• De l'absurdité de la vie

    Ce matin, j'ai été réveillée conjointement par mes deux voisins du dessous. l'un refait sa cuisine, l'autre doit refaire la gueule des bébés qu'elle grade vu comme ils pleurent. Je me lève et dans le couloir me vient cette chanson : 
    "C'est un aquaboniste
    un faiseur de plaisantriste
    qui dit toujours a quoi bon,
    a quoi bon,
    un aquoiboniste
    un peu trop idéaliste
    qui répèt' sur tous les tons
    a quoi bon "

    Je vais dans la salle de bain,  je me pèse sur notre toute nouvelle balance qui nous dit tout sur nous: Un peu trop de graisse, un sérieux manque de muscle, et si je ne vais pas boire dans les 5 minutes, je meure. Je me lave les dents (je ne bois pas l'eau), je vérifie le linge qui trempe là depuis une éternité. Je trie le linge à laver de la matiné. Je mets le tout en machine avec ce qu'il faut de lessive, d'adoussissant (et oui, je m'y suis remise, sous la pression générale), (oui, j'avais arrêté, je me soupçonnais une allergie), de détachant. Je prépare mon petit dejeuner, je mets tout sur mon plateau. En versant le lait dans les céréales, je m'apperçois qu'il y en a presque plus. Je regarde s'il y a une brique neuve au frigo, non. Dans le cellier, non plus. Merde ! C'est lourd ces trucs là. M'en fou ! Je vais pas en chercher dans le cagibis. Trop mal à l'épaule. Il comprendra. Il comprendra ou il râlera ? En découvrant qu'il n'a pas assez de lait pour son petit dèj, il râlera jusqu'à ce que j'arrive à lui expliquer pourquoi. Là, il s'excusera puis m'expliquera pour la millième fois, pourquoi et comment, c'est insupportable pour lui de manger ses céréales avec du lait à température ambiante, à quel point ça lui gâche sa journée, pour se justifier du fait qu'il a commencé par râler. Bon, je vais chercher le lait. Je le pose à sa place, j'en détache un litre que je mets au frigo. J'ai l'impression que mon épaule saigne de l'acide. Mon petit dej est prêt. Mince, je ne peux pas porter mon plateau d'une main. Je le vide  et j'emmène chaque chose au salon,  une par une, puis, le plateau que je rempli à nouveau. Je m'installe devant la télé que j'allume. Une fois de plus "la blonde trop bonne wohoo!" est en rade. Fait chier ! Pourquoi on est encore abonné à cette merde ? Faudrait qu'on s'en occupe de celle là. Non. Que je m'en occupe. Je ne sais pas ce qui est le mieux. Ceux qui ont tout compris avec leur nouvelle boite extra super plus et super extra cher aussi je crois, ou les super héros qui des fois, ce sentent comme ça. Je mets mon plateau sur mes genoux, d'une main, trop forte la fille. Je mange mes céréales. Arrivée à la moitié de mon bol, je m'arrête pour prendre mes médicaments. Il faut le faire en milieu de repas pour éviter les brulures, (je ne suis pas certaine que ce soit suffisant). 2 jaunes, un orange, un crème, un petit coquille d'oeuf, une gélule blanche. Pour le matin, le compte y est. Je les avale avec mon jus de fruit. Et je pense à des trucs, je ne sais plus quoi, la couleur des médicaments, la douleur, la sensation d'être seule, l'absurdité de ma vie, j'en sais rien. Je pleure. Pourquoi je pleure ? 


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  • Commentaires

    1
    La Compagne
    Jeudi 8 Septembre 2011 à 11:19

    pov pitchounette (sincère  hein pas ironique du tout !!) Je vais te dessiner des affiches grand format pour placarder partout chez toi afin qu'ils n'oublient plus jamais que "putain t'as mal à l'épaule !!!!" En même temps pour avoir passé le we chez toi ya pas longtemps, ça se voit pas suffisamment que tu souffres, t'as trop l'air de pouvoir assurer ! Plains toi tout le temps, raconte comment et combien t'as mal, pleure au moindre mouvement, bref, exprime la réalité de ce que tu endures, n'encaisse pas stoïquement, répand toi !!!

    2
    Jeudi 8 Septembre 2011 à 15:55

    J'ai une idée. On continue à se disputer ici ou là. Tu verras, tu auras moins mal à l'épaule.

    Voilà, je m'éloigne. En attendant, j'ai visité les sites, et je n'ai pas trouvé les réponses dont auxquelles. Nous le savons tous, ce ne sont pas les réponses qui importent, mais les questions qu'on me pose. Et celles qui me poursuivent. Et celles qui restent dans le pied comme un petit cailloux inaccessible.

