• Seule

    Seule au fond de la nuit, se laisser parcourir. Mélange doux amer de lasciveté et de solitude. Partir, partir encore, s’abstraire pour mieux ressentir, pour mieux vivre, au plus près de soi. Laisser couler, sur sa peau, la douceur, l’effleurement. Basculer sa tête, fermer les yeux, céder à l’envie.

    La voilà au fond de son lit. Enfin seule, et trop seule, une main sur un sein, l’autre abandonnée sur son ventre, hésitante, agacée. Les yeux fermés dans le noir, entre raison et songe, entre retenue et chimère. Des images, des flashs, des fulgurances la percutent et la bousculent. Elle se cambre, s’agrippe pour ne pas basculer. Un souffle à son oreille, un murmure, une idée, une envie, elle se détourne, tente de s'échapper. Elle se retourne sur le ventre, d’autres caresses se proposent à son esprit échauffé. Une main entre cuisse et hanche la soulève. Elle se cambre à l’extrême, attends, suspendue, se laisse choir, inassouvie, irritée. Elle se retourne encore, s’écarte et se referme sur l’intolérable vide. Elle se recroqueville, se couche sur le côté, haletante. Elle rentre en elle même, sa main aussi.

    « Han ! » Premier son depuis les soupirs. Elle s’ouvre à nouveau, s’offre à elle même, s’agite avec frénésie, geint, se crispe, se calme, reprend son souffle et repart de plus belle. Une fois, dix fois, les images se précipitent et se bousculent. Des mains, mille mains parcourent son corps, des odeurs, des bruits, la douceur, et la force, l’étreinte qui la possède et la submerge. Elle se bat avec et contre elle même, seule jusqu’à l’épuisement.

    Elle ne peut, veut pas s’arrêter, c’est une folle danse qui s’empare d’elle, la maintient sur le fil, enragée, frustrée, courant après la promesse de sa libération prochaine, l’explosion de ses chaines. Soubresauts, cris, râles, elle gesticule, se redresse regarde le vide dans les yeux, et s’affale sur sa couche, soulagée et insatisfaite.

    Sa peau déserte appelle encore, sa bouche humide appelle encore, ses seins, son cul, son corps vide hurle encore.

     Elle s’écoule doucement. Les yeux ouverts dans le noir, elle contemple le néant. Dans un dernier sursaut, elle repart, monte à l'assaut. Elle se prends, se reprends, se comble jusqu'au tréfonds.

    Epuisée enfin, gisant dans son rêve, ivre morte, cède, lâche prise, et sombre dans le sommeil. 

     

    Photo : http://misungui.tumblr.com/


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