• Schemas corporels, âge, femme et séduction

    Schemas corporels, âge, femme et séductionCe titre ressemble  une suite de mots clé, à un nuage de tag, ouais ... c'est à peu près ça.

    Ce soir, pour des raisons qui ne regardent que moi ( mon chat est mort dans d'atroces souffrances et dans mes bras, je l'ai enterré dans la nature en compagnie d'une de mes filles et de ma sœur) j'ai mangé, une pizza et du chocolat, arrosé de Coca (zéro). Maintenant que j'ai noyé mon chagrin dans du gras et du sucre, je me sens fat, obèse, lourde, moche, l'ingrate à lunettes au premier rang.

    Cette image, de fil en aiguille et au gré d'associations d'idées que je ne maitrise pas, m'a rappelé que je n'ai jamais été cette enfant ou ado ingrate. Quel que soit mon poids, (j'étais plutôt maigre pendant l'enfance et ronde à l'adolescence), j'ai toujours eu du succès. Bien que je n'étais pas à l'aise dans mon corps, j'ai toujours eu conscience de ce succès. Mais, avec le temps, au lieu de faire la paix, au lieu d'accepter, je retourne en arrière, je reviens à mes premières amoures, c'est à dire au corps de garçon. (pas en vrai, hein, mais dans mes gouts, mon allure) Oui, parce que quand j'étais petite, je voulais être un garçon. Pas que j'étais fascinée par leur quéquette, non je lorgnais leurs droits, leurs fringues, leurs skates et leurs corps agiles et puissants. Je trouvais ça bien plus cool et pratique.

    Mais à la puberté, un corps de fille a poussé et quand j'ai vu l'effet qu'il faisait, et après quelques moultes injonctions de partout tout le temps,  de sportive exploratrice agent secret, je suis devenue aventurière de mon corps et de mes émotions. Suite à certains événements que je ne re-raconterai pas maintenant, liés a ce changement, j'ai passé ma vie à essayer de le comprendre, l'apprivoiser, de l'extérieur comme de l'intérieur. Et tout ce temps plus tard, je n'y suis toujours pas arrivée. Je regarde mon corps, mon visage, je ne me reconnais toujours pas, je l'aime de moins en moins, et j'en reviens pas d'en être là, encore là, seulement là. Je n'arrive même pas à voir à quoi je ressemble. J'ai l'impression que rien ne va avec rien. Une tête de garçon sur un corps de fille.

    J'ai beau savoir qu'on s'en fou, que tout est possible, qu'il en faut pour tous les gouts, c'est comme si je n'arrivais toujours pas à choisir entre les deux. J'aurais pu avoir un corps athlétique mince, plat et musclé ; j'aurais pu avoir une tête glamour avec de longues boucles sensuelles, mais non. Bon, vous me direz, pour les cheveux, c'est pas difficile, au lieu de les porter courts, je me les laisse pousser. Pour le visage, je me maquille, je fais un "effort" comme on dit ! Mais non ! Je n'aime pas, j'ai l'air d'une dame, quand je fais ça ! (ben oui, j'ai essayé !) J'aime pas les dames ! Je suis pas une dame !

    Ok, ok! Mais comment je fais alors pour me sentir sexy ? Parce que j'aime me sentir sexy, désirable etc, je ne vous fait pas un dessin. Là, j'ai l'impression d'avoir le sex appeal d'Amy Farrah Fowler de The Big bag theory.)

    Tu arrêtes de te poser des questions à la con, il n'existe pas une seule façon d'être sexy. Sois toi même, ta sexitude s’exprimera d'elle même.

    Ouais ok! Et si je croyais que j'étais sexy, et que , en vrai, je ressemblais à une vache en tablier ? Ne serai je pas aussi malheureuse de ne plaire qu'a moi même, seule avec mes index ?

    Bon, la dedans, il n'y a rien qui me satisfasse. Je n'aurais jamais la hanche étroite et le téton timide et la féminité capillaire m'emmerde. Quand je me regarde dans la glace, je ne trouve pas d'indice de ce truc particulier qu'on appelle parfois le charme chez des gens qui ne sont pas ou plus "beaux". (oui, plus beau comme par exemple euh... vieux) Alors merde ! Comment je fais ?

    Et ne me dites pas c'est dans la tête, parce que je le sais, c'est ce que je suis en train de vous dire merde ! Vous êtes attentifs ou bien ?

    La question est, comment je fais pour recoller ma tête et mon corps en un ensemble dont je trouve la cohérence satisfaisante ?

    J'ai l'air de ne parler que de ma gueule et de mes petits complexes a deux balles, mais je suis certaine que ça mérite d'ouvrir le débat sur les schémas corporels et la définition de la féminité et de la sexitude. Parce que quoi, qui a dit qu'il fallait être blonde au gros sein, taille de guêpe avec le corps de kate Moss pour être belle ?


  • Commentaires

    1
    Bicar
    Mardi 17 Mars 2015 à 10:30

    Bin rien. Tu fais rien. Tu attends sans attendre qu'un jour , sans t'en rendre compte ... tu n'y penses plus.

    Terrible, non, ce regard sévère que l'on est capable de porter sur soi même, ce jugement définitif avec lequel on scarifie notre âme, notre coeur, notre sensibilité et ... nos rapports aux autres.

    Bien sûr que cela remonte, encore et toujours, au regard que " les autres " (= géniteurs principalement) sur nous, à l'image qu'ils nous renvoyaient de nous mêmes. De cette image là, on ne se relève jamais, qu'elle soit favorable  ou dévalorisante. Quel que soit, par la suite, le regard que les autres " autres " porteront sur nous.

    Et tu sais quoi ? C'est vrai qu'on se fait chier pour pas grand chose parce que tout ça, c'est vrai que NON : ça n'a aucune importance. Mais alors AUCUNE.

    Le problème, c'est d'être entouré de connards, a qui on a expliqué que SI c'était important; de connards incapable de pensée propre, qui ont peur de ne pas faire comme tout le monde, qui pensent que parce que tout le monde pense la même chose c'est que tout le monde a raison ; de connards qui ne savent pas se remettre en question ...

    Je vis seule depuis bientôt trois ans. Seule, c'est à dire qu'en dehors des commerçants incontournables pour manger (puisqu'il faut manger pour vivre), je ne vois plus personne. SEULE, je te dis. La dernière fois que j'ai vu " du monde ", c'est à dire un " groupe " de " gens que je connaissais ", c'était début janvier. 

    Ca fait long. Et plus c'est long, moins j'ai envie. Quand je revois du monde, plus ça va, moins je partage. Leurs clichés, leurs théories, leurs avis définitifs sur tout ...

    Ma tronche a changé en trois ans (je te parle même pas du corps). Je le sais parce que même si ma vue a baissé, j'ai encore des yeux pour me regarder. Et je le lis dans leurs regards AUSSI.  Forcément : comme on se voit de moins en moins souvent, les changements qui s'opèrent sont de plus en plus marqués. Ils sont déçus. Et moi je les emmerde. Parce que je suis moi-même.

    T'as vraiment une tête de mec ?

    So what ?

     

    2
    Mardi 17 Mars 2015 à 12:31

    Ce sont des choses qu'on traverse, ça revient, quand on  enterre un chat et qu'on se console avec du gras, ça s'en va quand la vie nous emporte tellement qu'on a plus le temps de se regarder. Moi, je t'ai vu comme la fille qui fait "toc-toc" et y'en a dix qui tombent. Et me suis  vu comme la grande godiche qui sait pas bien y faire. Et rien de tout cela n'est vraie.


    Je ne me reconnais pas non plus dans le miroir, mais je ne me regarde pas beaucoup. Je crois, que quand dans ma tête je me vie comme "belle" les autres me vivent aussi ainsi. Et quand je me vie transparente ben je le deviens. Alors le miroir dans tout ça ...


    Je crois que ça part de moi et qu'il m'est impossible de me vivre constamment de la même façon. M'aimer, me haïr, c'est aussi naturel  et inconstant que d'éprouver de la joie et de la tristesse. ça ne finira jamais... D'ailleurs, j'ai remarqué que mon moral influençait grandement la vision que j'ai de moi-même et pas le contraire.


    J'aime bien jouer avec l'idée que chacun d'entre nous (humain) est un tout, contient tout. Le Yin et le yang, la beauté et la laideur, la joie et le chagrin, la générosité et l'avarice etc... Nous bougeons à l'intérieur de ce tout, d'un pôle à l'autre, au gré de la vie qui nous façonne toujours et jamais pour toujours...


    Alors, il doit nous arriver d'être belle et aussi d'être laide. Mais l'objectivité de la beauté ? C'est de la philo ça ! ça m'évoque l'Art contemporain. Nous sommes des œuvres d'art contemporaines ! Rire !

    3
    Mardi 17 Mars 2015 à 14:26

    Bicar : non, je n'ai pas une tête de mec. J'ai un style de mec... Parfois...

    J'ai un corps et un visage très, même ultra féminin. Mais je n'aime pas la définition courante de la féminité. Je m'y sens à l'étroit, et je n'ai jamais bien vécu le regard concupiscent qu'il peut provoquer. Alors je mélange les genres, mais quand je me regarde dans la glace, je trouve que ce mélange n'est pas très heureux. Je sais que tous les gouts sont dans la nature, je sais aussi, comme le dit Luce, que ça dépend des jours, mais globalement, j'aimerais être suffisamment libérée de ces connards (aussi bien ceux que l'on croise que ceux qui m'ont fait) pour avoir une relation apaisée à mon corps. En avoir rien à foutre de n'avoir pas le corps que l'autre désire, en avoir rien a carrer de ne pas correspondre aux standards de Christina.

    Dans le fond, je sais que je suis une belle femme. Mais cette assurance est tellement fragile, qu'elle ne vacille pas, elle s'écroule chaque fois qu'on la heurte. J'ai très conscience aussi, que je projette dans mon corps beaucoup d'inquiétudes de vie. Problème de boulot, et je suis trop vieille, problème avec mes filles et je suis pas assez musclée, problème de territoire et je ne suis pas assez belle. Mon corps n'est pas seulement mon corps, c'est le support de ce que je suis, de ce que je ressens. Autant au point de mon caractère, j'ai moins de difficulté a dire merde, je suis comme je suis. Nier ma "différence" serait me nier moi même. j'aimerais avoir cette sagesse à propos de mon corps. Il est vrai que j'ai l'impression constante de grandir, de m'améliorer, alors que mon corps vieilli, le con !

    4
    Hélène
    Mardi 17 Mars 2015 à 23:27



    Came parle pas mal, sauf l’envie d’être un garçon. Je n’ai jamais voulu grandir, ni vieillir, ni eu envie d’être une femme, je ne me sens pas vraiment femme, même si ça m’arrive de tps en tps. J’ai horreur des exhortations à être belle, je ne me maquille pas, je ne sais pas le faire, je ne sais pas m’habiller, j’ai l’impression d’être un sac à patate. Mon corps est mince et je ne le trouve pas moche, mais je pourrais noircir une page de la liste de mes défauts physique. Je voudrais revendiquer le droit d’être moche, de ne pas être féminine. Mais j voudrais oser être belle, apprêtée, pour voir ce que ça fait. Je méprise le fait que les hommes soient attirés par les femmes bien attifées, mais je suis jalouse d’elles. J’aimerai pouvoir assumer mes poils, mes rides, mon début de couperose et j’en passe. Mais j’aimerais pouvoir corriger tous mes défauts physiques. Je ne veux pas consacrer ni de temps ni d’argent à mon apparence, mais j’aimerais être belle. Me sentir belle sans « mais ». Les défauts sont les marques de la vie, ils racontent l’histoire de notre corps, et donc notre histoire. Ils sont beaux. Il faudrait trouver un confident pour les raconter, les pleure et les chérir.

    5
    Jeudi 19 Mars 2015 à 19:07

    Hélène,

    Merci pour ton commentaire. Je me sens sur la même longueur d'onde. C'est peut être idiot, mais c'est plaisant. :)

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