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    L'herbe plus verte ailleurs

     

    Pour différentes raisons je ne souhaite plus continuer mon aventure avec mon hébergeur actuel, j'ai donc construit un autre site ailleurs.

    Malheureusement, l'hébergeur que je quitte ne propose pas de migration, ce qui m'oblige à transférer les articles à la main, et vu le nombre, j'ai renoncé. En plus, ça ne me permet pas d'emporter vos commentaires.

     voici le lien pour me retrouver dans mon nouveau chez moi

    AUDE COLMANT / AUDE DITE ORIUM

     


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  • Je n'aime pas travailler. J'aime être. j'aime être avec des personnes avec qui je fais des choses que j'aime. Quand on me paie pour faire ces choses, c'est bien, parce que ça me permet de payer pour faire des choses que j'aime avec des gens que j'aime.


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  • J’étais dans une piscine, un grand bassin à remous, vagues et tourbillons, qui servait à la baignade et aux entrainements de surf. J'étais là avec mes enfants, un ami et sa fille, et quelques-uns de ses amis. Nous nous amusions et cet ami nous vantait les plaisirs du lieu, de la vue. C’était en montagne, il faisait si chaud et la végétation était aride. Nous avions une vue vertigineuse sur une vallée lointaine. Certainement dans le sud, où dans un pays que je n'ai vu qu'en photo.
    Nous profitions pleinement du lieu, la fille de mon ami avait un peu peur, elle s'accrochait à mon dos. Les miennes s'en donnaient à cœur joie. Mon ami attira mon attention sur un avion qui volait vers nous. Pour moi, un avion dans le ciel avait rien d'inquiétant, et nous étions si hauts ! Mais l'avion continua d'approcher et il fut rapidement imaginable qu'il nous percute. Et il s'est passé ce qu'il se passe dans les films.

    Je ne sais pas ce qu'ont fait mes filles, mon ami ou les siens, moi, j'essayais de calculer la distance, la trajectoire et la vitesse de l’engin, pour savoir s'il fallait que nage vers lui, que je recule, que je fuis à gauche ou à droite. Et pendant que je le regardais fixement, je restais figé. C'était un petit avion, un coucou privé, au nez rond et aux ailes recourbées. La fille de mon ami, accroché à mon dos, m'étranglait, ses jambes serrées autour de moi entravaient mes mouvements. Mais il n'était pas question de lui dire de lâcher prise. Elle ne pouvait écouter.


    L'avion toucha l'eau à une cinquantaine de mètres, déclenchant une vague qui le submergea, ressorti juste devant moi, me dépassa en frôlant l'arrière de mon crâne de l'extrémité de son aile, puis disparu dans un hangar derrière nous. Nous étions tous vivants, nous exultâmes. Chacun partageant sa peur et son soulagement.


    Et puis, l'eau se creusa, nous aspira vers le fond du bassin et se soulevant nous repoussa violemment vers le vide. J'entendais les cris, une peur vorace s'empara de moi. Toujours accrochée, la petite, elle, s'était tu. Je tentais de nager à contre-courant, puis me rendant compte que c'était inutile, je tentais de l'utiliser pour aller m'arrimer quelque part. Je luttais de toute ma volonté de vivre et de sauver l'enfant. Nous fûmes propulsées vers un mur, et je crus un instant que cela nous sauverait, mais la douleur du choc m'étourdissant, je crus ensuite qu'il nous serait fatal. Mille fois, mon cœur failli se rompre de peur. Il est, dans ces cas-là, des pensées étranges qui vous viennent à l'esprit. Je me suis dit qu'il ne fallait pas que mon cœur s'arrête, sinon je ne pourrais plus lutter pour vivre.

    Là, une vague tournoyante nous prit en elle avant de nous expulser sur une plate-forme en hauteur. L'eau se retira et tout redevint calme. Hagarde, la petite toujours accrochée à mon cou, assise sur le sol rugueux, je regardais autour de moi. Où étaient mes filles ? Une nouvelle peur mêlée de culpabilité m'envahit. J'avais abandonné mes filles, je n'avais rien fait pour les sauver, où étaient-elles ? Je tentais de me relever, mais mon corps épuisé refusait de réagir. Il fallait déjà décrocher l'enfant. J'entendis au-dessus de moi un bruit effrayant. Je baissais la tête instinctivement et osait à peine lever les yeux pour en identifier la source. C’était un hélicoptère qui nous jetait une échelle. Je n'arrivais pas à me lever, comment voulaient ils que je grimpe avec une enfant de 8 ans sur mon dos ? J'entendais les ordres sans comprendre qui les donnait. Il fallait enfiler les gilets de sauvetage, et monter dans l'hélico par l'échelle avant que la deuxième vague n'arrive.
    - Immédiatement !

