• Piqure de rappel.J'écris sur ce blog ce qui me vient, quand ça me vient. Le contenu pourrait heurter la sensibilité des plus jeunes et des personnes sensibles. J'écris ce que je pense, mais ne pense pas nécessairement tout ce que j'écris.

    Chers Proches, moins proches, etc, ceci n'est pas mon journal extime, ne vous sentez pas visé par mes coups de gueule. Je ne parle certainement pas personnellement de vous. Si j'ai besoin de vous dire un truc, je vous le dirai de manière privée. Ce que vous interprétez de vos lectures ici-bas n'engage que vous.
    Vous voilà avertis, ne venez pas me faire chier.

    Amusez vous bien,

    Bisous.


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  • Lettre d'une quasi quinqua, qui n'en revient pas.Je me souviens, j'avais dix sept ans, je travaillais dans un grand magasin pour payer mes cours de théâtre. Ben oui, je n'ai jamais fait parti de ceux dont les parents subventionnent les études. Enfin, ils l'ont fait en parti jusqu'à mes dix sept ans, et ils m'ont hébergé, aussi, quand j'étais en galère d'appartement, deux fois. La première fois j'étais mineure, la seconde j'avais à peine 20 ans. J'en ai conçue de la culpabilité. N'avoir pas la force, encore, de leur dire merde, de ne plus rien leur devoir, tirer un trait sur la dette, celle d'être née, et toutes celles qui en découlent.
    Je me souviens donc, d'un vieux monsieur avec qui je travaillais au rayon quincaillerie du BHV de l’hôtel de ville. Il me dit, "Ha ! Tu fais du théâtre ! Merveilleux ! Moi aussi je suis monté à Paris, la tête pleine de rêves. J'ai trouvé du boulot ici, et tu vois, j'y suis encore. La vie est passée comme une comète ! " Du haut de ma jeunesse résolue, j'ai trouvé ça horrible. Quelle angoisse pour moi, d'imaginer la vie me filer entre les doigts ! Me réveiller un matin et m’apercevoir que j'étais plus près de la mort que de la vie ! Ces mots ont été fondateurs, mais ils ne faisaient que renforcer des croyances forgées depuis l'enfance, dans les regrets aigris de ma mère, les rêves fallacieux de mon père, dans ce quotidien fait de mensonges, de colère, de guerre d'égos. J'ai donc passé ma vie à m'ébattre, à fuir l'ennui, à chasser l'inattendu, la peur au ventre, celle de ne pas vivre, vivre à côté de moi. J'ai passé ma vie à courir après l'amour. J'ai aimé à en perdre haleine, j'ai tout pardonné, 1000 fois, j'ai tendu ma joue, mon cœur et ma main. Je me suis lancée à corps perdu dans des aventures sans raison. J'ai vécu comme une cigale, en me faisant sermonner par toutes les fourmis de la terre. J'ai bien essayé d'en devenir une, je me suis mis des carcans, que j'ai pété les uns après les autres. Je n'ai rien amassé, ni fortune, ni regrets, et j'ai la chance d'avoir rencontré de vrais amis, aussi lointains  qu'ils soient, nous sommes logés au fond de notre amour. (mais c'est peut être parce qu'ils sont loin que l'on est encore capables de s'aimer) Dans tous les cas, ce sont des gens bien, vraiment bien.

    Bref, je n'ai pas vu mon père depuis 18 ans. Ma mère à sombré dans le monde qu'elle s'est forgée toute sa vie. Un monde imaginaire. On pourrait espérer que c'est un monde où elle est heureuse, mais la connaissant, je sais bien que non. Elle ne me reconnait plus, depuis longtemps. J'ai été la première à avoir été oubliée, rejetée dans réel. Un réel qu'elle ne visite plus. Et je sais, pourquoi moi. Chaque fois que ma mère me regardait, elle voyait la faillite de sa vie. Je n'ai jamais été une enfant satisfaisante. Trop vive, trop curieuse, trop en demande d'un amour qu'elle ne pouvait me donner. Mon adolescence a sonné le glas de la mythologie familiale. J'ai dénoncé, trahi : Un père violent et incestueux, une mère dure, indifférente et alcoolique. J'ai écorché le fard   que mes parents, intellectuel bourgeois, s'évertuaient à étaler sur leurs jours. Et même si tout le monde refusait de voir et que ça n'a concrètement rien changé à leur vie, elle ne m'a jamais pardonné.

