• Polyamour

    PolyamourIl me semble qu'a force de justifier la légitimité du polyamour, on fini par enfoncer des portes ouvertes. Oui, une relation quelle qu'elle soit, implique une phase ou l'on fait connaissance. Oui, partir du principe que l'on va tomber amoureux parce que l'on fréquente des polyamoureux est idiot, se forcer de tomber amoureux, absurde, etc., on va pas tous les faire.

     

    Par contre redéfinir le mot amour me paraît intéressant. Oui, qu’est ce que l’amour ? (Je précise que je suis consciente qu’il y a une définition par personne… bla bla bla) Je poserais d’ailleurs plus volontiers la question : « Quelles sont les amoures ? »

    Pour ma part, je pense que « polyamour » induit forcément une relation d’amour. Cela ne veut pas dire que les protagonistes vont forcément tomber amoureux, mais qu’ils s’en laissent la possibilité, même s’ils le sont déjà ailleurs (contrairement aux relations monogames, non mensongères évidement). Et le mot est lâché : « mensonge », à soi, aux autres, par omission… Se taire, pour ne pas faire de peine, pour arriver à ses fins… Dire les choses vaguement, entre deux portes, croire que si on les a dites une fois, c’est valable pour toujours, avec plus ou moins de bonne foi ; se contenter d’a peu près, en croisant les doigts, pourvu que ça passe et advienne que pourra… Quand le mensonge habille la lâcheté, la négligence, l’indifférence, ce n’est pas de l’amour. Quand le mensonge revêt le costume de la séduction intellectuelle ou sexuelle, il devient manipulation.

    Je ne suis absolument pas en train de remettre en question le polyamour dans sa globalité, ni d’accuser les polyamoureux dans leur ensemble d’êtres des pervers narcissiques (il doit bien y en avoir, comme de gentils agneaux). J’interroge un concept, et je suis d’ailleurs ravie de voir (comme le signale si justement Tamarisk Eicher) qu’il y a débat, que chacun y va de son expérience et de ses réflexions, sans que cela prenne des tournures de règlement de compte, avec son lot de trolls. C’est plutôt bon signe.

    Je tiens à préciser aussi, que je ne pense pas que le sexe, c’est sale. Enfin si, mais c’est bien aussi quand c’est sale. (C’est une autre question). Je dirais qu’il est tout à fait envisageable qu’une personne ait des rapports sexuels avec un tiers, sans amour, juste pour le plaisir du sexe. Je suppose même que les « polyamoureux le peuvent aussi. (Après tout ce sont, tous, hommes et femmes des êtres humains, n’est ce pas ? ;) ) Alors deux questions s’imposent à moi. 1) Est ce que cela rentre dans la définition même du polyamour ou dans celle de l’union libre ? 2) Si les partenaires du polyamoureux ne sont pas au courant, est ce du polyamour ou de la tromperie ? (Dans le cadre, bien sur où les protagonistes se sont mis d’accord sur le fait qu’ils devaient être francs les uns avec les autres, et assumer ouvertement leur poly… amour, baise…

    D’ailleurs, n’est ce pas ça, d’abord être polyamoureux ? « Assumer ouvertement » ? S’il n’y a pas de mal, pourquoi cacher ? Et pourquoi vouloir tout faire rentrer sous un seul chapeau ? Est ce une communauté, une secte, une philosophie, ou une possibilité ? Y a t il une carte de membre ?

    Je me plait à imaginer que le polyamour est une aventure, pas seulement à vivre avec les autres mais aussi avec soi même, car, s’il est probable que nous ne soyons pas des êtres monogames par essence, il ne faut pas non plus faire fi de notre nature profonde, c’est à dire, des êtres possessifs, jaloux, que nous sécrétons des hormones « d’attachement » pour assurer la pérennité de l’espèce et autres joyeusetés animales. Que notre société est patriarcale et qu’encore de nos jours, une femme qui assume ses désirs et son cœur, qui à la prétention de s’appartenir, est trop souvent considérée comme une salope. Que beaucoup d’hommes ont encore chevillé au corps que les femmes sont sur terre pour les servir (reproduction, sexe, soin, etc). Et beaucoup de femmes ne trouvent de sens à leur vie qu’au travers d’un homme. etc. Autant de concepts ennemis du polyamour. Notre spécificité humaine nous permet de penser, de réfléchir, de rêver à d’autres possibles. Encore faut il voir un peu plus loin que le bout de son nez, et travailler à une plus grande maturité affective. L’état du monde nous montre bien à quel point nous sommes primitifs en réalité. Nier ce que nous sommes ne nous fait pas avancer, s’y arrêter non plus. Vivre en polyamoureux, semble requérir une forme de rigueur envers soi, une soif d’honnêteté, une volonté farouche de respect. Comme nous ne sommes que des humains, c’est le boulot d’une vie, faite de mille essais. Un chemin semé d’embuches où il ne faut jamais renoncer à son intégrité et a celle de l’autre. Sinon, ça ne serait qu’un discours de post soixantehuitards, ou la libération sexuelle (amoureuse) n’est qu’une arnaque de bas étage, servant à justifier des comportements égotiques et pervers.


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :