• Il n’y a pas longtemps, j’ai demandé aux mecs, sur mon mur fb, de me parler de tendresse. Pas de me dire des mots doux ou de me la jouer, « Hey baby, je suis un gros tendre, ramène donc ton boule que j’t’. »

    Ok, y en a qui ont compris ça, mais à un certain niveau de connerie, on ne peut plus rien faire qu’attendre que ça passe. Enfin, qu’ils passent leur chemin.

    Le constat, globalement, de ces échanges, n’est pas terrible. Ok, je ne suis ni scientifique (je n’ai fait aucune étude américaine), ni journaliste (je n’ai interrogé aucun scientifique menant une étude américaine), mais, à mon petit niveau, j’ai trouvé tout ça tristouille.

    À vue de nez, comme ça, la plus grande majorité n’a compris « câlin » que sous forme de câlins pré ou post sexe (genre préliminaires plus ou moins bien assimilés). Ce sont déjà, me direz vous, des êtres évolués, vu que la plupart pensent que « câlin », c’est le mot poli pour dire baiser.

    Cette catégorie écartée, et ils étaient nombreux à adorer les câlins, tu penses. Il ne m’en restait qu’un pour me dire qu’honnêtement, la tendresse, il en avait rien à foutre, un second pour me dire que pour lui, la tendresse n’était pas une chose évidente, un troisième pour m’avouer que c’était un défaut que ses amantes lui avaient déjà reproché.

    Donc, les câlins, quand ça se donne, c’est uniquement des hommes envers les femmes. Quid du câlin au copain au bord du gouffre, quid des câlins à vos mômes, quid des câlins gratuits, comme ça, juste pour se dire qu’on s’aime, sans se mettre une main dans le calbar ? Franchement les gars, si vous saviez faire ça, vous sentiriez moins les femmes se raidir quand vous les prenez dans vos bras. Ça s’appelle la confiance. Un truc, je vous expliquerai plus tard.

    Alors que la question s’adressait aux hommes, certaines femmes n’ont pas su s’empêcher de participer. Une pour crier bien haut et fort qu’elle aimait les câlins (tout ceux qui la connaissent, le savent. La première fois que je l’ai rencontrée, elle réclamait des câlins à un ami.) Et la seconde a eu un commentaire un peu cinglant, au sujet de la duplicité masculine câlin/excuse pour obtenir du cul.

    Et bien, en fait, c’était justement a cause de ça, que j’avais posé la question sur fb. Je fais peu de câlins aux hommes, parce que j’ai peur qu’ils prennent ça pour des avances, et pourtant, j’en ai souvent envie. Quand mon jules me fait un câlin, je ne suis pas toujours à l’aise. Si j’ai besoin de tendresse ou que je suis prête à en offrir, je n’ai pas forcément envie de sexe. Dans ce cas, je me raidis, je suis mal à l’aise, j’ai peur de donner de faux espoirs et de créer du conflit. Je donne vite fait le câlin, et je m’esquive comme une anguille. Alors que, peut être, si je me laissais aller en absolue confiance, peut être ou peut-être pas, l’envie de sexe pourrait venir. Là, non, il n’y a aucune chance, je suis en mode self défense. Et si le désir ne vient pas, c’est grave ? La tendresse n’est pas du sous sexe. Ça me fait chier d’être aux aguets, de me méfier, et j’avais envie de déconstruire une croyance. Raté.

    Mais bordel, on a quoi avec la tendresse? Qu’est ce qui coince ? Entre celles et ceux qui prennent ça pour du cul, celles et ceux qui trouvent que ça fait pas viril, celles et ceux qui ont peur de se faire manger tout cru, celles et ceux qui ne peuvent juste pas en donner, celles et ceux qui n’en n’ont jamais reçu ? On est mal, là très très mal !

    En même temps, il n’y a pas que les hommes qui ont des préjugés débiles sur la tendresse masculine. Certaines femmes pensent que la tendresse est une forme de faiblesse. Que les hommes tendres manquent de virilité. Rappelez moi la définition de virilité svp …

     


    J’ai juste envie de dire que le rôle d’un homme sur terre, c’est pas de protéger les femmes et les enfants. Les femmes sont totalement en capacité de se protéger elles-mêmes et c’est le rôle de tous les adultes de protéger les enfants. Le seul rôle dans sa vie, c’est exister. Personne ne doit vous donner votre rôle, et personne ne doit rester prisonnier d’un rôle. Et puis, il n’y a pas « un » rôle, mais « des » rôles, qui changent, évoluent se croisent ou s’alternent. Un homme qui se recroqueville pour se lover dans vos bras, mesdames, est tout aussi capable, qu’un gros balaise insensible, de se barrer en courant devant une agression.
    Une fois, un amant me dit en m’embrassant sur le pas de sa porte alors que je m’en allais.

    — Si on t’agresse, crie bien fort que je t’entende. Devant mon regard blasé de tant de paternalisme il ajouta : « comme ça je pourrais fermer ma porte a clé. » Il m’a fallu un moment pour que l’info pénètre totalement mon cerveau, et sa porte était déjà close, quand j’ai éclaté de rire. Je riais non seulement parce que la blague était bonne, mais surtout parce que j’avais eu du mal à la comprendre. Il était alors encore impensable, dans mon cerveau de jeune féministe que je puisse protéger un homme.
    Et ouais. Tous les hommes ne savent pas se battre, c’est pas génétique. Ils n’aiment pas tous ça, et la testostérone a bon dos.
    Alors les gars, je vous fait des câlins, je vous serre dans mes bras et je vous berce un peu. Pas pour le sexe, pas parce que je vous crois faible ou pas viril, juste parce que ça fait du bien, on en a tous besoin.

     


    votre commentaire
  • Ou quand les mecs ne peuvent s'empêcher de couper la parole aux femmes.

    On appelle ça aussi du « manterrupting  »

     

    « La Mâle-interruption  »

     

    Je me souviens, il y a quelques années, ok, c’était il y a 20 ans, j’étais dans une compagnie de spectacle de rue dans laquelle nous étions une vingtaine de comédiens, danseurs et circassiens. Il y avait plus de femmes que d’hommes, mais, étrangement, quelles que soient leurs compétences, c’étaient les hommes qui décidaient et les femmes qui exécutaient. Lors d'une des réunions de création, je m’évertuais à faire entendre une idée que je croyais très à propos. J’insistais lourdement, parlais de plus en plus fort, et croyez moi, je sais placer ma voix, mais tout le monde se foutaient de ma proposition. J’étais inaudible, absente. Puis au bout d’un moment, le nain prétentieux à ma gauche, à répété mot pour mot mon propos, et tout le monde (femmes comprises) s’est extasié devant l’esprit créatif du nabot. Je peux vous jurer que j’ai eu de terribles envies de lui faire bouffer la table à coups de botte, d’aligner les autres, les pencher en avant, fesses nues, et leur faire subir ma colère à coups de canne. Au lieu de cela, j’ai fermé ma gueule et j’ai rongé mon frein.

    Je suppose que vous l’avez remarqué (Vous, les femmes, hein ! J’imagine qu’il y a bien deux ou trois mecs qui s’en sont rendus compte, mais du coup, j’ose espérer qu’ils font gaffe. Sinon, coups de canne ! Compris ?). Je disais donc, je suppose que vous avez remarqué que dans les dîners de famille, les réunions de boulot, sur Facebook, lors de discussions de groupe, les mecs nous coupent la parole, ou la nient, sans vergogne. Lors de désaccord, ils nous font le coup de la grosse voix, lors d’un discours, les femmes sont plus souvent interrompues ou carrément pas écoutées.

    J’ai lu sur le site de France Info que « Les conseillères de Barack Obama ayant remarqué que leurs collègues masculins les interrompaient tout le temps, et surtout, en profitaient au passage pour reprendre leurs idées. Elles ont donc inventé une stratégie qu’elles ont appelée « l’amplification » : dès qu’une femme propose une idée, une autre femme répète la même idée quelques minutes plus tard… Et, à chaque fois, elle rappelle le nom de sa collègue qui l’a proposée en premier. D’après les conseillères d’Obama, la technique fonctionne : elles ne sont plus interrompues. » Et bim, une technique à reprendre et à son compte.

    En tant que prof de théâtre, avec un public qui commence dès le CP, donc 6 ans en moyenne, je me suis aperçue que se taire, disparaître, rester là pour faire joli, était le résultat d’un entraînement qui commençait tôt. Dans mes exercices, les filles, sauf quelques exceptions, se taisent, n’osent pas, chuchotent, sont souvent inaudibles. Elles hésitent à faire des propositions, sont en autocensure constamment. Or, le cerveau ne peut pas être en mode créatif et en mode censure simultanément. Les garçons, eux, prennent toute la place. Même les timides naturels, se forcent à parler fort, faire des bêtises et devenir parfois méchants, pour exister au milieu des autres garçons. L’identification genrée que nous ont vendu les psys comme indispensable ne fait que créer des clones et des malheureux. Je m’évertue à valoriser la pondération chez les garçons, et l’extériorisation chez les filles, mais je me sens un peu seule.

    Après tout, se taire, n’est qu’une habitude, et comme toutes les habitudes, si vous en avez envie, elle peut se perdre. Évidemment pas en un claquement de canne, dommage, mais en en prenant conscience et en s’interrogeant sur son bénéfice secondaire. Qu’est-ce que ça nous apporte, à nous ? Malgré l’inconvénient, quel est l’avantage ? Ensuite, y a plus qu’a trouver une autre habitude avec les mêmes avantages, mais sans les inconvénients et remplacer l’une par l’autre. Et voilà, bim bam boum ! Le tour est joué. J’exagère un peu, ok, mais c’est l’idée !

    Le théâtre est très émancipateur, il existe une foule de jeux et de techniques qui aident à oser avoir une voix, à la place du doux murmure féminin.

    Si ça vous tente, on en parlera le

    Samedi 2 juin de 14h à 16h à
    La Mutinerie
    176, rue Saint-Martin, 75003 Paris
    et comme le signale Misungui sur l’événement Le Petit Bordelle de Misungui #Hors-Série : Prends la Parole!,
    Cet atelier est en mixité choisie (sont bienvenues toute personne assignée femme, s'identifiant comme telle ou se reconnaissant dans la description de l'atelier...) 20 PLACES MAX
    ( inscription obligatoire par mail : misunguisurvivor@gmail.com )

     


    4 commentaires
  • Je suis grosse et ?Je marche dans la ville. Je suis grosse, mes cuisses se touchent, je porte une robe rouge à poids blanc et dessous, des leggings vraiment très moches, qui me préservent des irritations.
    Je marche dans la ville avec mon gras, ma robe rouge à poids et mes leggings très moches.
    Je suis un boudin et je marche dans la ville.
    Je suis un boudin et je marche dans la ville au milieu de gens normaux.
    On me dévisage, on me juge. Je le sais, je le sens. 


    Mon gras n’est pas ma carapace. Je ne me cache pas. Mon gras n’est pas mon fardeau. Je ne suis pas perdu sous mon gras.
    Il est mon compagnon, ma sensualité, mon hyperbole.
    Il est mon rire, mes plaisirs, mon ouverture.


    Je marche dans la ville, je suis mon reflet dans les vitrines, je suis le regard des passants, je suis dans la ville.
    J'ai les cheveux longs, joliment bouclés, un maquillage soigné, une robe rouge à poids blanc et des leggings de merde. On me dévisage avec gêne, pitié ou dégoût, je baisse les yeux. Mes pieds sont magnifiques, potelés et délicats dans leurs escarpins vermillons.
    J’entends les passants qui chuchotent, ricanent. Ils me méprisent : je suis fainéante, malade, ils ne comprennent pas, me condamnent. Je leur fais peur, les écœure. 


    Je m'appelle Olivia, j'ai 22 ans, 35 ou 50, je vis à Paris, Marseille ou Lyon. Je suis une femme et je ne me justifierai pas sur mon poids, je ne m’excuserai pas. Ce soir, je balance mes leggings moches et je les remplace par des jarretières en dentelles. Cet été, je porterai un maillot de bain deux pièces, parce que j’aime la sensation du soleil sur ma peau. J’exposerai mon ventre, mes cuisses, mes bras, mon dos à la vue de tous. J’irai jouer les baleines qui batifolent dans la mer.


    Alors Elle, Cosmo, Grazia, Madame Machin, et les passants, j’ai juste une chose à vous dire. 
    Allez vous faire foutre, merci !


    votre commentaire
  • Racisme anti-blanc. You’re kinding me ?Le racisme anti-blanc, ça n’existe pas. Enfin si, ça existe. Des racistes, il y en a sur toute la terre, je ne vois pas pourquoi les blancs seraient épargnés (surtout avec ce que les blancs ont fait et font encore subir à la terre entière et ses habitants). Mais en France… Ça n’existe pas. Si, ça existe ! Il y a des personnes non-blanches, qui …. qui quoi d’ailleurs ? 