    Alors, quand je lis les messages d'amour des yaka Tudevrais, sur la toile, j'ai comme une envie de rature.

    Quand je lis :

    Pardonnez

    "Parlez à vos parents, pardonnez-leur le mal qu'ils vous ont fait. La famille, c'est le plus important... "

    Pensent-ils qu'il n'y a sur terre que des merdeux capricieux qui en veulent à  maman parce qu'elle les à mis à la cantine au lieu de leur faire à manger tous les midis ? Qu'il n'y a que des punaises qui souffrent d'un père qui n'a pas compris qu'elle avait 16 ans, puis 17 ans, 18, ... ? Ont-il réalisé qu'ils s'adressaient aussi aux enfants conçus dans une cave, dont le père est le grand père ? Recommandent-ils de pardonner aux pédophiles incestueux, à ceux-là même pour lesquels ils réinstaureraient bien la peine de mort ? Pensent-ils aux grand frères qui violent, harcèlent, maltraitent ? Les petits frères et petites sœurs devant pardonner, se réservant, eux, le droit de vie ou de mort. N'y a t il que des fratries solidaires ?

    Consultez un psy

    Ah et bien voilà ! Quand on ne sait pas quoi dire, quand on doit aller au cinéma, là tout de suite, on renvoi aux professionnels. La belle affaire. Ne venez surtout pas faire chier le monde avec vos soucis qui nous plombes les fêtes. Allez voir un psy. Ces mêmes psy qu'ils critiquent, qu'ils considèrent aussi dingues que leurs patients. Ces mêmes psy qui infatués de leur savoir, et que dès lors que l'on ne se soumet pas, c'est qu'on est dans le déni. C'est quand même l'astuce du siècle, ça, le déni.  Putains de praticiens tellement supérieurs, qu'aucun n'a eu le moindre doute, le moindre soupçon, du fait que je suis, par exemple, TDA/H et HP. Tous médecins, tous psychiatres, tous psychanalystes. Tous validés par des tampons, des diplômes, l'ordre des médecins, et la sécurité sociale. C'est dire si j'étais en sécurité.

    On conseille aussi des sophrologues, des énergéticiens,  thérapeutes de tous poil, EMDR, PNL, Gelstat, des névrosés aux égos surdimensionnés, des âmes douloureuses qui imaginent que parce qu'elles connaissent bien leur problème, peuvent guérir ceux des autres. Des bonnes volontés aux prises avec leurs souffrances personnelles, des sales mômes atteints de complexe de supériorité, certains de soigner, parce qu'ils ont lu des tas de bouquins écrits par des d’escrocs, et qu'ils ont eu de bonnes notes à leurs examens. Et pour quoi ? Finir en pleurs dans les bras des meilleurs amis de passage ? Parce que tout passe, tout lasse, tout casse.

    Aimez-vous, Prenez soin de vous.

    Ok, une fois qu'on s'est fait un masque à la banane, un hammam aux fruits, qu'on s'est dit qu'on est la meilleure personne au monde... On fait quoi ?
    On déplore que la terre soit peuplée d'autant de cons ? On plaint la colère des autres, on leur conseille de parler à leurs parents, d'aller voir un psy, et de s'aimer à leur tour ? Ha oui, ça valorise, les conseils à pas cher. Ceux qui n'impliquent pas. Ceux où on ne mouille pas sa chemise, quand on ne prend pas de risque.

    Ok, je m'aime ! Et alors, il n'y a quand même pas de quoi en faire tout un plat. Pas de quoi se répandre. Je m'aime, mes amis, je m'aime, de mes vacances au bord de la mer, de ma soirée en boite, de mon cours de taïchi, je m'aime. N’hésitez pas à ne pas m'appeler parce que je ne peux rien pour vous. Rester où vous êtes, je ne serais jamais si heureux qu'en vous regardant de haut.

    Soyez conquérants, ayez de l'ambition

    Entrainez vous, bossez, ne lâchez rien, participez à la grande course après vos illusions. Tentez votre chance, vous arriverez premier au concours de circonstance. Quand à la course contre le temps, il gagne toujours, ne vous faites pas d'illusion. Mais n'oubliez pas au passage, de faire quelques croches pattes et de vous trahir un peu. Parce que le plus important, ne l'oublier pas, ce n'est pas de gagner, mais de participer à la grande mascarade ! Avoir le job qui va bien, le logement at "the place to be, la préoccupation du moment : Du gadget dernier cri,  de la ZAD, à la ruche qui dit oui, du fouet qui claque sur votre cul ou sur le sien. De Charlie au 13 novembre, n'oubliez pas de fustiger les gens qui n'en sont pas. Il n'y a que comme ça que vous sentirez que vous en êtes vraiment.

    Vous vous direz, si vous avez eu le courage de passer plus d'une minute de lecture à ce texte, que je suis bien aigrie, que décidément ça va pas bien, que je devrais aller voir un psy, parler à mes amis, ma famille, prendre des vacances, lâcher prise, pardonner, me bouger le cul, et arrêter de me répandre en fiel sur la gueule des bienheureux. Ce à quoi je vous répondrai : Allez vous faire foutre.

    Parce que j'en ai plein le cul de devoir choisir de quel coté du manche je DOIS être. J'en ai, en fait, rien à foutre de vos règles. Dans le bon, la brut et le truand, Clint Eastwood dit: "Tu vois, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuses." Et bien moi, je suis le rat des sables, hors champs, qui ne fait même pas parti de l'histoire.

    Alors rayez moi de la liste, celle du grand concours de la win. N'espérez pas de changements, ne dites plus jamais de moi que je m'en sors pas trop mal, que je suis en progrès, que je suis moins...., ou plus... Parce que  je ne vais tout simplement pas dans la même direction. Je ne vais seulement nulle part. J'existe.

    Je vais continuer de rire, faire des conneries, pleurer en désespérance, décider que plus jamais, me prendre les coins de porte, me perdre en voiture, m'insurger, me faire avoir, m'attendrir, aimer celui ou celle qu'il ne faut surtout pas ! Faire des câlins à mes enfants les faire chier avec des broutilles, trop manger, avoir peur, chercher la solitude, la fuir, et j’espère faire ça encore longtemps.

    Il y a une conviction pour laquelle je lutte, pour moi, et pour ceux qui y croient. Il ne sert a rien de chercher à  évaluer les êtres et les choses, les caler dans la grande machine à comparaison, chercher à savoir où ils en sont, dans le monde, ou on en est. Nous en sommes nulle part. Nous sommes.

     

    Allez ! Je vous souhaite une chouette année.

     

     

    Ps : Le texte comprend probablement des fautes en tous genres. Vous pouvez vous dire que, pour un auteur, ça craint, hou la la etc, ou me le corriger, en rouge, et m'envoyer la correction. Ce n'est pas parce que je suis dysorthographique que je n'aime pas la langue française. Et ma façon de l'aimer, n'est surement pas la même que la votre, et alors ?

     

     

     


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  • L'AbsentBlotti dans mon lit, embarrassée de ma couette et de mes coussin, au chaud dans ma douce et triste solitude, je flâne fenêtre ouverte sur le monde au delà de Fb. Ma main se pose dans l’échancrure de mon sweat semi ouvert. La bretelle de ma nuisette vient de glisser, ma main la poursuit et s'égare avant de la retrouver.

    La douceur de ma peau sous mes doigts me rappelle que j'ai un corps. Immédiatement je le vois, je le sens, cet homme absent, l'homme rêvé contre qui me frotter. Le mec assez fort pour encaisser mes coups de tête, assez doux pour ne pas se laisser impressionner, assez dur pour y résister, assez grand pour ne pas la ramener. Le mec de mes rêves, ma complétude, l'indépendant attentionné, l'intellectuel détaché au corps âpre et doux.

    Je le hume au creux du cou, le lèche à la pointe de la clavicule, le pénètre en plein cœur. Et qu'il ne me fasse pas faux bond !

    Mon front contre sa poitrine, je force l'entrée. Qu'il m'ouvre les bras, m'entoure, me presse, m'écrase, me coupe le souffle. Qu'il me griffe de sa barbe ! Qu'il m’emprisonne le visage dans ses deux grandes paluches, si puissantes que je n'y peux rien, qu'il me désarme et dépose, léger, sa tendresse, sur mes paupières closes de rage.

    Qu'il mange mes lèvres quand je lui dévore la langue. Qu'il tire sur mes cheveux trop courts à me les rallonger, avant que mes dents se plantent sur son sein. Ma tignasse sera longue quand ma peine se sera tari, mais il n'aura ni cédé, ni pleuré, ni failli.

    Nous nous battrons. Il me jettera à terre, je le giflerai, sans craindre ses larmes. Nous nous rendons coups pour coups, côte à côte contre ma folie, ma désespérance. A force d'amour cinglant et de sagesse, nous en viendront à bout. Chaque matin, il me mènera à mon écheveau, chaque soir pansera mes plaies.

    Si je mérite un tel homme, qui s’attacherait juste parce que c'est moi. Alors j’essaierai de m'aimer, car si un tel homme m'aime, il me faudra le respecter assez pour  me respecter moi.

    En attendant, je vais rêver que je ne rêve pas et tacher d'être cet homme pour moi.

     

    Photo: Olivier Goirand

    Cia: HURyCAN
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    Je vous conseille de cliquer sur les liens. C'est magnifique.


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  • Pourquoi ils ont voté FN ?Tout le monde se pose la question.  Comment, pourquoi on en est arrivés là ?

     

    Je ne suis analyste de rien, spécialiste que de ma petite personne, même si, à la veille de mes 50 ans, un spécialiste qui s’autorise à penser dans les mieux autorisés, qu’il sait ce qu’il pense m’a dit que j’étais « en progrès ». Je profite de cette tribune pour le remercier chaleureusement, grâce à lui, je vais dorénavant m’autoriser à penser et dispenser.

    Pourquoi le FN a récolté autant de votes ?

    - Ma première hypothèse de penseur autorisé, c’est qu’il y a beaucoup plus de cons qu’on ne le croit.
    Dans notre quotidien, nous ne fréquentons que des gens un peu comme nous, et même si nous croisons des cons tous les jours, on se garde bien de parler politique avec eux. Il faut privilégier l’harmonie, même de façade, au boulot, pendant les dîner de famille, au club de sport, etc. Ceux avec qui nous parlons politique ou « société », partagent à peu près les mêmes valeurs. On s’écharpe en toute amitié sur quelques détails, mais dans le fond, nos votes penchent du même coté. Quand on regarde des vidéos des réunions et meetings du FN, on se rend compte qu’il y a de fameux connards/connasses sur cette putain de terre, qu’on en connaît et qu’on les fuit. Je pense par exemple à un ex beau-père, qui, s’il ne votait pas FN, par mépris, jugeant ce parti trop vulgaire, se satisferait tout à fait d’un petit ravalement de façade. Je n'ai jamais parlé politique avec lui. Même si son fils avait quelques griefs, que je saute par dessus la table pour l'étrangler ou que je le traite de merde sans nom avant le dessert aurait eu des répercutions auxquelles je ne voulais pas faire face. Alors j'ai ravalé ma haine. Il y a malheureusement, beaucoup plus de gens que l’on ne croit qui pensent que les Arabes et les noirs ne sont pas tout à fait des êtres humains et qu’il faut les dresser ; que les homosexuels sont des pervers qu’il faut tuer, les féministes des hystériques qu’il faut mater à coup de bite et de baffes. Je passe, vous voyez l’idée. Il y a beaucoup plus de gens que l’on ne croit, qui pensent que si on ne s’en sort pas dans la vie, c’est parce qu’on le veut bien. Que la loi du plus fort est toujours la meilleure. Que si on veut, on peut, ya pas de fumée sans feu, qui vole un œuf vole un bœuf.

    Pour oublier qu’ils ne font pas partie des élites qu’ils défendent, ils tapent sur ceux qui en chient le plus, les minorités boucs émissaires. Détruire leur donne un sentiment de puissance qui compense le mépris d’eux-même. Ils adhèrent à un système de valeurs dont ils sont exclus, mais la nature humaine est faite de telle sorte qu’elle peut croire aux histoires qu’elle se raconte. C’est absurdement humain.

    Il y a les râleurs invétérés, ceux qui ont besoin de trouver un responsable et une solution rapide et facile à tous leurs problèmes. Ces personnes ont souvent la mémoire courte, ça facilite les choses. S’il fallait se souvenir de tous ceux qui nous ont enculés, faudrait pousser le raisonnement, c’est difficile et l’humain n’aime pas la difficulté. Donc ils ont voté à droite, mais comme la droite est décevante, ils ont voté à gauche mais comme la gauche est décevante ils ont voté à droite mais comme pendant 30 ans jusqu'à ce que ça devienne possible de voter FN. Si Mélenchon avait la force de frappe du FN, ils voteraient Mélanchon, ou vert, ou mon cul sur la commode.
    Ce qu’il y a de bien avec le FN, c’est qu’il n’a jamais été au pouvoir. Ou seulement dans des coins dont on a jamais vraiment entendu parler, ou pour faire des truc dont on se fout. Tous pourris, c’est facile à comprendre, et une solution qui n'a encore jamais été essayée : le FN. Après avoir tourné en rond pendant 30 ans, ils foncent dans le mur. Ils se félicitent d’avoir eu ce trait de génie.

    Il y a les désillusionnés revenchards. Ceux-là ont compris qu’il y avait quelque chose d’absurde dans le fait de voter à l’opposé de l’opposé de l’opposé. Mais comme ils ne sont pas allés plus loin que ce constat, et bien, ils se disent que au pire, voter FN, ça ne changera pas grand chose. Tous tous pourris. Au mieux, ils pourront se satisfaire de ne pas être de sous citoyens, comme tous ces cons qui ne se déplacent pas pour voter.

    Il y a aussi les dégueulasses, ceux qui fouillent les poches des morts et des miséreux, qui pensent qu’avec un parti aussi populiste, grossier, et sans complexe de leurs mesquineries et de leurs tares, pourront s’en mettre plein les fouilles. Le FN au pouvoir, personne ne leur reprochera d’être marchand de sommeil, trafiquant d’armes, et de casser du raton le samedi soir entre copains, après avoir violé quelques putes qui l’auront bien cherché. Quelle aubaine ! Qu’un parti aussi nauséabond ait toutes les chances de passer, ça vaut le coup de se lever le cul un dimanche d’hiver.

    Il y a les peureux. Vous savez les mêmes qui, (attention point Godwin en approche) au lieu de planquer les juifs les dénonçaient. Parce qu’on ne sait jamais, ces gens là, quoi qu’on en dise ne sont pas comme nous, et qu’il vont venir égorger nos filles et nos compagnes, ou nous foutre des bombes dans le cul ou nous arroser avec leurs kalash, même si ce ne sont que des bobos qui ont été touchés, n’empêche que moi, j’ai une cousine dont la collègue habite à Paris et que l’année dernière, elle est passée à Châtelet tout à côté de république que si ça se trouve, ça aurait pu être moi. Il y a un arabe dans mon immeuble qui ressemble vachement à l’autre-là, çui qui s’est enfuit, le belge. Oui, ce pays de pervers pédophile ! Que si ça se trouve, en plus, il l’est aussi. D’habitude, je ne vote pas aux régionales, mais là, quand même. C’est qu’il faut être citoyen. Je fais front, je suis unité nationale… je suis Front National

    La France quoi ! Le pays de la culture, des droits de l’homme, et du bon vivre en terrrasse. Celui des chtis à Marseille, de Vichy, et de la vinasse.
    Faut dire qu’on n’est pas aidés. Après 30 ans d’une gouvernance aveugle, de bassesses, de concessions molles et de petits profits, on ne sait plus trop où voter, ni à quoi ça sert de voter. On a pris cher, ces dernières années. On a cumulé quand même. Il y a eu Mitterrand, la force tranquille, ici et maintenant, on va changer le monde, on y a cru, et puis on a été déçus. Et Chirac ! Quelques belles envolées à la De Gaulle, mais quand même, volait pas bien haut. On a touché le fond avec le nain hystérique, Sarkozy, le meilleur ami de Kadhafi. Mais c’était sans compter sur notre sauveur à tous, DSK, le trousseur de domestiques, le fossoyeur de la Grèce. Maintenant on racle le fond, avec Hollande et Valls. On a les élites qu’on mérite, paraît-il. Sérieux ? Nan, j’ai pas mérité ça.

    Dans ma vie d’électrice, j’ai voté PS, parce que j’y ai cru, voté Besancenot pour contester, voté RPR, pour contrer le FN, je me suis abstenue, dégoutée, voté blanc pour signaler, voté nul pour faire chier, Mélanchon, pour essayer.

    Maintenant je fais quoi ?

     


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  • J'ai comme un poids,Comme une envie de vomir, comme une désespérance qui m'envahit.

    Je ne devrais pas être dans cet état-là, et peut être même que c'est pas totalement à cause de ce que je crois, que mon petit ego est bien plus grand que je ne le crois, mais depuis le 13, j'y arrive pas.

    Je n'ai pas été touché, personne de ma famille ou de mes amis ne l'a été, ce n'est qu'un massacre lointain comme il y en a tant, chaque jour, chaque matin. Mais celui-là, c'est pas pareil. Pourquoi il n'a pas le même impacte, je n'en sais rien. J'ai lu les posts de ceux qui s'insurgent contre les émois sélectifs, ben désolée les gars, ces morts m'ont fait plus mal que les autres. Peut être qu'ils étaient trop et trop proches, que les terroristes ne visaient personne donc tout le monde, que je n'ai pas pu, cette fois-ci, tourner la tête, regarder le ciel, et rire d'une mauvaise blague pour oublier, oublier que nous sommes tous si moches, si petits, si tristes. Oublier que la mort nous guette, que la mort est planquée derrière les rires juste avant le désespoir et la solitude et qu'elle me terrifie. Je ne suis qu'une petite égocentrique qui tombe de son château de cartes, mal bricolé, depuis trop longtemps mal rafistolé.

    Un goût dans la bouche de "à quoi bon" et de "pour quoi faire", un air de solitude dérisoire, d'isolement absurde, une sensation de froid, triste et immuable. Encore un petit je, un petit coup de moi, une indécence égotique face au grand tout. Sept cent millions de gens qui souffrent, et moi et moi, et moi.

    Comment dire, expliquer, ne serait-ce qu'à moi-même, cette intense sensation d'absurdité de la vie, mêlée parfaitement à la conscience de passer à côté, le tout englué dans un immobilisme sourd. Je devrais réagir. Dans les films, les gens réagissent. Ils se disent, j'ai frôlé la mort, la vie ne tient qu'à un fil, il faut faire ce que l'on a envie, faire ce que l'on doit, aimer, avant qu'il ne soit trop tard. Oui, je devrais réagir, mais je continue de me regarder soliloquer, sans que rien n'arrive. Pour être pitoyable jusqu'au bout, je crois que je pourrais me faire à l'idée que ma vie n'est rien d'autre qu'un organisme parmi d'autres, si je n'avais cette soif insatiable d'amour, si je n'étais pas ce puits sans fond, cette petite fille aux allumettes, petite Causette. Si j'étais capable de donner autant que je réclame, peut être pourrais je m’accommoder de cela, mais rien n'est assez, je ne compte que ce qui ne rentre pas. Je ne suis pas Causette, je suis banquière, je m'accroche à l'amour comme l'avare à sa cassette, et c'est douloureux, horriblement douloureux, tristement, égoïstement, pitoyablement douloureux.

    Et je n'en reviens pas, n'en reviens jamais de la bêtise des hommes. Hommes toujours prêts à donner des leçons au nom de l'amour de Dieu, l'amour de l'humanité, l'amour des siens. Hommes qui trompent, torturent, emprisonnent, tuent au nom de cet amour. Je n'en reviens pas d'être si humaine, consciente et impuissante.

    Je ne comprends pas pourquoi, ni comment, alors qu'on vient de subir une attaque terroriste, que les enfants ont remplacé les monstres du placard par des ombres noires armées de kalashs et de ceintures d'explosifs, que les morts ne sont pas encore en terre, que les cauchemars brûlent encore les paupières, comment, et pourquoi, le mot unité sonne comme manipulation, le mot souffrance comme business, sécurité comme oppression, dignité comme mensonge. Pourquoi ce qui pourrait nous unir nous divise, pourquoi cette idée même est suspecte, nauséabonde, raillée, dénoncée, conspuée. Pourquoi nous nous montrons du doigt quand on pourrait se prendre dans les bras. Et même sans embrasser des licornes à paillettes en buvant du lait de fleurs cultivées par des Bisounours, ni baiser en orgie gigantesque en la place publique à la chaleur d'un feu de joie, pourquoi on continue de faire semblant d'être plus, plus heureux, plus malheureux, plus riches, plus pauvre, PLUS que l'autre, qui n'est que notre reflet. Mais après tout, c'est peut-être pour ça qu'on le déteste.

    Je ne suis pas quelqu'un de super fort, mais je suis quelqu'un de solide. Je ne nage pas nue, au soleil, dans une immense piscine privée d'une villa de designer  sur la photo de facebook, je ne suis pas un prix Goncourt, ni une star internationale, je ne suis même pas sa sœur ni sa nièce. Je ne suis pas non plus une réfugiée Syrienne ni une rescapée du Darfour. Et j'en ai ma claque d'être obligée de  mugir et de pisser autour de mon territoire pour que l'on me respecte. Je ne supporte plus les regards condescendants parce que j'ai le malheur de ne pas prétendre être PLUS que tel ou tel. J'en ai raz le bol de devoir me battre, jouer des coudes, conspirer, pour cette pantomime absurde. Je suis fatiguée de ne pas être assez riche ou assez pauvre, de ne pas être assez végan, ou trop perchée, pas assez cool, un peu trop love, manquer de punch, trop envoyer, ni soumise, ni domina. J'en ai marre de ces barèmes, ces critères, ces concours de circonstances, ces premiers prix du hasard.

    Depuis ce 13 novembre, je n'arrive plus à me dire "aller", ça va passer, bois donc un coup. J'aurais juste besoin d'un gros câlin. Besoin de me réfugier au creux d'une réassurance. Besoin qu'on me raconte encore la belle histoire pour y croire à nouveau. Mais c'est moi qui raconte, moi qui rassure et qui protège. 

    Et j'ai comme un poids, comme une envie de vomir, comme une désespérance qui m'envahit. J'ai comme un souci de cohérence, une crise de foi.


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