• Petite Histoire ...

    Voici la suite d'un feuilleton que j'ai commencé, il y a longtemps. Pour vous remettre l'histoire en tête , cliquez ici : Petite histoire.

    La semaine qui suivi, j’appelais Vincent à son travail, et lui proposais de se faire une toile avec moi. Pas disponible, trop de travail. J’attendis une semaine, et renouvelais ma proposition : même réponse. Je commençais sérieusement à douter de mes chances. Je savais, par expérience que son travail le prenait beaucoup, mais je le connaissais aussi suffisamment pour savoir qu’il sortait souvent et que refuser, deux fois de suite, une sortie, n’était pas anodin. Je me décidais donc à laisser un long laps de temps avant ma prochaine proposition, au moins un mois. Quelle ne fut pas ma surprise quand, quelques jours plus tard, c’est lui qui me rappela pour m’inviter à dîner.

     « Attends, je regarde mon agenda. Quand, tu dis ? Vendredi ? Ok. Pas trop tôt hein ! Oui, ok, on se donne rendez-vous là bas. »

    Le jour du rendez-vous, je me dépêchais de rentrer chez moi me faire belle, divine, juste ce qu’il faut. Je me décidais pour une robe à froufrous beige et vieux rose, des collants opaques kaki, une paire de botte à talons, très très hauts et qui me faisaient des jambes immenses. Délicatement maquillée, accessoirisée, « coiffée décoiffée, j’ai pas eu le temps de rentrer chez moi ». J’enfilais mon vieux perfecto, celui de mon époque « j’crains dégun, j’veux faire d’la moto », partis précisément en retard.

    Arrivée au restaurant, pff ! Misère. Ce n’était pas le « tête à tête » tant espéré. Ils étaient assis au fond de la salle, Vincent, Guillaume et une très belle, très jeune et très détestée blonde, inconnue au bataillon, et deux chaises vides. J’inspirais un bon coup, me précipitais sur Guillaume, l’embrassais chaleureusement, lui confiais à voix basse, vite fait, les derniers potins, m’extasiais sur la charmante demoiselle qui s’appelait Vanessa, Blonde et Vanessa, je failli en rire, collais une bise propriétaire sur la joue de Vincent et m’affalais en face de lui.

    - « Ouf ! Je suis en retard, désolée, petite réu impromptu avec le big boss !

    Guillaume : -«  des soucis ? »

    Moi : « Non, des bla bla. Tu sais comment il est. Avisant la chaise à coté de moi : Mais je ne suis pas la dernière ! On attends qui ?

    Vanessa : Mon frère, il gare la voiture.

    - La voiture ? Vous venez de loin ?

    - Du Vésinet.

    - Le diable Vauvert !

    - Oui, un peu. On est allés rentre visite à mes parents.

    - Vos parents ? Vos parents ne sont pas ses parents ? Lequel des deux a été adopté ?

    - Non, Heu, nos parents.

    - Ah la famille ! »

    Voilà comment on se fait une ennemie en moins d’une minute. Je ne demandais pas qui était sont frère, j’enchaînais en parlant boulot avec Vincent sans plus lui prêter attention. Nous choisîmes nos apéritif, et je passais commande au garçon qui se présenta dans mon dos, quand jetant un regard par dessus mon épaule je réalisais que je m’adressais à … Paul !

    - «  Paul ? Encore toi ! Mais tu es partout. Il me souris tendrement et me présenta sa sœur.

    - Vous avez faits connaissance ? Ma petite sœur, Vanessa. Elle est en France pour deux jours alors je l’emmène partout.

    - Et que fait ta sœur, pour ne pas vivre en France, comme tout le monde ?

    - Mannequin.

    - Belle comme elle est, j’aurais du m’en douter. » Ne pas reconnaître la beauté d’une femme quand elle est criante, c’est passer pour une grincheuse.

    « - Vanessa, je te présente Lyubia.

    - Oui, je m’en doute.

    - Tu t’en doutes ? Comment ça ?

    - Il n’arrête pas de me parler de toi. Ce soir c’est « guets-apens ». Voici Guillaume et Vincent, les rabatteurs, moi je joue le rôle de la caution morale, enfin je crois. »

    Je restais sans voix, regardais incrédule, tour à tour, Vincent et Guillaume, le nez dans leurs chaussettes. Paul coupa le silence.

    « - Tu prends un Martini blanc, c’est ça ?

    - Heu, non, là je vais prendre les jambes à mon cou. Vincent, Guillaume, merci. Vanessa, ravie de t’avoir rencontré. Ce fut bref mais intense. »

    Je me levais, attrapais mon sac et me levais. Paul me rattrapa par le bras.

    « - Lyubia, non, attends. Je suis désolée, c’est de ma faute.

    - J’avais bien compris. Je filais sans demander mon reste. »

    J’étais archi-furieusearchi-furieuse ! « Espèce d’enfoiré ! Traître maudit ! M’inviter au resto pour me coller dans les bras d’un autre ! Alors celle-là, on ne me l’avait encore jamais fait ! Quand à Guillaume, Guillaume ! ! ! Je lui réserve un chien de ma chienne a cette charogne ! Ce… Cet … Je vais le tuer !

     Je n’étais pas dans mon taxi depuis deux minutes que mon téléphone sonna. D’abord un numéro inconnu, et bien qu’il le reste, je ne suis pas d’humeur. Ensuite, Guillaume. Je décrochais et ne lui laissai pas le temps de parler. « Espèce de salope sans vergogne ! Je te confie mes plus petits secrets, et toi, vermine, tu me fou dans le pétrin ! Je ne veux pas le savoir ! Tes excuses bidon ne m’intéressent pas ! Quoiqu’il en soit, tu aurais pu me prévenir ! Tu connaissait mes intentions, tu m’a trahis, putride ! » Et je raccrochais. « Ah ! ça fait du bien ! »

    Arrivée devant chez moi, je m’arrêtais chez « Majid », le dévalisais et passais le reste de ma soirée devant une téléconnerie, à m’empiffrer de rillettes, saucissons, bonbons en tout genre avec du coca pour faire passer le tout.

     

    Le lendemain matin fut douloureux. L’excès de gras et de sucre me donnaient l’impression d’un lendemain de cuite, sans la cuite.

     

    Je dois avouer que je me sentant assez humiliée je décidais de mettre un peu de distance entre mes « amis » et moi. Me plongeant dans le boulot, je rentrais très tard tous les soirs. Je ne donnais pas de nouvelles, personne ne m’en demanda. Ou, en tout cas, mon répondeur ne m’a pas transmis les messages. Puis ce fut l’été, les bureaux à moitié vide, les vacances. Je partis trois semaines.


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