• Deuxième leçon :


    Deuxième leçon : Quelques années plus tard, je reçu une autre leçon de féminité qui me troubla  encore plus que la première et me mis en colère.

    J’étais en vacances au bord de la mer. Nous allions assez souvent dans ce village de Normandie. J’aimais bien. Entre le parking et la plage, était coincé, un jardin d’enfant, avec tape-culs, balançoires, tourniquets et tout le toutim. Ce n’était pas un jardin d’enfants pour "enfants", c’en était un dangereux. Un où on prenait des risques, un où on avait vite fait de se blesser. Personne ne s’y trompait, d’ailleurs, ou pas longtemps. Il n’y avait jamais aucune maman, que des sales morveux. Un après midi, je me balançais mollement avec quelques filles que j’avais trouvé là. Nous étions toutes assises sur une longue planche attachée au portique par 4 tubes métalliques. Pour nous tenir, courrait de chaque côté une longue chaine noire qui sentait la rouille et le fer. Nous étions 5 ou 6, et nous riions tranquillement. Nous fûmes interrompues par une bande de garçon. Il nous interpelèrent : « Hey ! Les filles ! Descendez, vous allez avoir peur ! » Je n’eu même pas le temps de me choquer que les filles avaient déjà fuit. Les garçons montaient à bord, un à l’avant, un second à l’arrière, les autres assis en face de moi. Ils allaient bon train. Ca changeait de la berceuse de tout à l’heure et ce n’était pas pour me déplaire. D’habitude, c’est moi qui étais debout. On avait une bonne prise sur les barres métalliques, j’aimais aller haut et me retrouver soit couché quasi à plat ventre sur la planche, soit sur le dos, presque à l’horizontale au dessus du vide. Assise au milieu, c’était pas mal non plus, en terme de sensation. Moins de prise et ce n’est pas parce que j’étais assise que j’étais plus stable, au contraire. Plus un travail d’équilibre que de force, pas mal… Quand les balanceurs, épuisés, les mains en charpie ralentirent la cadence, le garçon en face de moi, appréciant mon expression hilare me demanda mon prénom. Je le lui donnais. « Mais ! C’est un prénom de fille ! », me s'exclama-t-il éberlué.

    - Évidemment, j’en suis une !

    - N’importe quoi !

    - Mais si !

    - Prouve le !

    - C’est ça oui !

    - Tu viens cet après midi ?

    - Oui !

    - T’as qu'a venir en jupe !

    - Ah ben ça, évidemment ! Si un garçon se promène en jupes, c’est que c’est une fille !

    Je retournais chez moi, bien remontée, la tête pleine de ce que j’allais raconter à mes parents. je fus détournée de mes pensées irritées par des sifflets et des gloussements de filles. Je me retournais furtivement et en effectivement une grappe.  Tiens donc ! Qui sifflent-elles comme ça ? Un coup d’œil derrière moi, personne. D'autres coups d’œil à droite, à gauche, en haut, m’apprirent que nous étions seules dans cette ruelle. Merde alors ! Ca commence à bien faire ! Je me tournais vers elles et lançais : « Hey ! Je suis une fille ! » Avec le recul, je me demande la tête que j’aurais faite si elles m’avaient répondu « Oui, on sait ! ». L’éventualité de l’homosexualité ne m‘était encore jamais apparue. Je ne m’y attendais pas. Ce ne fut pas leur réaction. Elles s’entre regardèrent, mortes de honte et disparurent derrière la première porte cochère. "C’est incroyable quand même !" Me disais-je en moi même ! Arrivée à la maison, je racontais ma mésaventure à mes parents. Ca les fit rire, mais a ma grande déception, je n’eu pas d’explication à cette méprise collective. Après déjeuner, je choisis une robe à fleurs, rouge et blanche. C’était une robe dos nue et qui tourne ! Plus fille que ça, tu meurs. Je retrouvais l’imbécile du matin et d’un air crâne, je lui demandais. « Alors quoi ? Qu’est ce qui est le plus incroyable ? Que je sois une fille qui n’a pas peur d’aller vite sur la balançoire, ou un garçon qui n’a pas peur de se promener en robe ? » Pour toute réponse, il m’envoya une injure. Pour la forme, et histoire de ne pas avoir fait le déplacement pour rien, je lui montrais qu’une fille, même en robe, peut dire des gros mots, et coller un pain.

    Je rentrais chez moi ébouriffée et hors de moi. Merde alors, c’est comme ça ? Quand on est une fille, il faut avoir peur ? Quand on est une fille il faut être en robe, même si ce n’est pas pratique ? Parce quand on est une fille faut faire joli pas bouger, c’est ça ? Pas question ! Je ne comprenais pas pourquoi on voulait absolument m’enfermer. J’étais une fille, je n’avais pas de problème avec ça, mais je n’avais aucune envie de servir de décoration pour canapé !

    Ah la comédie de l’identification sexuelle ! Pourquoi est ce si important ? Pour ne pas se tromper quand on fait zizi panpan ? Pour la survie de l’espèce ?

    Ca me fait penser a une autre histoire. Quelques années plus tard, je rencontrais une prof de danse qui avait un chien très beau, très gentil et très très con, c’était une calamité. Il avait pour habitude, c’est assez courant de courser les chats. Mais un jour, il fut pris bien malgré lui dans un vortex identitaire.

    Alors qu’il rêvassait au soleil, un chat lui passa sous le nez. Aussitôt il se redressa et se mit à aboyer. Il était su les starting blocks, prêts à courser l’imprudent. Mais le chat n’eu pas la réaction attendue. Il s’assis sur son arrière train, face au chien et pencha la tête sur le côté. Il semblait navré, voir même compatissant. Le chien redoubla d’efforts ! Il aboya de plus belle, se mit à sauter, puis tourna autour du chat en s’agitant dans tous les sens. Mais le chat ne bougeait pas. Essoufflé, éberlué, le chien imita bientôt le chat. Il s’assit sur son arrière train, penchant la tête sur le côté. Ils restèrent un long moment, face à face s’observant mutuellement. De temps en temps le chien aboyait un peu, pour confirmer. Le chat, lui, restait placide. Le chien semblait se dire : Un chat, ça s’enfuit devant moi quand j’aboie ! Pourquoi il ne s’enfuit pas, lui ? S'il ne s'enfui pas, c'esr que ce n’est peut être pas un chat ! … ... Mais si ce n’est pas un chat … Suis je un chien ?

     

    La première leçon est ici


  • Commentaires

    1
    Vendredi 11 Janvier 2013 à 07:59
    luce luciole

    Ah oui, dire qu'on disait "un garçon manqué!" ça en dit long quand même cette expression. Par ailleurs il y a un jolie lapsus ou peut être est ce volontaire, au début tu a écris "au bord de la mère"

    2
    AUDE DITE ORIUM Profil de AUDE DITE ORIUM
    Vendredi 11 Janvier 2013 à 11:26

    Effectivement, c'est amusant. Ce n'était pas voulu, alors je corrige la faute. ;-)

     

    3
    Vendredi 1er Mars 2013 à 11:34

    Description haute en couleurs, plus vraie que nature, d'un de ces moments déroutants de l'enfance. Et alors l'histoire du chien-chat ... merci pour mon premier rire du matin.

    Quoique ça doit déjà être le 2è, vu que j'ai bien rigolé sur  les scrapbookings de ton dernier article!

    Je viens donc de me balader un peu (et compte poursuivre, j'aime le style!) et il se trouve que je t'inscrirais volontiers d'office dans le répertoire des eklablog's mais ... je crois que tu serais mieux servie par toi-même,  d'une en proposant toi-même la présentation de ton blog, et de deux en choisissant toi-même la/les catégorie(s) où il pourrait figurer. Je te vois déjà bien dans "Humour" ... mais pas seulement.

    A bientôt?

    (le répertoire, c'est http://repertoire.ek.la )

    4
    AUDE DITE ORIUM Profil de AUDE DITE ORIUM
    Samedi 2 Mars 2013 à 11:01

    @ Lulette : Merci de ton passage et pour ton message. Je vais de ce clic voir du côté du répertoire, mais quand à imaginer que je serai mieux servie par moi-même, je n'en suis pas certaine. Je ne suis pas très douée pour parler de moi ou de ce que je fais... Quand à choisir la catégorie, j'en suis bien en peine. Je n'aurais pas la prétention de dire que je fais partie des "inclassables", poutôt que je n'ai jamais eu le sens de l'organisation. Je ne vais pas me laisser imprssionner pour autant, j'aime trop l'idée d'avoir des lecteurs pour m'arrêter là. Cependant, si tu touves que je m'en sors mal dans l'exercice, tes commentaires élogieux seront les bienvenues. 

     

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