• Je vais encore faire une note sur les coiffeurs.

    Je vais encore faire une note sur les coiffeurs.Encore une ? Pourquoi ça t'arrive souvent ?

    Souvent, non, mais régulièrement, en fait. Le truc, c'est que je n'arrive pas à comprendre comment ça existe encore, les coiffeurs. Pourquoi la profession n'a t elle pas disparu ? Pourquoi ne se terrent-ils pas dans des trous profonds, espérant, avec angoisse, qu'on leur pardonne un jour ? Pour faire court, j'ai aussi bonne opinion des coiffeurs que des garagistes et des banquiers. Mais je n'ai pas envie de faire court.

    Je prendrai comme exemple la dernière enseigne que j'ai fréquentée. Franck Provost. Super marketing, coiffeur des stars de père en fils, une espèce de medley entre la multinationale hip et l'entreprise familiale franchouillarde. 9 enseignes tenues par papa et les enfants. Mouais ! Dans la réalité, c'est une franchise comme toutes les franchises. C'est à dire que tout dépend du personnel du salon. Francky et son rejeton peuvent bien coiffer tout le paf, nous on se fait coiffer par Jennifer et Richard, c'est dire !

    D'abord, l'ambiance. Je pourrais mettre une photo, ce serait simple et efficace. Mais non, trop facile. Je vais vous demander de fermer les yeux... Allez -y fermez-les ! Imaginez !

    Sans blague ! Où est ce qu'on est éclairé comme ça ? Sur une table d'opération ! Ils ne sont pas fous ? Je comprends que les coiffeurs aient besoin de bien voir ce qu'ils font, mais ils ne sont pas tous presbytes !

    Maintenant concentrez vous sur ce que vous entendez. Hein ? Vous n'entendez rien ? Normal ! ATTENDEZ, JE PARLE PLUS FORT ! IL Y A TROP DE BOUCAN ! SORTONS DU SALON ! C'est normal de ne rien entendre. Il y a une horde de sèche cheveux en marche, couverts par le bruit d'une musique que je qualifierai d'actuelle, car c'est bien tout ce que l'on peut en dire. Lady Gaga, Pitbull, David Getta, nous brouillent l'écoute (attention contrepèterie) à qui mieux mieux. Par dessus cela nous avons le caquetage des employés et des clientes ! En dix minutes on se chope une migraine qui mettra deux jours à partir. Bon, je vous donne un casque avec réducteur de bruit, comme ça je n'aurais pas à crier pour me faire entendre. Prenez ces lunettes de soleil. Pas de raison de se faire mal aux yeux. Retournons dans le salon. Là nous avons affaire à une jeune femme, mal habillée, trop maquillée, et comble de l'angoisse, mal coiffée. Les cheveux plats et effilés trop bruns ou trop blonds, une mèche borgne sur une bouche dessinée au marqueur qui nous susurre quelque chose. PARDON ? JE NE VOUS ENTENDS PAS ! - Vous venez pour quoi ? (je ne vous referai pas le deuxième meilleur sketch de Bigard, le premier étant la chauve souris les autres sont tous à chier.) Des mèches et peur être une coupe. "Vous vous faites coiffer par qui ? (par un coiffeur, enfin j'espère) Non, j'ai dit que je résisterai !

    - ON M'A CONSEILLÉ LORENZO.  

    - Très bien Madame. LORENZO! TU VAS T'OCCUPER DE MADAME !

    - HEIN ?

    - TU VAS T'OCCUPER DE MADAME ?

    - QUI ?

    - LA DAME, LÀ !,  répond elle en me pointant du doigt. C'est déjà mieux qu'une fois précédente ou la donzelle m'avait décrite avec ses mots à elle. Souvenons nous que le français est une langue vivante, et qu'elle s'est toujours enrichie des particularismes régionaux et sociaux.

    Lorenzo ! Ma curiosité piquée par les commentaires d'une amie sur FB, a propos de sa dernière visite chez le coiffeur, j'avais réclamé Lorenzo, nouvel arrivé dans ce salon. Elle avait dit quelque chose a propos de son physique et de son charme en plus de son talent. Ah Lorenzo ! Je levais les yeux vers le fond de la salle, pour voir qui répondrait à l'hôtesse. Préjugés oblige, j'avais imaginé un minet, jeune et bien fait, et je fus un peu déçu de voir ce grand type très brun, barbe de trois jours (jusqu'ici, tout va bien)... mais sans charme. Quelques minutes plus tard, on vient me chercher, et on me demande une nouvelle fois ce que je veux. J'explique une nouvelle fois, mais de façon plus précise, j'ai affaire au coloriste, petit homme chauve (Auto cobayage ?). Nous sommes rejoints par Lorenzo. Ses yeux marron sans expression et trop rapprochés se posent sur moi. Sa bouche molle s'étire en un sourire fugace. Une caricature d'italien. Aldo Maccione serait fier de lui. Je réprime un sourire devant sa gestuelle. Il est plus sobre que son maitre, bien sur, mais on reconnait l'école. Quel baratineur avec ça ! Ma coupe ne l'intéresse pas du tout. "Vos cheveux sont sec ! Il faut faire quelque chose ! Et vos boucles ont besoin d'aide pour plus de ressort !" Mes boucles, besoin d'aide ? Il m'a bien regardé ? Il croit  que je ne le vois pas venir à essayer de me vendre une malle de produit ? Imbécile ! "Nous verrons cela plus tard. Dis-je d'un ton détaché. Revenons à la coupe que je veux!"

    Pendant ce temps là, Monsieur couleur me tartine les cheveux d'un produit malodorant et qui pique les yeux. Je bataille pendant un certain temps avec Lorenzo à grand renfort de photos et d'anecdotes sur mes cheveux. Je veux être la plus précise, je me montre exigeante, qui demande le plus aura peut être un minimum. Puis en attendant que les produits de coloration fassent effet, on me colle un magasine dans les mains.

    Je suis dérangée quelques minutes plus tard dans ma lecture Oh combien passionnante de Paris Match. Lorenzo me propose un café. Attention charmante, j'accepte et le remercie. Il revient avec et me le dépose devant moi. Je remercie derechef. Je viens juste de reprendre ma lecture qu'il m'interrompt à nouveau et me dit :

    "C'est Lorenzo qui vous offre ce café.

    Oui, merci....

    C'est moi, moi, Lorenzo qui vous offre ce café.

    ...

    C'est moi personnellement qui vous l'offre.

    Oh ! Pardon ! Merci ! C'est très gentil.

    C'est que maintenant c'est comme ça, parce qu'il y a beaucoup de monde, alors maintenant, voilà, c'est moi qui vous offre le café. Personnellement.

    Ok !  super ! Merci beaucoup, C'est très gentil."

    Ben ils sont radin les Provost ! Faire payer le café aux employés ! Manquent pas d'air ! Mes yeux tombent sur une coiffeuse qui regarde Lorenzo en se gaussant. Elle l'interpelle. Alors ! Tu ne m'en offre pas un à moi aussi de café ? C'est au tour d'une autre coiffeuse de s'y mettre, une troisième en réclame un pour sa cliente. Un peu plus tard, Lorenzo arrive les mains pleines. Il distribue les cafés. En fait, personne n'en veut, c'est une blague. Lorenzo n'a pas l'air contrarié. Il va les offrir à d'autres clientes. Un doute m’assaille. Il les paye vraiment, il se fait balader par tout le salon, ou c'est moi qu'il ballade ? 

    Monsieur chauve revient me voir. La mixture à fait son œuvre. Il interpelle Lorenzo. Voudra t-il rincer madame ? (pas d'image mentale, je vous prie) 

    Lorenzo m'invite cordialement avec superlatifs et circonvolutions a m'assoir aux lavabos. Il met une plombe à régler le fauteuil, en haut, en bas, devant derrière, puis les pieds plus haut, moins haut. Chaque fois le lavabo frotte ou cogne ma nuque. Ca y est, il commence a rincer mes cheveux. je m'en prends plein la figure. Ses gestes qui se veulent élégants ne sont absolument pas efficaces. Il arrose partout ! Il me soulève la nuque vivement puis du bout des doigts, vient me faire un pseudo massage sur le devant du crâne en prenant appuis sur moi. Ma nuque cède, je la repose contre le lavabo. Il me la soulève derechef et recommence. Je n'en peux plus ! Ça fait mal ! Stop !  C'est le pire lavage de cheveux avec massage que j'ai eu de toute ma vie. 

    Il m'installe un peu plus loin devant la glace pour la coupe. Il me redemande le modèle. Je lui ressort, lui redonne une explication rapide. Il prend son peigne, le plante dans mes cheveux et tire. Aiiiilllleeeeeeuuux! Il ne sait pas démêler les cheveux sans les arracher ? L'est con ! Ma tête ballote de tous les cotés en suivant ses coups de peigne. Je n'arrive pas à retenir ma tête, il y va trop fort! 

    Premier coup de ciseaux ! Oh putain le con ! 

    " - Attention ! Je vous rappelle que mes cheveux frisent !

    - Oui, ça remonte bien !" dit il. Sans blague ça remonte bien ! Voilà qu'il vient de me foutre en l'air 6 mois de patience pour me les laisser pousser ! Argh ! Je vais lui prendre ses ciseaux et les lui faire bouffer ! Après je les reprends et je les lui plante dans le cul, à ce con ! 

    Le voilà maintenant qu'il s'attaque au brushing. Il emmêle la brosse dans mes cheveux. Il tire un grand coup, et la fait tomber par terre ! Il tire sur mes cheveux tant qu'il peut. Il espère quoi, que ça les fera pousser ? A la fin, il me demande si je suis satisfaite. Poliment, mais un peu tendue, je lui répond que non. je passe sous silence le calvaire que je viens de vivre, mais je lui dit que ce n'est pas ce que je lui ai demandé, et puis c'est trop court. Il a le culot de me répondre : "Le style y est quand même." Je vais lui en coller du style, il va voir ! 

    "- Vaguement, peut-être ! Mais c'est beaucoup trop court. Et là, vous les avez lissé. Imaginez quand ils vont friser.

    - Oui, je me suis laissé avoir par votre frisure. Elle est plus importante que je ne l'avais imaginé. (ah ah ! elle n'a plus besoin de ressort, maintenant, hein, ma frisure !) Mais vous n'avez qu'a vous les lisser pendant 15 jours et ça ira. (je vais le tuer !)

    - A quel moment j'ai oublié de vous dire que j'avais un problème d'épaule et que je ne pouvais pas faire de brushing ? Quand je vous l'ai précisé au tout début ou quand je vous l'ai répété ? "

    Ah tiens, là il ferme sa gueule !

    Pas pour longtemps. Au moment de passer à la douloureuse, il veut me vendre un shampooing pour racines grasses un soin pour pointe sèche et... il va se le mettre au cul ses produits, et il va le faire tout seul avant que je m'en charge ! 

    - C'est bon, merci ! Je crois que l'on va en rester là.

    - 90€ Madame, je vous ai offert l'après shampooing.

    - Personnellement ? J'ai un bon de réduction.

    - Ça vous fera 80€, mais vous ne cumulerez pas de points aujourd'hui."

    Je n'en reviens pas ! Le comble de la mesquinerie. Vas-y Francky c'est bon ! Vas y Francky c'est bon, bon, bon... 




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  • Commentaires

    1
    Mardi 9 Octobre 2012 à 20:15
    namfarang

    "voudra-t-il rincer Madame" résonne sans cesse dans ma tête et ... 

    2
    AUDE DITE ORIUM Profil de AUDE DITE ORIUM
    Jeudi 11 Octobre 2012 à 11:10

    Coucou, Nam ! Ravie de te revoir !

    3
    Gueunesse
    Mardi 23 Octobre 2012 à 08:29

    Rohlala !  J'ai honnnnnte !!  Je n'ai eu droit à ses services que pour la coupe, pas pour le reste.  C'est effectivement catastrophique.  Prochaine fois que j'y vais, je demande à ne justement pas être prise en charge par lui.  Visiblement, j'ai eu droit au charme de son 2ème jour dans la boutique, alors que tu as eu droit à tout le reste : arrogance, orgueil, connerie... et incompétence totale !  Je suis désolée de t'avoir balancée là dedans...

    4
    AUDE DITE ORIUM Profil de AUDE DITE ORIUM
    Mardi 23 Octobre 2012 à 15:16

    Gueunesse, Ne sois pas désolée. Tu n'es pas responsable, et puis ce n'est pas très grave non plus. 

    Bisous

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