• Encore une, une de plus

    Pourquoi j'ai décidé d'écrire sur mon blog, plutôt que sur mes cahiers, pourquoi rendre cela public ? Alors, si par hasard, j'ai des lecteurs, et je joue avec moi sur cette hpothèse car je ne suis pas certaine d'assumer mon choix, c'est pour dire que je ne suis pas un être lâche, faible, ou je ne sais trop quoi, mais que je suis un être meurtri qui essaye encore, 30 ans plus tard, de comprendre et de se soigner. La particularité des traumatismes psychiques, le peu de connaissances médicales que nous en avons, leur mauvaise presse, pousse ceux qui n'y sont pas confrontés à juger sévèrement ceux qui en sont atteint. J'en fais parti, et cela ne devrait pas être une honte. Monsieur machin a eu un accident pendant sa jeunesse, il en a gardé des séquelles, il marche avec une canne et souffre toujours. Est ce honteux ? Ca le rend chiant d'avoir mal, il y a des choses qu'il ne peut plus faire avec sa patte folle. Est ce honteux ? Doit il passer a autre chose, depuis le temps ? Doit il se secouer et se mettre a gambader comme un cabri, parce que merde, y en a marre ! A t il le droit de continuer a explorer toutes les voies possibles, A t il le droit d'aller voir des médecins, A t il le droit de parler de son handicap,  s'il a une chance, un jour, d'aller mieux ? Vous n'êtes pas obligés de lire, pas obligés de commenter. D'ailleurs, je vous recommande de ne pas le faire si cela provoque chez vous un sentiment de rejet. Je n'ai pas envie de lire des méchancetés. Mais je ne le fais pas non plus pour lire des commentaires compatissants. Je le fais juste pour vous offrir la possibilité de savoir que c'est pas facile, ni pour moi, ni pour tous ceux et toutes celles qui ont vécu un traumatisme. Et que ce n'est pas parce qu'elles en ont des séquelles que ces personnes valent moins que les autres. Que ce n'est pas par goût ni par complaisance que nous souffrons.

    03:40

    Je m'installe dans le salon, j'ai choisi la lumière la plus douce. Mon chat que j'avais pris soin de ne pas déloger est tout de même parti en me regardant de travaers. Il fait un peu frais, tout à l'heure, j'ai laisssé la fenêtre ouverte pour aérer le salon. Je n'aime pas que ça sente la fumée de cigarette le matin. Je ne la referme pas, je vais certainement fumer encore, et il n'est pas certain que l'odeur ait le temps de s'échapper entre le moment ou je trouverai le sommeil et celui ou je devrai le quitter. La vie n'est pas toujours bien faite. Toute la journée je me suis préparée mentalement pour me coucher à une heure raisonnable. En même temps que mon chéri, par exemple. J'étais persuadée qu'il le ferait après le film, mais, ce soir, il a préféré jouer et s'est couché un peu plus tard. Une fois de plus, au moment de le suivre, je me suis sentie bloquée. Je n'ai pas réussi à l'accompagner. J'ai reporté l'échéance à la fin de l'épisode. Mais j'en ai regardé un autre. Ensuite, j'ai trouvé l'élan pour aller me coucher. J'ai fais ma toilette et je me suis glissée dans mes draps vers 2 heures. Une heure trente plus tard, les yeux grands ouverts je sortais de mon lit. Pendant cette heure et demie, j'ai fais des tas de choses sauf dormir. J'ai commencé par me morigéner parce que depuis lundi, je ne fais pas ce que je devrais faire. Je me suis, par conscéquent, coiffée de tous les noms d'oiseaux. Ensuite, je ne sais pas comment j'en suis arrivée là, j'ai immaginé la mort de mon chéri. J'ai réusssi à me faire pleurer. Prenant conscience de ce que j'étais en train de faire, j'ai stoppé net et ai commencé à analyser ce qui m'avait conduit à faire ça. J'ai fait des liens intuitifs. Puisque tout est loin, qu'il n'y a ni témoin, ni preuve, je tente de me fier à mon instinct, voir s'il me conduit quelque part.  J'ai repensé à la fenêtre marron qui m'avait fait si peur dans mon enfance. Je la reliais à une vieille maison ou notre famille a vécu de mes 18 mois à mes 7 ans et demi, je crois. Mais ce soir, j'ai relié cette fenêtre à la maison de ma grand-mère. J'ai donc pensé à mon grand-père qui était un amateur de petite fille. J'ai le souvenir précis d'en avoir fait les frais. Mais cette fenêtre qui m'a terrorisé, si elle n'était pas dans ma maison, elle n'était peut être pas à cette époque là non plus. Comment je me sentais, comment est ce que je me perçois dans mon souvenir ? Non, je n'ai pas trois ans,  je ne suis pas en couches. Je me sens plus vieille. J'ai les cheveux courts. Quand est ce que j'ai eu les cheveux courts ? Je revois une photo de moi, enfant, cheveux courts, frange de travers. Cette photo, c'est un oncle qui l'a prise. Il était bien gentil mon oncle. Gentil comment ? Et ma tante, elle est ignorante à quel point ? Evidemment je n'ai pas de réponse et quand je me mets à douter de tout et de tous, je pense à autre chose. Ce qui m'a toujours conduit, au fil de mes thérapies, ce qui m'a toujours guidé vers ma verité, c'est l'intensité de mon émotion. Là, je ne ressents rien, je suis donc en train de divaguer, d'expérimenter, rien de plus. Mon chéri a une respiration chaotique. Je pose ma main sur lui, parfois cela l'apaise. Sa respiration redevient plus ample et plus lente, mais bientôt elle reprend un rythme étrange. Je change ma main de place, rien n'y fait, chaque fois sa respiration se dérègle. Peut être est ce moi, qui,  avec mes angoisses lui pollue l'atmosphère. Je vais quitter la pièce, le laisser dormir en paix, il en a bien besoin. Ca m'a pris une heure trente. Souvent, le fait de coucher ça par écrit m'apaise et je trouve enfin le sommeil. Mais là, je sens que je n'ai pas fait ce qu'il fallait. Je suis encore tendue comme un arc. Depuis combien de temps suis-je comme cela ? Avec des insomnies, des prises de têtes et des angoisses ? Je ne sais pas, trop longtemps. Mes premiers souvenirs d'insomnie remontent  à mon enfance, mais je ne saurais m'attribuer d'âge. Ils remontent à l'époque du pavillon de banlieue. Je me souviens que j'entendais mes parents aller se coucher. Ils étegnaient tout, le noir m'angoissait et le silence... J'avais peur des araignées sous mon lit, je n'osais pas sortir les pieds de sous mes couvertures. Ils se couchaient tard, et je restais encore longtemps sans trouver le sommeil.  Aujurd'hui encore, après de tres nombreuses heures sur les fauteuils des psy, je suis hantée la nuit. Encore et toujours et je suis lasse. Guidée par mes différents thérapeuthes, je cherche dans des directions différentes. Je repense à une autre fenêtre, celle d'un rève que j'ai fait cette année. Un rêve de danger. Derrière l'agresseur, il y avait une fenêtre. Je pense à toutes les fenêtres qui on été en face de mes lits durant mon enfance. Je réalise, que dans toutes les chambres dans lesquelles j'ai dormi, mon lit a toujours été, à un moment ou un autre en face d'une fenêtre. Pas dans celle de mes parents. Dans la grande demeure, je ne me souviens pas de la fenêtre. Je ne me souviens de cette chambre que dans l'obscurité. Cette chambre me faisait peur. Est il habituel d'avoir peur de la chambre de ses parents ? J'entends des voix qui me disent, depuis le temps, tu devrais passer autre chose. Avec ce soupson à peine déguisé, lâcheté, apitoiement sur soi-même, faiblesse, masochisme... Des voix qui m'humilient, qui me rabaissent, qui me font passer pour un imposteur, une personne qui ne mérite pas l'amour qu'on lui porte. J'aimerais bien passer a autre chose. Je n'éprouve pas de plaisir, même pervers à vivre ces angoisses, ces insomnies, a tourner en rond depuis tant d'années. A me voir vieillir avec ce dégout en moi. Parfois je me rêve heureuse. Parfois je le suis et je trouve cela vraiement très agréable. Je me vois très bien couler des jours heureux, des projets plein la tête, des satisfactions d'être comblé. Quand j'étais plus jeune, quand je me sentais en perte de vitesse, je me mettais des gardes fou. Des choses symboliques, des défis, qui me donnaient la niaque. Une liste de chose a accomplir, perdre du poid ou faire du sport, que sais-je ... Souvent cela était efficace. Quand je parvenais a mon but, la satisfaction d'avoir gagné me donnait une pèche incroyable. J'avais un sentiment de surpuissance qui m'aidait à lutter contre mes démons. Aujourd'hui, je n'y arrive plus vraiment. Est ce l'âge ou une période seulement ? Est que le mécanisme est usé ? Faut il que je trouve un autre subterfuge ? J'ai tant de choses à faire et je ne veux pas mourir en ayant l'impression de n'avoir pas su surmonter cette épreuve. Je lutte encore, je luterai toujours, je le veux. Je veux lui tordre le cou. Ma thérapeuthe m'a dit que les agresseurs ont une chose en commun. Ce n'est pas l'agression en elle même qui leur procure du plaisir. Par exemple, le viol n'est pas commandé par un désir sexuel. Le viol, comme la torture sont commandés par le plaisir que retire l'agresseur du fait d'anihiler sa victime, de la briser, la détruire. Il a ainsi un pouvoir qui dure au travers des années, bien au-dela de l'agression elle même. La victime porte en elle son bourreau. Elle est colonisée, hantée à jamais. Dans mon cas, je suis colonisée par mes bourreaux, a différents degrés, de différentes manières. Il y a encore peu de temps, je culpabilisais tellement de ce que je suis, que pour supporter cela,  je devais rester une victime. Ainsi, mon bourreau, (le principal, le mieux identifié) restait bourreau et portait sur lui la responsabilité de ses actes. Quand ma thérapeuthe m'a expliqué que répondais ainsi au désir du bourreau en lui appartenant toujours, cela à provoqué chez moi un élan de rejet foudroyant. Ca a dégagé une énergie phénoménale.  Je l'ai explusé. Cela m'a permis de résoudre certains problèmes, et il étaient temps. J'ai cru que c'en était fini de mes insomnies. J'avais repris ma vie, elle m'appartenait de nouveau puisque j'en avais expulsé l'intrus. Malheureusement, il semble que ce n'est pas si simple. Selon les chercheurs, chaque traumatisme, est relié a une forme de mémoire* qui se réveille au contact de stimulis extérieurs. Cela focntionne comme une madeleine de Proust, mais de façon négative. Au lieu de ressentir le bonheur de son enfance liée à l'odeur de ces délicieues madeleines, on retrouve la soufrance de l'agression. Pour supprimer ce lien, il faut trouver ce qui le déclenche, et a quoi il fait exactement référence. En suivant ce raisonnement, il est fort possible que ces angoisses nocturnes soient liées a des agressions nocturnes. Seulement je n'en ai aucun souvenir, et cette idée me parait complêtement dingue. Si je n'en ai aucun souvenir, comment être certaine que je ne vais pas finir par en inventer un ? Comment être certaine que je vais dans la bonne direction ? Bien sur, le but n'est pas d'accuser qui que ce soit, etant donné que je connais mes bourreaux et qu'il y a prescription. Le but est de me permettre de retrouver la paix intérieur et de n'entendre les premiers oiseaux du matin chanter que si je le décide, après une fête entre amis, ou une nuit blanche d'amour, par exemple. Qu'y a t il donc derrière cette peur d'aller me coucher, la peur de dormir, la peur d'être a demain ? Il y a quelque chose dans cette phrase, un echo particulier. Peur que demain arrive, parce que quoi ? Qu'est ce qui peut bien se passer "demain" ?  Pourquoi "a demain" m'angoisse ? 

    05 : 42

    J'avais mis mon réveil a 9 heures, dans l'espoir de faire quelque chose de ma matinée. C'est foutu. Ce serait bien que j'aille me coucher avant que mon chéri ne se lève, ca lui évitera de se prendre la tête toute la journée. 

    Voilà, vous venez de partager mon quotidien. C'est chiant hein !  C'est chiant à lire alors imaginez a vivre, et je vous assure que je prefererai mille fois être endormie comme un bébé, pour me réveiller sereine et en pleine forme, parce que demain, je vais le payer. 

    * mémoire traumatique


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  • Commentaires

    1
    Vendredi 27 Avril 2012 à 08:42
    luceluciole

    J'ai lu. Quelques échos. Parfois demain n'est pas un autre jour. Je t'embrasse.

    2
    AUDE DITE ORIUM Profil de AUDE DITE ORIUM
    Dimanche 29 Avril 2012 à 03:38

    ;-), on ne sait jamais à l'avance ce qui est le mieux.

     

    3
    Magasine
    Dimanche 6 Mai 2012 à 23:05

    Merci pour ces mots.  Courage, je t'aime fort, et tu es sur le chemin.  Je crois en toi.

    4
    AUDE DITE ORIUM Profil de AUDE DITE ORIUM
    Lundi 7 Mai 2012 à 00:29
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