• Pour en finir avec la prostitution.

    Je viens de lire un article à propos de la pénalisation de la prostitution qui ma beaucoup plu, via Facebook que Patric Jean a mis en lien, qui s'appelle "Je ne suis pas coincée, mais la prostitution doit être pénalisée, par Pauline Arrighi. C'est un texte très bien, très simplement écrit qui met en évidence ce qui revient toujours quand on parle de prostitution, la prévalence du désir de l'homme sur la femme. Une prévalence pas juste sur son désir à elle, ni même encore sur son  consentement, mais sur son intégrité physique, psychique, une prévalence sur ses droit d'être humain. 

    Là dessus, avant de poser un commentaire élogieux, je lis les commentaires précédents. Ce que je ne devrais jamais faire, parce que 2 fois sur 3, cela me coupe la chique. Et c'est exactement ce qui est arrivé, là. J'en suis restée quoite ! Partagée entre la fureur et l'horreur, entre l'ébahissement et le déni. Le monsieur écrit en premier, je cite :

    "Faut-il pénaliser la prostitution? A ce moment là, pourquoi ne pas incarcérer tous les hommes célibataires? Ce serait une manière radicale d'éradiquer le problème ms ça risque de faire bcp de monde en prison en fin de compte ... Ou alors créer une taxe contre la prostitution ..."

    Est ce possible d'être aussi con ? Faut croire que oui... Depuis quand les clients de prostituées sont nécessairement célibataires ? Et je rajoute qu'ils ne sont même pas tous ni pauvres, ni moches, ni handicapés ... citons quelques exemples connus euh ... DSK ? Philippe Caubère ? Franck Ribéry ? (perso je les trouve tous moches, mais ça, c'est une question de gout.) 

    De plus, il sous entend qu'un célibataire est, forcément frustré sexuellement, qu'il est incapable de gérer sa frustration et qu'au nom de son désir suprême, il a le droit d'acheter une femme. Les femmes sont des marchandises que l'on peut s'offrir, c'est même un droit. Il propose même une Tva, histoire que les proxénètes ne soient pas les seuls à bénéficier de la marchandisation des femmes.

    Plus loin, il ajoute : 

    J'ai bcp aimé le témoignage de Pauline Arrighi. C'est une femme qui parle de vécu et non pas des personnes "à la place de". La prostitution est bien une forme d'aliénation du corps et de l'esprit. Mais il faudrait réfléchir aux formes que pourraient avoir une éventuelle pénalisation de la prostitution: une amende? Une incarcération?
    Puis quels seraient les effets d'une sanction de la "consommation" de prostituées?
    Qui va t-on sanctionner et comment: le simple usager et/ou le proxénète?

     Bientôt il va se dire féministe... Il se fou de notre gueule ? Il se fou de notre gueule !  Par une tentative maladroite d'utilisation d'une vieille technique commerciale il commence par être d'accord avec son interlocuteur, il le brosse dans le sens du poil pour finir par dire le contraire. Oui, La prostitution est une aliénation du corps et de l'esprit, mais le "simple client", vous êtes sur qu'il faut s'en prendre a lui, l'innocent ? Le proxénète, oui, lui c'est un vilain pas beau. On peut lui taper dessus tant qu'on veut. Mais le pauvre client qui "consomme" des prostituées ? Oh ben non ! Ce ne serait pas juste de pénaliser celui aliène le corps et l'esprit de la femme prostituée.

    Mais quand est qu'on va comprendre que la prostitution n'est pas un commerce comme un autre ! Quand est ce qu'hommes et femmes cesseront d'envisager le corps de la femme comme une marchandise ? Pauline Arrighi le dit très bien dans son texte : 

    "En considérant la prostitution comme une prestation de service rémunérée, on oublie qu’il s’agit d’un accès au corps, on abolit les barrières vitales entre son intimité et celle d’autrui, qui ne doit être franchie que dans le cadre d’une volonté partagée. On oblige les prostitué(e)s à se dissocier de leur corps et de leur désir. En s’imaginant une seconde dans cette situation, avoir des relations sexuelles avec un individu quelconque en ne pensant qu’à la rémunération qui suivra, on ne peut que se réfugier dans une pensée du type “ce n’est pas moi, ce n’est que mon corps”. Il devient nécessaire de s’en séparer, de le quitter un instant pour le retrouver une fois l’acte consommé. Or l’être humain et son corps ne forment qu’un, et la dissociation opérée par les professionnels du sexe va à l’encontre de l’équilibre psychique. C’est d’ailleurs la même dissociation qui est opérée, malgré elles, par les victimes d’abus sexuels."

    C'est ce même processus qui est à l'oeuvre d'ailleurs quand un homme force sa compagne à avoir un rapport sexuel qu'elle ne désire pas. Je parle bien de désir et je fais la différence entre désirer et céder. Nous connaissons tous des femmes qui sont contraintes par leur conjoint à avoir des rapports sexuels. Elles subissent et cèdent à des pressions qui ne sont pas forcément physiques, mais psychologiques, comme le chantage, les menaces, ou la culpabilité... Pour les meilleurs, un  bouquet de fleurs pour la fête des mères, un resto de temps en temps, et il ont fait tout leur boulot de séduction ! C'est ça qui est bien dans la prostitution, il n'y a pas de "salamalecs" on paye et on a ce qu'on veut !

    Les hommes font vivre aux femmes une humiliation par dessus laquelle elles tentent de passer en se disant que, après tout, c'est comme ça, les hommes sont comme ça, ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Elles se le disent entre elles, elles se le répètent de génération en génération, elles tentent même de croire et de faire croire, que c'est un pouvoir qu'elles ont ! Le pouvoir de se dissocier, de céder son corps, d'emprisonner son esprit, quelque part, on ne sait plus où. Et le monde de de reprendre la chanson en coeur, Les hommes sont comme ça, leur désir sexuel impérieux justifie toutes les violences, toutes les contraintes, toutes les maltraitances. Le sexe est un droit pour les hommes, la dignité et l'intégrité n'en est pas un pour les femmes.

    Jamais le désir de l'un ne peut prévaloir sur le désir de l'autre, qu'il soit homme ou femme. La prostitution c'est continuer à croire que l'homme est une bête en rut, que rien ne peut arrêter, que rien ne doit arrêter. Pardon, mais je n'y croit absolument pas. Tout ça n'est pas une question de désir. C'est une question de pouvoir, c'est une question d'éducation, de culture. Gérer sa frustration, ça s'apprend. C'est même très bon pour l'équilibre et l'épanouissement. Non, on ne peut pas tout avoir. Il faut respecter l'autre, quoiqu'on pense de l'autre. C'est ça la civilisation. L'homme au naturel, il pue, il a les dents pourries et il meurt à 25 ans. 

     


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