    Et les actes, alors? Quand on a mal à l'épaule, ou n'importe où ailleurs au point de ne pouvoir même penser, comment parler d'actes. D'ailleurs, les paroles et les écrits sont des actes autant que la gesticulation. Alors continuons à élever la voix et à nous disputer bruyamment, nous agissons bien mieux qu'en décidant du haut de nos piédestals ou au fond de notre trou des décisions définitives.

    PS. J'ai eu la peau du lierre.

     

    3
    AUDE DITE ORIUM Profil de AUDE DITE ORIUM
    Vendredi 9 Septembre 2011 à 02:31

    @ Andrem : Je suis désolée que tu n'ai pas trouvé les réponses. EN voilà un début :  "Le viol : moins de 10% de plaintes, 3% de poursuites judiciaires et entre 1 et 2 % de condamnations (Rapport annuel 2009 de l'Observatoire National de la Délinquance (OND)La criminalité en France). En comparaison les homicides entraînent presque toujours une enquête et aboutissent à des condamnations dans près de 50 % des cas. Le viol et la tentative de viol sont donc des crimes qui bénéficient d'une grande impunité."http://stopauxviolences.blogspot.com/

     Cela donne une idée assez claire de la façon dont les plaintes pour viol sont traitées en france. 

    Et quand les cailloux sont trop gros, qu'ils deviennent des montagnes, on cesse de les voir. 

    Mes hommages a feu le lierre...

    4
    Magasine
    Samedi 10 Septembre 2011 à 08:52

    Je sais pas qui est "Il", mais il a l'air casse couille ;-)

    5
    Samedi 10 Septembre 2011 à 16:13

    Sans en avoir le détail, j'avais à peu près l'idée de ce déséquilibre que révèle la statistique. Ce n'étaient pas cela, le réponses que je cherche, et les questions que je me pose. Mes questions portent plutôt sur la cause de ces comportements, et surtout sur le fait qu'ils sont encore quasi systématiques (même si j'ai des contre-exemples, la statistique l'emporte éveidemment).

    Et je ne me satisfais pas de la réponse féministe de base qui consiste à mettre dans le même sac tous les hommes de ce pays et à brandir un étendard vengeur. C'est une saine réaction, mais c'est très insuffisant pour comprendre et ensuite, soigner. C'est ce que je reproche, parfois avec ironie, parfois un peu plus vénère, aux féministes, et aux articles auxquels tu as fait référence. Les causes sont profondes, culturelles en partie, mais aussi systémiques: manque de moyen, nécessité de résolution rapide, pression médiatique parfois, alors que dans ces affaires c'est plutôt le silence, la lenteur, l'écoute, la patience, qui devraient servir. La compétence aussi, il est plus facile d'apprendre à faire un relevé d'empreintes sur une scène de crime que d'interroger avec tact une fille traumatisée, ou pour déceler la part de vrai dans un disours désordonné, forcément désordonné.

    Il faut des personnes disponibles et formées, avec du temps devant elles. La machisme ambiant à mon sens n'est pas le premier repsonsable de ces statistiques catastrophiques, et s'il est bien entendu nécessaire de la stigmatiser (y compris quand il s'exprime à travers moi à l'insu de mon plein gré), il ne constitue pas la cible prioritaire. Puisqu'il paraît qu'il faut réformer la police et la justice, qu'on prenne ce que j'écris ici encompte et l'on verra que la situation changera beaucoup plus vite qu'on croit.

    Un autre point m'importe aussi. Un certain nombre de conquêtes féministes ont été actées par des lois. C'est très insuffisant, mais c'est un outil, et il ne faut jamais jeter le bébé avec l'eau du bain, le combat pour l'égalité des femmes est loin d'être fini mais il dispose d'armes qui n'existaient pas il y a seulement cinquante ans, et il vaut mieux être femme en France qu'en Inde ou en Chine. Cela ne veut pas dire se reposer sur d'hypoyhétiques lauriers, cela veut dire de bien réfléchir aux combats que l'on mène.

    C'est très agaçant ton blogue, il se bloque sans cesse et m'empêche de corriger mes fautes de frappe

    Dernier élément: la situation des femmes violées est désastreuse. Existe-t-il un moyen de savoir si c'était pire dans le passé (ce que je pense), si des signes d'évolution des mentalités sont visibles (ce que je pense aussi), et comment est-il possible d'agir pour contribuer à accélérer les évolutions? ma réponse a déjà été donnée pour ce qui concerne mon petit cas particulier, continuer d'écrire. Car les pesanteurs et les inerties ne sont pas seulement chez les policiers, les juges, les politiques et les journalistes, mais en nous-mêmes, hommes bien entendus, mais femmes aussi, curieusement.

    Je voulais écrire trois lignes, j'ai légèrement dépassé. Et pendant ce temps, mon texte sur l'histoire de la voiture volée à New York est à l'abandon. A dans quinze jours (je repars en voyage d'affaires, justement, de Sofitel en Sofitel, d'Ardèche en Charente).

     OK, je sors.

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