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    News,Ma capsulite : 

    Ca va mieux, je peux porter mon plateau télé à deux mains. Je peux écrire sur mon ordi quand il est posé sur une table, je peux porter mon ordinateur dans un sac à dos, reposant sur mes DEUX épaules. Les séances de kiné me font beaucoup de bien. Deux fois par semaine, elle débloque, détends mon corps qui se replie sur lui même. Les jours fastes, on fait de la rééducation. Des petits mouvements, hausser les épaules, baisser les épaules... Mon traitement m'est totalement indispensable. Un matin j'ai oublié de les prendres, j'en ai souffert pendant deux semaines. Si je suis prudente, je peux passer une journée sans avoir mal. Je ne dors toujours pas, mais je ne suis pas certaine que ma capsulite soit la seule responsable. Je suis donc épuisée.

    Le travail :

    Depuis trois ou quatre semaines, je me déplace pour travailler dans les bureaux de la boite de production plutôt que de rester à la maison. Presque trois heures de transport par jour, mais qui sont largement compensées par la qualité de mes journées. Je travaille plus et mieux. Bien sur, comme je suis moi, après trois jours d'euphorie, m'enthousiasmant devant mon évolution, j'ai recommencé à avoir peur. Je veux avancer plus vite, écrire mieux, plus précise, plus drôle, avoir de meilleures idées. Je fais des progrès mais je les trouve insuffisants. J'ai peur que mes employeurs partagent mon avis et m'oublient. J'ai peur de ne pas enchainer les productions et de me retrouver encore à la maison a rêver d'un avenir meilleur et à culpabiliser de ne pas participer suffisamment à l'entretien de ma famille. Parce que la maison a beau être impécable, la cuisine appréciée, le linge toujours propre... ce n'est pas suffisant. Quelle importance que le frigo sente bon et soit bien rangé s'il est vide. Et puis il y a ce regard dans le miroir que je crains et devant lequel je plie.

    Mon passé :

    Me rattrape. Je n'ai jamais voulu le fuir, lui tourner le dos, mais le remettre à sa place, c'est à dire derrière moi. Depuis un certain temps, j'ai recommencé à fouiller l'écheveau et déméler les noeuds. Je ne fais pas ce travail seule. J'ai beau être prudente, je ne contrôle pas tout. Il y a des choses qui doivent remonter à la surface, qui le veulent afin d'être désintégrées, mais elles sont extremement douloureuses, et menacent de me désintégrer en même temps. Puis des évenements indépendants de ma volonté déclenchent des retours de feux devant lesquelles je me sens impuissante, cette impuissance me terrorise, m'épuise, me lamine. Mes insomnies sont peuplées de fantômes sans nom et de menaces non identifiées.

    Je devrais aller me coucher, demain je vais être fatiguée et une longue journée m'attend. je regarde la (bonne) pendule sur le mur, immédiatement je me sens oppressée, tant par la culpabilité que par l'idée même d'aller me coucher. Je suis envahie par l'immobilisme et je trompe l'angoisse en écrivant ici ce soir, regardant des reportages animaliers hier, surfant sur le net une autre fois, jusqu'à épuisement total ou que la main qui m'écrase, lâche soudain  son étreinte. Alors je me lève doucement et sur la pointe des pieds, je me glisse furtivement dans mon lit, en silence à l'extéreur et à l'interieur de moi-même.

     


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  • Commentaires

    1
    Magasine
    Samedi 26 Novembre 2011 à 20:00

    Courage !  Un jour l'Auditorium sera plein de gens que tu connais et qui seront là pour toi, tu pourras les regarder en face sans ciller et leur parler sans crainte.  Le chemin est long, mais tu es dessus et dans la bonne direction.  Contente que ta capsulite soit moins bruyante, que le boulot te fasse flipper de la bonne façon, et que tu ne te sentes plus seule à faire le ménage dans tes placards.  Et Bouldpwal et moi sommes là à toute heure.  Des bisous !

    2
    AUDE DITE ORIUM Profil de AUDE DITE ORIUM
    Dimanche 27 Novembre 2011 à 02:05
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