• Ca fait quelques jours, semaines, années

     Ca fait quelques jours, semaines, annéesque ça murit, que ça monte en force. Mes pensées tournent en boucle dans ma tête, je fais des expériences culinaires, je fais plus de ménage, je me remet à repasser, et je compte même ce que je fais ! Je m'exaspère et je m'inquiète. Vous réalisez ce que je dis ? "Je compte ce que je fais" : le linge dans la machine, le nombre d'aller et retour du fer à repasser sur mon chemisier... Quelle horreur ! Je remplie mes journées de conneries ménagères !  C'est déprimant. Au lieu de quoi ? De travailler, gagner des sous, ramener de la maille, faire bouillir la marmite.

    Dans ma ford intérieure, je dois bien avouer que j'ai du mépris pour le rôle de "Femme Au Foyer" mais je suis incapable de gagner ma vie. Pourquoi du mépris ? Certainement parce que La Femme au Foyer est dépendante et soumise, ou accariatre et arpie. La terre entière la méprise. Oui, ne faites pas les hypocrites ! Il n'y a que votre mère que vous aimez au foyer. Vous êtes son dieu (sa déesse), elle est au petit soin pour vous, d'ailleurs, elle n'a pas le droit de faire autre chose.  Avouez ! Ce qu'elle fait pour elle, elle vous le vole, n'est ce pas ? Vous n'avez jamais pensé un truc dans le genre : " Ma mère elle m'a inscrit(e) à la cantine alors qu'elle ne travaillait pas ! Méchante !" ou "Merde ! Elle pourrait bien faire ça pour moi, elle fout rien de la journée !" Les "Femmes Au Foyer" sont des esclaves domestiques, elles appartiennent à leur mari et à leurs enfants. L'habit de respectabilité, le piédestal de "La Mère" n'est qu'une arnaque pour les garder en place.

    Je suis une mauvaise femme au foyer. Je vis aux "crochets" de mon mari, mais je ne lui suis pas dévouée.  Je détèste le rôle que je prends, et me sens incapable de prendre celui que je convoite.  En plus, j'ai un mari super.  (Le pauvre  !) - Je vous entends !  Il se tue la santé  pour subvenir à nos besoins (et obéir à ses croyances, je ne suis pas ingrate mais pas dupe pour autant).  Je le vois s'user, trainer des pieds, je reste impuissante, pleine de culpabilité et de colère. Il n'est pas un soir, quand tout le monde est couché et que je reste seule, où je ne me dis pas que je n'ai encore pas été à la hauteur. Je voudrais tant... et puis rien. Ce constat me ronge et je reste impuissante.

    Je vais voir des psy pour essayer de regler mon problème et pour tenir le coup, j'imagine l'avenir, comme un présage, avec un petit quelque chose de "quand je serai grande je..." Je cherche le courage et l'espoir dans des rêves d'enfant. Cela doit cesser !  Je suis un peu vieille pour rêver que ma vie va changer, enfin, que Je vais changer. Qu'est ce qui ferait que je ne vivrai plus, la peur au ventre ? Par quelle magie est ce que je vais soudain, faire ce qu'il faut ? La thérapie n'est pas très efficace. je m'améliore, mais a petit feu. Tout petit feu. Ce n'est pas une tentative hypocrite de me reposer sur mes lauriers ou plutôt sur celui des autres. Je vis un véritable enfer. Ne riez pas ! Je sais que certains d'entre vous penseront que je suis lâche, fainéante, que j'exagère, qu'a mon âge il n'y a plus d'excuses, qu'il serait temps que je me bouge le cul, ou n'importe quoi de gentil et de subtile. Vous me jugez et vous me jugez mal, parce que "en fin de compte", ou "décidément", vous ne me comprenez pas, c'est pourtant pas compliqué, etc. Quelques personnes, peut être me croiront, il en est peut être une ou deux qui me comprendront, je l'espère en tout cas. Je l'espère parce que j'ai besoin d'amour. Imaginer être cloué au pilori a toujours fait parti de mes terribles angoisses. Quoique que chacun en pense, je veux vraiment qu'il se passe quelque chose. Parce que voyez vous, il ne fait pas bon dans ma tête. C'est un séjour que je ne conseille à personne. Pas même à mon pire ennemi.

    Je me relis, et je vois une sorte de mea culpa public, bien loin de ce que j'avais l'intention d'écrire. Je vois bien le côté indécent et peut être même ridicule. Je cherche quoi ? l'absolution ? Peut être un peu. Oui, dire à mes potentiels détracteurs que dans le fond je ne suis pas mauvaise.

    A quoi bon, de toute façon ? Toutes ces personnes que j'imagine me juger ne sont que la toile blanche sur laquelle je projette mes propres pensées. Ce que je crains que l'on dise de moi, je me le dis bien souvent. Souvent je me dis que je ne suis qu'une merde. Un imposteur qui angoisse que sa petite arnaque ne fasse plus long feu. Oh oui, j'aimerai être ce personnage de fiction qui réussit ! Je veux être cette femme drôle et spirituelle qui gagne sa vie de sa plume. Elégante et sexy comme Carrie Bradshaw mais, en plus, mère de famille épanouie et épanouissante, épouse rassurante et glamour. Je ne suis rien de tout cela, mais tellement rien !  Le plus pitoyable, c'est que je le veuille. Prendre pour modèle des personnages de série, et m'en vouloir parce que je ne leur ressemble pas, c'est vraiment immature. Je me dis, tu veux être cette file là, mais tu ne t'en donne pas les moyens ! Tu n'y arriveras jamais ! Pauvre petite conne ! C'est constructif, hein ? 

    Je ne sais pas quoi dire de tout ça. J'aimerais être différente, j'essaye de changer, sans succès. Je culpabilise et je suis d'accord avec les reproches que l'on pourrait me faire, mais ça ne change rien. Je vais voir un psy mais ça n'avance pas. Que me reste-il ?


  • Commentaires

    1
    Samedi 6 Octobre 2012 à 10:04
    luce luciole

    Tu avances vers toi même, même si tu ne t'en rends pas toujours compte. Je t'aime. Bisous.

    2
    Gueunesse
    Mardi 9 Octobre 2012 à 08:53

    Ma belle, j'avais raté ce message.  De ce que je te connais, comme je te connais, depuis le temps que je te connais, je sais que tu te donnes à fond pour réussir et que tu te donnes tous les moyens possibles pour avancer.  Seulement le chemin est long et dur, et les progrès semblent parfois infimes.  Il arrive même de les remettre en question et d'avoir l'impression d'avoir fait du sur-place depuis le début.  Je suis d'accord avec toi, tu n'es pas une femme au foyer, mais tu fais ce que tu peux comme tu peux pour pouvoir traiter les autres urgences de ta vie.  Et peut être qu'être femme au foyer un moment te permet de dégager de la place pour ces urgences.  Je sais en tout cas que tu es une mère merveilleuse, une épouse formidable, et une amie irremplaçable.  Et c'est loin d'être une merde ou un imposteur.  Le fait que tu puisses écrire tout ça prouve que tu ne l'es en rien.  Culpabilise, compte tout ce que tu fais, tourne en rond, repasse, fais des expériences culinaires aussi longtemps que tu en ressentira le besoin, ça fait partie du chemin.  Te bouger le cul, tu le fais tous les jours, seulement parfois tu te sens fatiguée et t'as l'impression de ne pas le faire.  Mais tu es là pour tes filles, pour ton mari qui rentre tard et bosse le week end, et même pour tes copines.  Tu lâches pas, et c'est ça qui compte.  Je t'aime fort, courage.

    3
    AUDE DITE ORIUM Profil de AUDE DITE ORIUM
    Mardi 23 Octobre 2012 à 15:23

    Pour info, il s'avère que "Toutes ces personnes que j'imagine me juger ne sont PAS que la toile blanche sur laquelle je projette mes propres pensées." 

    Aille ! 

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :