• Et si on faisait un peu preuve d'imagination, ou de logique, ou d'amour ? (voire des trois)

     Et si on faisait un peu preuve d'imagination, ou de logique, ou d'amour ? (voire des trois)Je viens de tomber sur un article  sur un blog que je lis souvent. Famille TDA/H,le blog. Il nous vient de québec, et comme chacun sait ils nous devancent d'un demi siècle, sur pas mal de sujets, notemment  sur le TDA/H. (oui, je suis, en ce moment, un peu en colère contre la France que je trouve poussiéreuse et archaïque.) Je voulais réagir à un article qu'elle a mis en ligne sur son blog en 2011 et qui a atterri sur mon mur FB ce matin. (vous voyez comme on est à la bourre en France :p

    "Quand la santé mentale devient une mode" en est le titre

    J'ai commencé à répondre sur son mur, puis je me suis dit que ça valait un un billet. (et puis je n'arrête pas de me dire que je cause trop sur FB en direct et pas assez sur mon blog, du coup, les lecteurs s'amenuisent et ça me rend triste et je pleure)

    Pour ceux qui n'ont pas le courage de lire l'article de référence, ce qui est dommage, parce qu'il n'est pas très long et qu'il vaut mieux se faire une idée soi même que de se contenter des interprétations des autres, je vais faire un petit résumer.

    En gros, elle a réagit à un commentaire qui disait que c'était un effet de mode, cette histoire de TDA/H. En dehors du fait que ça l'a mis hors d'elle parce qu'elle en chie avec cette histoire, elle s'est interrogée sur le principe du nombre croissant de TDA. Elle s'est posé la question suivante. Mode ou épidémie ? Quelles sont les causes de cette croissance, et elle nous demande ce que nous en pensons.

    Voici ma réponse.

    Et si c'était une combinaison de plusieurs choses ? Vous vous en êtes rendues compte, quand on est concerné par quelque chose, notre cerveau le détecte plus rapidement.  Lorsque j'étais enceinte, il y avait beaucoup plus de femmes enceintes autour de moi et dans la rue. Effet de mode ?
    Quand j'ai acheté une voiture après mures réflexions, tout le monde a soudain a eu la même voiture. Épidémie ?
    Le fait d'être concernés par le TDA/H de près ou de loin, pour soi ou pour des amis, nous rend plus sensibles, plus attentifs aux symptômes et donc nous les voyons plus. Et puis on ne peut tout simplement pas détecter quelque chose que l'on ne connait pas.
     
    Ensuite, Y a t il plus plus de tda/H aujourd'hui qu'avant ou savons nous juste mettre un mot sur ce que nous ne comprenions pas de par le passé ?
     
    Le monde est il plus violent aujourd'hui qu'il y a 100 ans, ou même 50 ans ? Combien de fois n'ai je pas entendu : "à mon age, c'était pas comme ça !" "Quand j'étais enfant, il n'y avait pas autant de pervers." Si, sauf qu'on en parlait pas. Pas de plainte, pas d'affaire judiciaire, juste le silence et la souffrance. "Quand j'étais enfant, il n'y avait pas autant d'enfants atteints de Dys, de tda..." Si, bien sure que si. Seulement, les enfants qui ne rentraient pas dans le moule était des cancres, les enfants qui avaient des difficultés d’apprentissage, des débiles. Aujourd'hui encore on dit qu'il y a plus de garçons que de filles atteints. Faux ! Il y a plus de garçons diagnostiqués tdaH  que de filles parce que les filles sont socialement conditionnés à être douces et sages, sont  enjoints à inhiber leur "violence", leur "agressivité" , leur "énergie" depuis la naissance. Leur hyperactivité s'exprimera différemment. Les hyperactifs, impulsifs  étant plus dérangeant , perturbant dans une famille ou dans une classe on les repère plus vite. Un garçon ou une fille TDA (hypoactif) passe encore juste pour un rêveur.
     
    Il y a toujours eu et il y aura toujours des erreurs de diagnostiques, même les médecins sont des êtres humains donc imparfaits. La science avance, mais ne sait pas répondre a toutes les questions.
     
    Il y a toujours eu et aura toujours des abus de langage. Quand on traite quelqu'un de parano ou de mytho, on fait référence a une maladie que l'on ne connait pas vraiment et qui n'a rien à voir avec une personne qui manque de confiance en soi et/ou qui a besoin de se faire mousser pour se rassurer. Ce qui ne remet pourtant pas en question l'existence de ces maladies mentales.
     
    Je pense que l'être humain a encore beaucoup à travailler sur soi pour comprendre que d'être différent, n'est pas une fausse excuse pour être moins bien. La vie ne se résume pas à une course à la performance. Les humains ne se rangent pas en deux catégories, les forts et les faibles, les performants et les losers. La vie n'est pas une gigantesque usine automatisé ou seules les pièces calibrées sont utilisées, les autres étant mises à la benne. Le tda/H n'est pas une maladie, c'est une différence. Les personnes atteintes de ce trouble peuvent fonctionner très bien, apporter beaucoup à la société, pour peu qu'on accepte leur différence comme un atout. Que l'on cesse de les regarder, au mieux avec pitié au pire avec mépris.

  • Commentaires

    1
    Eloise
    Dimanche 18 Janvier 2015 à 13:57

    Bravo ! Si bien dit! Il y a des moments forts dans ce billet, ça me donne envie d'en faire des panneaux d'affichage. " le TDAH ce n'est pas une maladie, c'est une différence". Merci pour la rêference, toujours intéressant de voir qu'on inspire un tout petit peu ;)

    2
    Dimanche 18 Janvier 2015 à 14:04

    Vois-tu, j'ai un peu trop peu de temps aujourd'hui pour aller lire l'article de référence, mais cela ne m'empêche pas de souscrire pleinement au tien :)

    Bien d'accord sur le fait que ce ne peut être une mode, ni même une épidémie (quoique, on peut se demander dans quelle mesure de nouvelles formes "d'éducation" dans notre société du "tout tout de suite" ne génèrent pas certains troubles - à développer, un autre jour, ici ou ailleurs), mais bien simplement une capacité à nommer et décrire des choses qui ont toujours existé (bon, maintenant, j'ai du mal à me représenter Néanderthal souffrant de TDA/H, chuis con ou quoi ?).

    En revanche, et là je m'exprime comme prof de collège, ça ira beaucoup mieux quand nous (les profs) on aura une formation continue pour bien appréhender ces enfants en classe. Mhm? Voui, voui, quelques stages existent ici et là, mais c'est typiquement un truc que nous devrions tous suivre (bref, qu'on nous l'impose quoi !). Je vais être franche : moi, pour l'heure, je ne sais pas trop bien comment gérer et aider les dys- et les TDA et les EIP en classe (dans la classe dont je suis Prof Principale, j'ai 3 EIP dont un avec TDA/H ultra-pénible, au moins trois dys- différents, et au moins 2 avec de grosses difficultés sans diagnostic, oh et j'ai un élève presque sourd aussi) - bref, ça vaudrait plusieurs articles, ce que tu abordes !

    :)

    3
    Dimanche 18 Janvier 2015 à 14:51

    Lulette : "quoique, on peut se demander dans quelle mesure de nouvelles formes "d'éducation" dans notre société du "tout tout de suite" ne génèrent pas certains troubles - à développer, un autre jour, ici ou ailleurs" Le TDA/H est neurologique, donc la cause ne peut être éducationnelle. Cependant, l'environnement influence la façon dont on peut le vivre. Et je suis Plus que d'accord avec toi. Les enseignants sont livrés a eux même face aux enfants. Abandonnés avec une mission difficile. Aucune formation aux nouvelles pédagogie et encore moins de mise à jour.

    4
    Dimanche 18 Janvier 2015 à 14:52

    Eloïse : Merci de ton commentaire. U R  welcome !

    5
    Dimanche 18 Janvier 2015 à 14:57

    Oui, j'aurais dû utiliser le mot "accentuer" plutôt que "générer"  :)

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