bien mourir. Et lui se promène dans mon quartier. Alors qu'il est malade, je dois me soigner. 

    J'ai besoin que l'on me donne du courage, j'ai besoin d'espoir, j'ai besoin de croire à nouveau que non, un homme n'est pas une bête féroce. Mais j'ai surtout besoin de preuves irréfutables. parce que ça commence a bien faire les beaux discours et les promesses, le charme fou qui cache l'égocentré, le comique qui cache le salaud, le protecteur qui cache le pervers, le doux qui cache le lâche.

    Hey, ho ! C'est quoi un homme ? 


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  • Commentaires

    1
    Namfarang
    Lundi 22 Avril 2013 à 15:04
    Namfarang
    A quelques détails près, j'aurais pu l'écrire ce billet. Sauf que toi tu as les mots des maux .. Et pas moi!
    Je t'embrasse
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