• Mes-aventures de salle de bain.

    Mes-aventures de salle de bain.Il était une fois, il y à très très longtemps, (il y a presque 5 mois) un mur de salle de bain qui commençait à fondre. A fondre ? Oui, comme du sucre dans de l’eau. La peinture, les sous couches et le plâtre coulaient en rigoles creuses. Inquiète, j’appelais le prince charmant (le gardien de l’immeuble).

     

    «- Ha ben… j’peux rien faire moi ! Faut appeler les services techniques. »

    J’appelle donc les services techniques.

    « - Bonjour, je suis Aude Dite Orium, le mur de ma salle de bain, au dessus de la baignoire, est en train de couler. Vu l’état, je pense qu’il faudrait mettre de la faïence.

    - Mais vous n’avez pas de carreaux ?

    - Si, mais sur 40 cm. Et quand on prend une douche, forcément, ça dépasse !

    - Ha mais oui, mais c’est pas fait pour ça !

    - Vous pouvez préciser votre pensée ? Une salle de bain, c’est bien fait pour se laver, si je ne m’abuse…

    - Ha ben oui mais c’est pas fait pour prendre des douches !

    - Donc, si je vous suis bien, je vous dit que le mur au dessus de la baignoire coule, et vous me répondez de prendre un bain.

    - Madame, 40 cm, c’est la hauteur réglementaire. Si vous n’avez pas le bon usage ce n’est pas de notre faute.

    - Vous rigolez ? En attendant, c’est votre mur qui s’altère et c’est de votre responsabilité de réparer. De plus, les 40 cm de carreaux sont dans un état déplorable. La peinture qui les recouvrait coule elle aussi, et je doute que les joints soient encore étanches. Vous êtes certain de vouloir laisser une femme avec ses enfants dans un logement insalubre ?

    - Bon, écoutez, je vais le dire au chef et il passera constater.

    - Qu’il constate, oui, c’est un début.

    Puis … rien. Une semaine se passe, puis deux, aucune nouvelle. Je rappelle donc. Je tombe là sur une femme qui prend note de ma demande, et transmettra le message. J’ai l’impression que ça va trop vite. J’en ai la tête qui tourne. Tout s’accélère quand une semaine plus tard (oui, c’est de l’ironie), le lavabo de la salle de bain tombe. Oui, poum, par terre. Évidemment, c’est un samedi à 22 :30, sinon c’est pas drôle.

    Viiiite ! Viiite ! couper l’eau !

    Lundi matin, l’empereur, sa femme et le p’tit Prince… non, JE téléphone aux services techniques et je leur compte ma mésaventure. Je tombe sur une femme qui me passe un homme.

    « - Bonjour, je suis Aude Dite Orium, (oui, je suis internationalement connue, c’est bien connu) ,  Le lavabo est tombé… oui, le lavabo dans la salle de bain… oui… l’évier c’est dans la cuisine! L’évier de la salle de bain, voilà, si vous voulez ! »

    Il a noté, Il transmet. Bien…

    Le lendemain matin, fortuitement, le gardien accompagne un ouvrier jusqu’à ma porte pour réaliser des travaux… dans le salon.

    -« Ha ben non, ce n’est pas chez moi, mon salon va très bien, merci, mais par contre c’est ma salle de bain qui est malade. Entrez vite Docteur.

    Il constate. S’insurge ! Mais comment donc ? Ils n’ont encore envoyé personne ? C’est dingue ! Inadmissible !

    Je suis bien d’accord mon cher monsieur. Vous proposez quoi ?

    Je vais les appeler et leur dire parce que vraiment !!!

    Faites donc ! Faites !!! Voilà mon téléphone !

    - Non, j’ai le mien, ils vont m’entendre !

    (Je croyais qu’il ne pouvait rien faire ? Fermer ma gueule, ne jamais décourager un homme de bonne volonté) Le voilà qui appelle. Il fait un numéro d’employé outré très convaincant.

    « - C’est pas possible de laisser une pauv’ femme dans ces conditions ! Vous ne vous rendez pas compte ! Heureusement que je suis passé la voir ! Heureusement qu’il y en a qui se bougent ici ! C’est pas possib’ C’est une honte ! Bla bla bla … » J’y croirais presque.

    Il a constaté, transmis, il s’en va. Bien…

     

    À La veille de Noël, mais quand je dis la veille, c’est donc le 24 au matin, se pointe un ouvrier. Ha ben… heureusement que je ne bossais pas ce jour là ! Parce que me prévenir, non, ça… c’était trop complexe à organiser.

    Le jeune homme, 2 neurones 2 de tension, se dirige à pas comptés dans ma salle de bain. Il constate. Plus tard, la connexion se fait. Il n’a pas les outils pour réparer. Silence… Méditation… Il respire. Je sens les rouages de son esprit… Il prend une décision : Il va chercher ses outils dans le camion. 3 ou 4 voyages plus tard, il a enfin l’équipement nécessaire… ou presque. Il remet en place le lavabo. J’en profite qu’il se tourne pour lui montrer au passage les problèmes de mon mur, de ma baignoire qui fuit, du joint qui se décolle. Comme il a du joint avec lui, il fait le joint autour de ma baignoire. Je l’encourage vivement à constater, et à transmettre. Miracle de la science et de la technologie, il a un téléphone sur lui, il appelle son chef.

    « - Chef ! Je suis chez une dame là… ... Salle de bain … … Ca va pas !!! Rien … Tout !!! ...Uais ! Faut faire quekchoz ! … Uai !  … Ben… Euh… Le mur …

    Je l’aide un peu :

    - La peinture du mur de la baignoire cloque et coule.

    - La peinture de la baignoire elle coule.

    - Les joints de faïence sont morts

    - Les joints y sont morts

    - La baignoire fuit autour de la bonde.

    - La quoi ?

    - La bonde. Ca là.

    - Ha ok ! (puis au téléphone) La bonde… la bonde, j’te dis ! Tu sais pas c’que c’est ? Le bouchon quoi ! 

    Miséricorde !

    - Y a dit qu’il allait venir voir, M’dame ! Mais après Noël !

    - Fort bien ! Fort bien !

    Noel passe, et puis la chandeleur et puis pâques.  Pendant cette période, j’ai appelé les services techniques qui m’ont dit qu’il y avait eu une commande de faite, qu’il fallait que je prenne rendez vous directement avec l’entreprise. Ce que j’ai fait 2 fois par semaine, jusqu’à la semaine dernière ou j’ai enfin obtenu un rendez vous. Je n’ai pas précisé que, méfiante, j’avais demandé quel genre de travaux étaient prévus. Il m’a fallu à peut près une dizaine de coups de téléphone et une dizaine de jours pour obtenir une réponse. Ils allaient monter la faïence. La baignoire continuera de fuir, donc.

     

    Ce qui nous amène à hier matin où, un jeune homme fringuant arrive avec ½ heure de retard, sans excuse et sans matériel. Après quelques allers et retours, il fait tomber les carreaux et constate (c’est fou comme ils constatent bien tout ces gens !) qu’en dessous le mur est pourri et humide, le plâtre se casse la gueule. Oh ! Sans blague ! Que je suis étonnée !

    On est pas des sauvages, pendant qu’il bosse on papote, je le fais parler, lui propose une boisson pendant sa pause clope. Il me raconte, qu’il n’est pas carreleur, mais soliste (celui qui fait les sols, pas de la musique en solo), et que s’il est là, c’est que le carreleur ne voulait pas venir dans le quartier. Mais bien sur ! Tout va bien.

    « - Le chef à gueulé, mais l’vieux, l’a rien voulu savoir. L’est à 4 jours de la retraite, faut pas le faire chier. C’est pas une perte, parce qu’avec lui, y serait resté trois jours. L’a fait son temps l’pauv’ vieux ! Place aux jeunes !

    Ok !

    - Demain y a un collègue qui va prend’ la suite ! Vous inquiétez pas m’dame ! »

    Ben si, je m’inquiète, là, en fait.

     

    Ce matin, un ouvrier arrive pour prendre la suite. Donc, si je ne m’abuse, ça veut dire refaire le mur. Donc : une journée pour le rebouchage, une journée de sèche, une journée de pose de carrelage, une journée de sèche, une journée de mise de joints, une journée de sèche, je pourrai donc me doucher dans 6 jours ! Youhoo ! Galère, mais faut ce qu’il faut !

    Le monsieur qui est là, est carreleur, pas maçon. Donc il fait des carreaux, pas du plâtre… donc il rebouche les trous, remplace le plâtre à la colle, logique. Il en pose presque 2 cm d’épaisseur, et place directement les carreaux dessus.

    On est pas des bœufs, je lui propose un café, le fait parler… Lui, c’est un intérimaire. Ils l’ont envoyé là, parce que les vieux, ils vont pas sur ces chantiers là.

    « - Ha oui, pourquoi ?

    - Parce que c’est la merde. Et puis ils s’en foutent. Ici, y a que des étrangers qui habitent, ils comprennent rien. L’autre fois, y a une dame, son papier peint il se décolle dans la salle de bain. Vous savez pas c’quils lui ont dit ?

    - Non …

    - Que c’était parce qu’elle respirait trop fort.

    - Oh la vache ! On dit bien « Avoir une haleine à décoller le papier peint, mais là, quand même ! »

    - C’est une expression ?

    - Oui…

    - Ha d’accord ! En fait, c’est pas une fausse excuse ! Ils se sont foutu de sa gueule ! direct’ !

    - Et … Ils lui ont refait le papier peint ?

    - Non ! »

     

    A 14 :30 il s’en va. Demain, à l’aube, à l’heure ou blanchi la campagne, son collègue viendra faire les joints. Ca va être beaucoup plus rapide que prévu…

    Mais... est ce bien raisonnable ?


  • Commentaires

    1
    Jeudi 24 Avril 2014 à 09:35

     

    Bonjour
    Mon association « J’attends donc je lis »  propose de publier des textes courts 5 fois par an. (Gratuitement, bien sûr !)
    Vous pouvez tenter votre chance à notre petit concours en proposant vos propres textes à cette adresse:

     


     http://jattendsdoncjelis.unblog.fr/

     


    Cordialement

     

    Sabine, la présidente

     

     

     

    2
    Dimanche 27 Avril 2014 à 23:32

    Wép ! Perso, ça fait un moment que j'observe que le métier de constatologue a le vent en poupe ...

    Moi, je ne suis qu'observologue, mais franchement, si c'était à refaire ...

    3
    Lundi 28 Avril 2014 à 20:50

    Biscar de siècle, effectivement je constate que tu n'as pas tors. :P

     

    4
    yayie
    Mardi 29 Avril 2014 à 14:35

    et bien, j'ai bien fait de venir lire ce que tu écris. je vais pas m'ennuyer, je pense.

    alors ? 6 jours après cet article, ta salle de bain en est où ?

    5
    Mardi 29 Avril 2014 à 14:38

    Merci.

    Coût du constat : 599,99 € payable à réception de la facture.

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