    J’équipais l'enfant qui tremblait tellement qu'elle était incapable de s’agripper à autre chose qu'a mon cou. Mais je ne pouvais monter avec elle. Je ne pouvais pas abandonner mes filles. Il était inconcevable pour moi de me mettre à l'abri, alors que je ne savais pas où étaient mes filles. La petite ne pouvant monter seule, je devais faire un choix. L'emmener avec moi au risque de sa vie, ou abandonner mes filles. J'appelais à l'aide pour que quelqu'un descende chercher l'enfant, personne ne vint. Je remarquais sur le côté du gilet de la petite, une sangle avec un mousqueton, que je fixais à l'échelle. Je lui mentis pour qu'elle me lâche, enfilais mon gilet, et fis signe à l’hélico de remonter l'enfant. Elle hurla plus fort que le vacarme de l'appareil. Je lui tournais le dos et fonçais vers la piscine où étaient, peut-être, encore mes enfants.


    À mon grand soulagement, elles étaient sauves, je ne sais pas comment, mais elles avaient atterri un peu plus haut entre des colonnes auxquelles elles s'étaient agrippées. Je leur parlais de l'hélico, le cherchais dans le ciel, mais il avait disparu et avant que je ne trouve une idée pour nous sortir de là, la deuxième lame vint nous engloutir. Elles s’accrochèrent au gilet quand la vague s'empara de nous. Sur le moment, j'étais presque sereine me disant que le gilet nous maintiendrait à la surface, quoiqu'il arrive. Mais je ne savais pas qu'il m’empêcherait de nager. Me maintenant à la verticale, j'étais comme une bouée inerte. Nous fûmes ballottées ainsi pendant un temps interminable, et je n'avais qu'une obsession, vérifier sans cesse que les filles tenaient bien le gilet. Et puis nous fûmes projetées encore dans un endroit sec que je ne reconnaissais pas. Comme si la vague nous avait emportées dans un pays étranger, un pays désert de granit rose. J’étais tellement épuisée, j'avais tellement peur qu'une autre vague nous surprenne, je ne supportais plus la tension de mes muscles, les battements de mon cœur douloureux, je me dis que cela devait cesser, et je me réveillais, éreintée.


    Mon corps n'avait pas son comptant de sommeil, mais je ne voulais pas retourner dans cet enfer. Je luttais contre moi-même, manquant de boire la tasse chaque fois que je fermais les yeux. Enfin, je trouvais la force d'attraper mon téléphone. Sa lumière aveuglante allait me réveiller tout à fait. J’avais un sms d'un homme que je n'arrive pas à ne plus aimer, disant qu'il partait en Italie avec la femme qu'il ne parvient pas tout à fait à aimer.
    Il y a des journées qui commencent mal.

     

     

     


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  • Écrire est un acte d'amour. S'il ne l'est pas, il n'est qu'écriture.

    JEAN COCTEAU

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    Pour savoir écrire , il faut avoir lu, et pour savoir lire, il faut savoir vivre.

    GUY DEBORD

    ...

    Écris tout ce qui te passe par la fenêtre !

    LISE DEHARME

    ...

    On écrit parce que personne n'écoute.

    GEORGES PERROS

    ...

    Écrire c'est mettre en ordre ses obsessions.

    JEAN GRENIER

    ...

    Écrire, pourquoi ? Écrire pour qui ? Est-ce vraiment si important ? Écrire l'activité des insectes que nous sommes !

    NORMAND ROUSSEAU


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  • Le MEFCeci est un appel à t'aime, appel à témoin. Non, je ne bégaie pas. J'ai envie de parler d'une chose que je ne m'explique pas, et j'aime bien m'expliquer des trucs. J'ai besoin de comprendre, de trouver un mécanisme, une logique, même absurde à ce phénomène qui fait parti de moi depuis toujours, mais que je commence à cerner que depuis peu.

    Je suis atteinte d'un truc, que je nommerais le MEF (Montée d'Emotion Fortuite).  Et ouais, rien que ça. Ca ne vous arrive jamais à vous ou ça vous arrive tout le temps ? Bon, au cas où, je vous explique. Imaginez-vous tranquille pépère dans votre quotidien, concentré sur une tache quelconque, et soudain, bim ! Sans prévenir, une émotion violente vous envahit. Une émotion violente qui n'a absolument rien à voir avec rien. Juste une émotion comme ça gratis. Mais pas sans engagement.

    Ce n'est pas que je suis prise d'angoisse exagérée en lisant mon relevé bancaire, ce n'est pas une joie outrancière en apprenant que ma nouvelle à été retenue pour le prochain Osez 20 histoires, ce n'est pas une bouffée de tendresse délirante qui m’envahit devant une vidéo de chaton, non. Imaginez plutôt que je je regarde un tuto d'un truc technique et soudain, j'ai envie de pleurer, je lis un article sur Deleuze et soudain, j'ai envie de sexe, je gare ma voiture, une joie profonde m'envahit. Vous voyez le tableau ? Ca marche avec n'importe quelle émotion qui peut surgir vraiment n'importe quand.

    J'ai essayé de photographier ces instants pour voir si je n'avais pas de pensées automatiques qui pouvaient susciter des émotions, mais à priori non. Bon ok, c'est cool les émotions, on se sent vivant et tout et tout, mais quand ça vient n'importe quand n'importe comment sans lien avec ce que l'on vit, pense, sur le moment, c'est grave RELOU !

    Je marche tranquille dans la rue, je suis d'humeur tranquille, neutre et tout à coup, je suis en colère, ou j'ai de la peine à retenir une envie de m'esclaffer, tout à coup je dois porter un fardeau, comme si j'étais au désespoir,  comme ça, pour rien.

    Pendant très longtemps, j'ai cru que j'étais vraiment malheureuse. Je cherchais les causes de ce lancinant chagrin qui frappait mon poitrail (il n'y a que maille qui m'aille). Et  je trouvais, parce que quand on cherche, on trouve. Grâce à mes amis les psychanalystes, j'ai raclé le fond de mon inconscient, j'ai repeint le ça, le surmoi et le moi de tous les topics Freudiens, Lacaniens et Lacaniennes, vont chanter vont danser sur le violon... la faute à qui donc, la faute à... mon esprit tordu qui pense à cette chanson, à chaque fois que je pense le mot Lacanien, merci Pavlov.

    Il m'a fallu bien longtemps pour réaliser qu'en fait, non, je n'étais pas dépressive, que ma vie n'était pas une catastrophe, et que mes émotions n'étaient pas forcément le reflet, l'expression de mes pensées conscientes ou inconscientes, ni la faute papa, maman, la société, bouhouhouh! Évidemment, je me prenais vachement moins la tête pour les émotions positives, bien qu'elles m'aient parfois conduites à des débordements que j'ai amèrement regretté par la suite. (je vous raconterai peut être une prochaine fois.)

    Maintenant, quand ça m'arrive, je ne cherche plus de raison, j'attends que ça passe, mais c'est lourd, lourd, LOURD !!!  Ça passe pas toujours très vite. Comment avoir confiance en soi, quand on ne peut pas faire confiance à ce qu'on ressent, quand vous vous prenez une baffe émotionnelle qui vous met le cul par terre, en pleine action, action qui n'a rien à voir avec la choucroute. Parce que quand je suis seule, c'est fatiguant, mais gérable, mais quand je suis en plein cours, en entretien, en pleine négociation, en plein coït... C'est ... Putain vous ne pouvez pas savoir ce que c'est... Comme un jour de règle dans un pantalon blanc, une diarrhée aigüe pour un entretien d'embauche, le syndrome de la Tourette chez les moines ayant fait vœux de silence.

    Bon, faut que j'aille taffer. Là j'ai les boules, mais c'est normal, je vais faire l'amuseur public pour des décérébrés imbus grossiers, des Cro-Magnon en effervescence hormonale. Je vous jure, c'est pas drôle du tout. En plus c'est mal payé. Putain je suis à la bouuuuuurre !

    Alors, ça  vous arrive ou bien  ?

     


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