    Revenons à la base, le dictionnaire. 
    Racisme : « Ensemble de théories et de croyances qui établissent une hiérarchie entre les races, entre les ethnies. Doctrine politique fondée sur le droit pour une race (dite pure et supérieure) d'en dominer d'autres, et sur le devoir de soumettre les intérêts des individus à ceux de la race. » Là, franchement, en France, je ne vois pas bien comment le racisme anti-blanc s’exprime… Ceux qui croient sincèrement que les personnes non-blanches soumettent les blancs au nom de leur race pure et supérieure, là, les gars, pour paraphraser L3X@ de Tout le monde s’en fou, « Allez jouer sur l’autoroute ».

    Plus bas dans la définition du mot racisme, il est ajouté : « Attitude d'hostilité pouvant aller jusqu'à la violence, et de mépris envers des individus appartenant à une race, à une ethnie différente généralement ressentie comme inférieure. »

    Ah oui, là, ok. C’est quand j’y réfléchis… Une fois, dans la rue, je me suis fait traiter de « crème ». La vache, c’est violent ! Ha oui, aussi, quand j’étais ado, j’ai pris la défense d’une copine qui se faisait emmerder par une bande de nanas pour une histoire de mec, je crois. Dans le groupe des emmerdeuses, il y avait des blanches et des non-blanches, et la victime, ma copine était non-blanche. La plus agressive de la bande, n’ayant pas apprécié mon intervention, m’a lâché, en baissant le ton, « Sale Blanche ! » On a toutes fait comme si on n’avait rien entendu et on a poursuivi notre chemin. Je me souviens de m’être dit que ce n'était pas cool pour ses copines, et qu’elle allait se faire engueuler. Je dois avouer aussi que, parfois, des vieilles blanches ont serré leur sac à main contre elles dans le bus en me regardant de travers, mais ça, c’est parce que j’étais jeune. Et aussi, truc de dingue ! Des passants se sont écartés sur mon passage avec une expression légèrement inquiète. À cette époque, j’avais le crâne rasé et je sortais d’une armurerie. J’étais artiste de rue, je venais d’acheter un « Leatherman » à mon amoureux. (certains comprendront)
    Voilà, j’ai subi le racisme anti-blanc. 

    Mais vous, dites moi, vous a-t-on refusé un emploi parce que vous étiez blanc ? Vous a-t-on refusé un logement à cause de votre couleur de peau, trop blanche ? Refuse-t-on de s’asseoir à coté de vous dans le bus parce que vous êtes blanc ? Vous a-t-on tabassé dans la rue pour la seule et unique raison que vous êtes blanc ? Vous a-t-on tué pour ça ? Est ce que le la société française vous désavantage parce que vous êtes blanc ?

    Je suis moins bien payé que mon collègue, des promotions me sont passées sous le nez, des opportunités m’ont été refusées, j’ai été harcelée, frappée, violée, mais ça, c’est parce que je suis une femme, pas parce que je suis blanche. 

    Alors, ayez un peu de décence, et arrêtez de parler de racisme anti-blanc. 


    1 commentaire
  •  

     

    La femme domine, touche, provoque, aguiche. Elle est intelligente et sage. Elle s’insinue, montre subtilement le chemin, donne des ordres, impose ses vues. Elle est pressée, patiente. Elle vole, flotte, marche d’un bon pas, traîne la savate, s’alanguit mollement, contemple, regarde, voit. Elle veut la qualité et la quantité, elle est exigeante, capricieuse, responsable, autonome et passive. Elle juge, analyse, pardonne, garde rancœur. Elle soigne, apaise, nourrie, blesse, abandonne. Elle écoute, parle, crie, chante. Elle rie aux éclats, pleure à chaudes larmes, glousse, ricane, prend sur elle. Elle brille, s’illumine, s’étiole, inspire, expire. Elle parle d’amour, de solitude, de sexe, d’art. Elle est muse et artiste. Elle est facile, tendre, inflexible et dure. Elle est indépendante, complètement accroc, soumise, docile, vénale. Elle est indomptable, farouche, incorruptible. Elle commande, obéit, gère, organise, mémorise, oublie, commet des erreurs, elle est humaine. La femme ne se justifie pas, ne s’explique pas, elle existe. La femme n’existe pas. Les femmes existent et sont ce qu’elles veulent, ce qu’elles peuvent.

    Et enfin, les femmes sont un ensemble de toutes les beautés et laideurs possibles, car ce sont des êtres humains.

     

    Photo: Heather Hazzan / / Courtesy All Woman Project


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires