• Envie d'ailleurs et autrement

    Envie d'ailleurs et autrementJe me suis levée ce matin, je me suis regardée dans le miroir de la salle de bain, tout avait changé. Le mur derrière moi avait troqué son vert d'eau contre un rouge sang. Encore embrumée de sommeil, je baissais les yeux sur le lavabo. Les vasques de verre s'étaient transformées en vieux lavabos à l'émail usé. Je me retournais brusquement sous l'effet de surprise et découvrais une salle de bain étrange. Un mélange hétéroclites d'objets recyclés, détournés de leur usage initial. Parfois avec gout, parfois de façon astucieuse et maladroite. Ahurie, j'étais partagée entre la crainte et la curiosité. Je tentais de me ressaisir, me forçant à croire que je rêvais. Mais me pincer violemment à plusieurs reprises n'y changea rien. J'étais bien dans cette salle de bain. Je me tournais alors vers la fenêtre. Les vitres en verre dépoli, ne me laissaient par voir à l'extérieur. Je m'approchais doucement, tournais la poignée comme si je manipulais de l'explosif. Je dû me battre pour l'ouvrir. Je la secouais avec précaution, rendant mon effort inutile. Elle céda soudain, m'envoyant à la renverse. Je fus saisie immédiatement par l'air glacé, avant même de voir ce qui s'offrait à ma vue. Une ville que je ne connaissais pas, dont les proportions et les couleurs m'étaient tout à fait étrangères. De petits immeubles de 4 ou 5 étages, aux couleurs vives se succédaient. On se serait dit dans un jeu de Monopoly. Mais ce qui me surpris le plus, c'est la quantité de neige, les voitures recouvertes, les passants à ski, des vélos pris dans la glace. Ou étais-je donc tombée ? Ou alors, j'avais oublié le pan de ma vie qui m'avait mené ici. Je refermais la fenêtre et retournais devant le miroir. Après tout, si tout avait changé, peut être que moi aussi. Je serai peut être vieille, ou peut être que je découvrirai une grande blonde, ou une petite brune, ou même un homme. Quand l'impensable arrive, pourquoi restreindre son imagination. J'hésitais un peu. Je fis le dernier pas en baisant les yeux. Je m'appuyais à deux mains sur le vieux lavabo. J'ouvrais les yeux et laissais courir mon regard le long des fissures qui le décorait. Je pris une grande inspiration et levais enfin la tête. Quel choc ! Je n'avais pas changé. Exactement le même visage que j'avais laissé dans le miroir la veille au soir. Les mêmes cheveux blonds foncés, très courts, les mêmes yeux, le même regard, la même bouche. Pas une ride de plus, pas une de moins. je me regardais, a priori le même corps aussi. J'étais la même, j'étais moi, précisément. J'étais juste ailleurs. j'allais m'assoir sur la cuvettes des wc. La tête dans les mains, je pissais en pensant à la situation.

    Devant l'ampleur de mon incompréhension, je préférais me concentrer sur des choses triviales. Je n'allais pas rester ici jusqu'à ce que ça passe. Et si ça ne passait jamais ? Qu'y avait il derrière la porte de la salle de bain ? Probablement pas ceux que j'avais laissé la veille. Mais pourquoi pas, après tout. Rien n'est jamais certain. Je me levais et allais précautionneusement ouvrir la porte. J'écoutais, pas un bruit. je jetais un oeil, rien. Je pris mon courage à deux mains et me faufilais dans un couloir aux proportions confortables. Les murs étaient blancs, sans aucune décoration. Je passais devant trois portes deux fermées et une entre ouverte. Je continuais mon chemin sur la pointe des pieds. Quelques pas plus loin, je tombais sur une vaste pièce très claire. Un salon salle à manger bureau, donnant sur une cuisine semi ouverte. Les murs étaient blancs, quelques toiles modernes, quelques photos. Devant moi, un grand et vieux canapé en cuir brun, recouvert de plaids de toutes sortes. Lui faisant face deux chauffeuses élimées, avachies, mais dans lesquelles je me serais bien blottie. J'ai toujours aimé ces vieux fauteuils affaissés.. Sur ma droite, un bureau avec un ordinateur portable. Dessus, toutes sortes de documents et de livres ouverts, laissés en plan par celui ou celle qui y travaillait. Curieuse, je m'approchais, peut être cela me donnerait des indications sur les occupants des lieux. Je parcourais le tout en vitesse. l'ensemble traitaient plus ou moins des légendes et des mythologies nordiques. Je mis un certain temps avant de réaliser que tous les documents étaient en anglais et que je les comprenais. Cela me fit sourire. Depuis le temps que j'avais envie de parler anglais couramment ! Je ne m'attardais pas plus sur cette bizarrerie supplémentaire. Je profitais du fait en prenant un livre et en en lisant un passage. C'était vraiment grisant. D'une main hésitante, j'appuyais au hasard sur une touche du clavier. Je ne m'attendais pas à voir apparaitre un diaporama de mes filles. De toutes petites à l'adolescence, mes filles telles que je les connais. Je reconnaissais quelques photos, du temps ou nous vivions en France... Quoi ? "Le temps où nous vivions en France ? " Parce que nous avons vécu ailleurs après ? Mais... qu'est ce que... Je me mis à fouiller frénétiquement le bureau à la recherche d'une explication. Puis j'agitais la souris de l'ordinateur. Il allait forcément me délivrer la raison de cette aberration. Cet ordinateur était visiblement le miens ! Ma barre de favoris, comme je la range, mes sites de prédilections, plus d'autres que je ne connaissais pas. Mon blog, mon Facebook, mon pseudo. Je me retournais, assise sur le très confortable fauteuil de bureau. Je jetais un regard circulaire à la pièce. Vraiment spacieuse, un savoureux mélange d'ancien et de moderne. Encore une fois, beaucoup de choses récupérées ou détournées de leur usage premier. Devant le canapé un vieux banc faisait office de table basse. Pendant du plafond un extravagant bouquet de bouteille de coca qui devait servir de plafonnier. Cependant, les enceinte de chaque côté de l'ordinateur était visiblement neuves et de qualité. Je me levais et décidais d'inspecter le reste de l'appartement.

    Je retournais donc dans le couloir. Je trouvais les chambres, Les deux portes fermées cachaient, a priori, les chambres de mes filles. Mais comme elles étaient plongées dans l'obscurité, je n'osais pousser plus avant l'exploration. Je ne voulais pas les réveiller. Que pourrais je dire ? Salut, on est où là ?  Je me détournais donc, et allais jusqu'à la troisième porte. Je glissais ma tête par l'entrebâillement. Cette chambre aurait pu être la mienne. J'y pénétrais et m'y sentais bien immédiatement. J'eu envie d'aller m'allonger sous cette couette, au fond de ce lit, si de l'autre côté, je n'avais pas vu des cheveux en bataille en émerger. j'étais pétrifiée. je ne savais plus quoi faire. Je respirais et me forçais à avoir une réflexion aussi cohérente que possible. "Donc, si ici, c'est chez moi, je partage ma vie, en tout cas mon lit avec quelqu'un. Ok. S'il me voit, il croira que c'est moi." Oh! c'est idiot ce que je dis !" Prenant mon courage à deux mains et poussée par la curiosité, je contournais prudemment le lit. Qui était-ce ? Peut être le connaissais-je déjà. Après tout, c'était bien mes filles sur les photos. Il était allongé sur le ventre, recouvert pratiquement totalement par la grosse couette. Je dû doucement la baisser pour découvrir son visage au trois quart enfoncé dans l'oreiller. Je dû le déranger dans son sommeil, il se retourna, poussant bas la couette et découvrant, pour mon plus grand plaisir son corps nu. Dans cette vie ci, comme dans la précédente, j'avais bon gout. De taille moyenne, il était parfaitement proportionné. La musculature fine et dessinée, avec ce petit quelque chose que j'aime tant chez les hommes, le V que dessinent les obliques. Des épaules larges contre lesquelles on peut se blottir sans se faire mal, mais qui ne sont pas non plus effrayantes. Ses pectoraux étaient larges et plats, ses bras bien dessines et peu velus, comme tout le reste de sont corps, ses jambes musclées et fines. Cet homme est sportif, j'en mettrais ma main au feu. Sa peau semblait douce, je n'osais m'en assurer. Je regardais son visage. Dans la peine ombre, je ne pouvais discerner exactement la couleur de ses cheveux. Son visage buriné trahissait de longues heures passées en extérieur. Front haut, un nez de caractère comme on dit, des lèvres fines et bien dessinées. je fus tentée d'y déposer un baiser. Après tout, il était fort à parier que nous avions déjà fait bien d'autres choses ensemble. Je me retins, je ne connaissais même pas son nom. Peut être que si je me rendormais, en me réveillant je saurais ce que je fais là, ou alors je retournerais d'ou je viens. Je décidais de poursuivre mon enquête. Je trouvais sa veste et retirais son portefeuille. "Magnus Ohlsson, wow ! Pas français, donc. Je ne sais pas d'ou ça vient ça. Nordique, a priori. C'est le thème du jour ou bien ? " Je me rappelais que je n'avais rien vu de spécifiquement masculin dans la maison. Qui était il pour moi ? Un mari ? pas de bague à mon doigt. Ouf. Un amant de passage, un amoureux ?

    Je décidais d'aller vérifier dans la salle de bain. Combien de brosse à dent ?  Aucune trace virile, la cuvette des wc abaissée, mais ça ne veut rien dire. Trois brosses à dent, pas de créme à raser, pas de produit pour homme. Je retournais dans le salon, furetais entre les fauteuils et les couvertures, rien. Si ça se trouve, c'est un mec que j'ai dragué la veille au soir et que j'ai ramené à la maison. Il n'a même pas de sac ou de valise. Ca m'étonne, mes filles sont là, ça m'étonne de moi. Mais peut être que mon autre moi se fou de ce genre de choses. Peut être que son sac est dans la chambre et que je ne l'ai pas vu. j'y retournais donc. Je me mis à quatre pattes pour chercher en tâtonnant, le manque de lumière m'interdisant de voir clairement. C'est là que je senti une main délicate me caresser tendrement le cul. Je reconnue la main propriétaire, la main qui connait et qui apprécie. Je me retournais affichant un sourire gêné. Il était assis sur ses pieds, au bord du lit, me regardait en souriant. J'aurais été certaine de le connaitre, je me serais jetée sur lui, tellement je le trouvais sexy. Je me contentais de m'assoir et de continuer de le regarder. C'est alors qu'il me dit un truc que je ne compris pas. Quelque chose qui qui faisait  "Vor lior paur alla frya" puis immédiatement derrière "what are you doing there ?" Ne sachant pas si je savais parler anglais aussi bien que je semblais le comprendre, je me levais, posais mes lèvres sur les siennes, et le poussant doucement, je m'allongeais sur lui. L'heure qui suivit me confirma que nous nous connaissions...


    Tags Tags : ,
  • Commentaires

    1
    Mardi 8 Octobre 2013 à 13:54

     thème est génial et il est plutôt abordé je trouve.

    bravo

     

    Anabelle

    2
    Mardi 8 Octobre 2013 à 14:43

    Anabelle : merci !

     

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :