• Lâcher prise, rester calme, s'abandonner et se donner.

    Voilà des mots magiques des mots d’aventure, plus surement qu’un billet d’avion pour l’autre bout du monde. Un voyage d’intérieur en extérieur, le parcours d’une vie.

    Je m’extasiais hier devant la pureté des chorégraphies de Pina Bausch. Je me disais que ce devait être difficile, d’être un de ses danseurs. Elle proposait des choses qui devaient avoir l’air fou, vu de l'intérieur. Imaginez "Tu marcheras et lui, il te mettra des branches sur toi. - Ok ! tout va bien Pina ! Y a pas de problème." Ils racontaient : « En 20 ans, la seule chose qu’elle m’ait dite,  c’est « tâche d’être un peu plus folle. » Vous imaginez le sentiment d'abandon qui peut en découler ? Une réflexion en 20 ans ? ; « Danse pour l’amour » Ben oui, et je fais ça comment ? ; « Continues de chercher » Ok, je continues, et une direction dans laquelle je peux chercher... non ?" Je m’imaginais, à la place de ces danseurs, entendre ces phrases dans des moments de fragilité que sont la création. Comment aurai je réagit, moi, dans pareille situation ? Si je me réfère à mon expérience, je me demande si j’aurais tenu le coup. Évidemment je n’ai pas travaillé pour des génies, j’ai même travaillé pour de vrais cons. Mais, est ce que j’aurais su faire confiance ? Me connaissant, je me dis que je me serais je pris la tête, j'aurai réfléchi jusqu’à la migraine, pour finalement ne rien trouver que le doute et le désespoir. Quel gâchis cela aurait été ! Alors qu’il suffi de lâcher prise, rester calme, s’abandonner, et se donner. C’est beau hein ? Moi quand je dis ces mots, j’en ai des frissons.

    Il y a quelques extraits, dansés en extérieurs qui, je trouve, reflètent bien cet état

    Quand on est un artiste, un danseur ou un comédien, un musicien, que l'on travaille avec un metteur en scène, un chorégraphe, un chef d'orchestre, on met son corps et son âme entre les mains de cette personne. On renonce à son esprit critique, son individualité, et on s'en remet à elle. Il faut avoir une confiance absolue pour faire ça. Il faut avoir une confiance absolue en l'autre et en soi. 

    Hier, quand j'ai regardé ce film de Wim Wenders, j'ai vu à côté de quoi j'étais passé dans ma vie. Je vous entends dire : "oui, on ne peut pas faire confiance à tout le monde ! Mais faut il ne faire confiance à personne ?

    Je ne fais pas beaucoup confiance aux gens. ou plutôt, je fais confiance, puis plus, puis encore. Je fais parfois confiance sans raison, à des inconnus, parfois je retire ma confiance à des amis de longue date.

    Il faut mériter la confiance ! Oui, certainement... dans bien des cas... Mais a un moment donné, il faut savoir faire confiance, juste ça.

    Quand on se pose la question de la confiance, il est presque déjà trop tard. Soit on fait confiance, soit on ne le fait pas. On peut toujours faire une enquête de voisinage, on entendra les pour, les contres, et à la fin, faudra s'en remettre à soi. Se faire confiance, pour être capable de prendre le risque de se tromper. Parce qu'on ne peut pas connaitre l'avenir. On ne sais pas si ça va marcher, si telle ou telle aventure sera bénéfique ou néfaste, si tel ou tel partenariat sera source de bonheur et d'épanouissement ou au contraire nous mènera à notre perte. Et il y a une chose qui est certaine, sans confiance, on ne peut pas avancer. On ne peut pas travailler avec un metteur en scène, un chorégraphe, un prof en qui on n'a pas confiance. Alors il faut prendre la décision, et quand elle est prise, remettre sa volonté entre les mains de celui ou celle qu'on a choisi et le (la) suivre, quelles que soit les difficultés. 

    Lâcher prise, rester calme, s'abandonner et se donner.

    Heureusement pour moi, il n'est pas trop tard. Il n'est jamais trop tard.


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  • Commentaires

    1
    Samedi 28 Septembre 2013 à 23:24

    Le plus beau cadeau, le plus périlleux aussi

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