• Petite histoire (suite)

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    paris_plageA mon retour, après de bonnes vacances et quelques jolis cœurs bronzés, j’avais presque oublié l’incident. La veille de ma reprise de boulot, je reçu un coup de fil inattendu : Sybille ! Sybille était mon amie d’enfance. On s’était rencontré sur les bancs de l’école, en CE2. Notre institutrice, jeune, et pleine de bonne volonté, avait disposé sa classe en petit groupe. J’avais à ma table Sybille, Matthieu et Philippe. L’institutrice à son grand dam, avait ainsi provoqué une amitié qui dura toutes nos années d’enfance. On lui en fit voir de toutes les couleurs, a elle, et a tous ceux qui passèrent entre nos mains. Matthieu et Philippe furent envoyé en pension à l’entrée en sixième, Sybille et moi continuâmes de sévir jusqu'à la fin des années collèges. Puis ses parents la mirent, elle aussi, en pension. Nous nous perdîmes de vue, jusqu'à ce que nous nous retrouvions, des années plus tard, dans la rue, un jour de manif. Nous ne manifestions ni l’une, ni l’autre. Devenue journaliste, elle couvrait l’évènement, et moi, je m’étais retrouvée bloqué là, par hasard, n’ayant comme à mon habitude pas écouté les actualités. Nous nous étions tombé dans les bras, et oubliant l’une et l’autre nos impératifs nous avions parlé, toute la nuit, éclusant les bars. Nous nous étions retrouvé comme si nous ne nous étions jamais quitté. Depuis ce temps, nous nous voyions de façon épisodique. Son métier l’amenait à quitter régulièrement le sol français, souvent pour plusieurs mois. Quand elle était à Paris, et qu’elle avait du temps, elle m’appelait. Chaque fois nous nous retrouvions comme si nous nous étions quitté la veille.

    « Allo !

    - Lyubia ?

    - Sybille ! Dans nos mur ? Pour combien de temps ?

    - Je repars demain. Tu ne bosses pas aujourd’hui ?

    - Non, je suis en vacances jusqu'à demain.

    - Cool ! Je te retrouve chez toi dans une demie heure.

    Une demie heure elle était là, splendide comme toujours, et comme toujours je fus surprise par sa taille. 1m80, cheveux courts, habillée d’un jeans et d’un t-shirt blanc, un grand sac a l’épaule, bronzée, athlétique, parfaite. Elle entra dans mon salon, jeta négligemment son sac près du canapé et s’y affala de tout son long.

    « - Alors, quoi de neuf, ma belle ? Toujours pas mariée, pas de polichinelle dans le tiroir ?

    - Et toi, toujours par monts et par vaux, par de beaux brun pour te retenir par chez nous ? »

    Phrases rituelles que l’on se disait à chaque rencontre. Puis on se disait tout. Enfin, surtout moi. Elle me racontait quelques anecdotes ramenées de ses lointains voyages, sans jamais me parler d’elle vraiment. Je la laissais à ses mystères. Je ne me sentais pas le droit de l’interroger sur ce qu’elle n’avait pas envie de partager. C’était ça notre amitié, depuis l’âge de huit ans. Je me racontais sans pudeur, elle me racontait des blagues. Je lui parlais, évidemment de ma mésaventure d’avant l’été.

    «  - Ma pauvre chérie. Tu as vraiment décidée de te maquer, toi.

    - Pour de vrai, j’ai bien envie d’avoir des enfants.

    - Tu as le temps, non ?

    - C’est ce qu’on dit toujours jusqu'à ce qu’on ne l’ait plus. J’ai 36 ans, et pas de beau parti en vue. Le temps que ça se fasse, je n’aurais plus l’âge d’avoir des enfants. Il est temps que je me case !

    - Tu veux un homme, un père pour tes enfants ou un géniteur ? Parce que si tu veux juste des enfants, un géniteur, ce n’est pas difficile à trouver !

    - Tant qu’a faire j’aimerai un trois en un.

    - Et avec ça, t’es pas difficile ! Et l’autre, là, Paul, c’est ça ? Tu l’as revue ?

    - Non, pas de nouvelle. Mais je n’ai pas cherché à en avoir. C’est Vincent que je voulais, pas un pris de consolation.

    - Il était si moche que ça ?

    - Dans mon souvenir, pas moche du tout, au contraire.

    - Ben alors, il était con ?

    - Non plus, juste un peu collant. Et puis je n’aime pas les guets apens !

    - En même temps, si tu n’avais pas eu Vincent dans le collimateur, tu l’aurais certainement trouvé délicieusement audacieux.

    - Peut-être.

    - Pas peut-être, c’est sur ! Telle que je te connais tu l’aurais trouvé romantique. De toute façon, tu n’as rien perdu ? Vincent, tu sais ce que j’en pense. Il fait un très bon copain, mais ce n’est certainement pas le mari idéal. Et puis je me demande comment il a fait ses deux enfants, a mon avis, c’est un homo qui s’ignore.

    - N’importe quoi !

    - Son ex-femme ressemble à un rugby man !

    - T’es méchante !

    - Quoi, c’est pas vrai ?

    - Si, mais quand même, ca ne veut rien dire.

    - Tu as raison. Cependant, ma chère, je suis certaine, mais alors, a cent pour cent, qu’il va finir par virer sa cuti. Et franchement, je n’ai pas du tout envie qu’il te trompe avec un homme. Tu ne t’en remettrais pas.

    - Tu dis vraiment n’importe quoi. Cependant, ma chère, tu reviens d’un voyage étrange, je te pardonne donc tes divagations. Mais n’abuses pas de ma générosité.

    - Tu paries combien ?

    Je changeais de sujet. Cette conversation m’appris que je n’avais pas avalé la pilule, comme l’avait fait Sybille, je me demandais de quoi j’avais vraiment envie. Un homme, un père ou un géniteur.


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