• Soumises vs gros connards,

    ou,

    D/S c’est la mode.

    Soumises vs gros connards,

    Il y a maintenant deux ans, je faisais la découverte de la soumission. Un bogoss sur le net qui m’a retourné la tête en deux deux, m’a initié à cette pratique qui, je l’avoue, m’a beaucoup déboussolée et excitée au début et est vite devenue impossible. Cette petite historiette qui a énormément évoluée, s’est transformée mille fois, m’a fait réfléchir, sur moi, nous, la vie quoi. Je me suis penchée sur la question, manquant de tomber régulièrement. Depuis quelques temps, (que je fixerai plus ou moins à la parution du livre et, Oh my God, carrément une déferlante depuis la sortie du film du même nom, je cite, vous l’avez deviné, Fifty Shades of Grey), je vois pulluler sur le net, des gros connards qui se prennent pour des Dominants, et des soumises qui chouinent à longueur de facebook.

    Première chose, j’ai envie de dire What the fuck ? Haaa ! C’est dit, ça va mieux.

    Dans mon parcours perso, quand Bogoss a commencé à en parler, j’étais à la fois excitée, séduite et méchamment méfiante. J’ai donc alpagué ma planche et suis allée surfer sur le net. J’ai pécho tout ce que j’ai pu, du bon grain comme de l’ivraie, surtout de l’ivraie.

    J’ai lu des choses comme « On trouve plus de soumises que de soumis, parce que la femme est faite pour la soumission. » (Parce que bien entendu « La femme », toutes les mêmes, toutes des putes, sauf ma mère et mes sœurs qui sont des saintes) ou bien, « Une femme ne se révèle totalement que dans la soumission. » (Ben tiens ! Où il y a de la gêne y a pas de plaisir !)

    Si on justifie que Mr Grey est un dominant parce qu’il a eu des problèmes quand il était petit, on ne justifie par contre pas le goût de la nénette pour la soumission. Ben oui, pardon, c’est dans sa nature. Rho zut alors ! Je dis de ces trucs moi !

    Et puis j’ai lu des choses fort séduisantes à mon cœur de midinette. « Le dominateur n’est pas un maître mais un guide. Il guide sa soumise pour lui permettre d’accéder à cette dimension où elle trouvera enfin l’équilibre qu’elle recherche. », Et une phrase qu’il m’a dite et m’a particulièrement faite mouiller,  « Je te guiderai sur le chemin que tu me désigneras ». Ahuuuu ! Je suis montée au plafond.

    J’ai acheté des livres spécialisés dans une librairie spécialisée, me disant que le net, vraiment, il y avait trop de tout. J’ai lu donc que « se soumettre » était un art. Que dominer c’était être doux, équilibré, patient, fort, sensible, imaginatif, exigent et généreux ! Oh my god ! C’est ce que je voulais ! Un homme comme ça avec moi, qui en plus me promettait de m’accrocher au plafond au propre comme au figuré, il ne m’en fallait pas plus pour mouiller ma petite culotte. Vous me direz, c’est déjà pas mal. Sauf. Sauf que visiblement, ce que l’on ne m’avait pas dit, c’est qu’il y a la littérature pour les femmes que l’on veut soumettre et la littérature pour les hommes qui se prennent pour des dominants. Parce qu’au bout du compte, c’est quand même un jeu de dupe.

    En ce qui me concerne, même si je me suis éclatée au lit (et pas seulement), je me suis quand même rendue compte qu’obéir aux désidératas d’un mec, juste parce qu’il l’a dit, ce n’était pas mon truc. Moi, ce que je voulais, c’est un mec qui me tienne la main pour aller là où je voulais aller, et juste là. Un mec qui s’occuperait de moi, me ferait vivre des trucs trop intenses, en qui je pourrais avoir une confiance aveugle… Et c’est bien là que le bas blesse, parce que le bogoss, lui, voulait me mener là où il en avait envie, et juste là.

     

    Depuis 50 nuances de conneries, on voit éclore toute une population de mâle dominant, des chefs de meutes des Alphas. (Excusez-moi, mais ça me fait trop rire d’employer ces termes. Plus ces types se comparent à des animaux, plus ils se sentent fort et viril.) Ces Alphas, donc, émergent sur les profils de femmes comme des pop-up intempestifs, avec plus ou moins de finesse. Ca va de la photo de bite en érection à un compliment plus ou moins bien tourné. Pour moi c’était un compliment maladroit, adroitement rattrapé. (Quand j’y repense, tout de même, je suis tombée dans le panneau de l’accroche n° 152, le mec qui engage la conversation comme un lourdaud, qui s’excuse de sa maladresse et hop, la conversation est engagée. Faut que je m’achète le manuel du parfait dragueur et que je l’apprenne par cœur, j’ai encore des failles.)

    En face, on a des kyrielles de femmes en mal d’amour qui espèrent tellement fort tomber enfin sur le prince charmant, version du cul, qui les traiteraient comme des princesses, qu’elles ne lisent pas les petits caractères, des promesses faites les doigts croisés.

     

    Résultat des courses, le BDSM se retourne dans sa tombe. Tout le monde mélange tout, on se fait beaucoup de mal, on est beaucoup déçus. Mais, ça s’arrêterait là, ma foi, ce ne serait que des aventures malheureuses comme il en arrive tant. Chaque année les nouveautés sportives déplorent leur lot d’accident, chaque année ça tourne et ça se renouvèle.

    Ce qui m’emmerde le plus, franchement, ce n’est pas la connerie universelle, ni d’en faire parti, je fais des efforts mais je ne suis pas infaillible. Non, ce qui me fait vraiment mal, c’est que sous prétexte de nouvelles pratiques sexuelles, histoire de s’émoustiller le quotidien, on est en train de reproduire un rapport homme femme de maltraitance. Et je ne parle pas de la fessée. Ce dont je parle, c’est le type qui n’a aucun respect pour sa soumise et qui va lui faire subir tout ce qui le fait bander, lui, sans se poser la moindre question de son consentement à elle. Ben non, pourquoi faire ? Elle est soumise, elle ferme sa gueule ! C’est quand même une aubaine, ce truc de D/s, ça permet à tous ces connards de se comporter comme des porcs sans avoir à se justifier ni offrir des fleurs. Ils peuvent oublier de les appeler pendant deux mois et revenir la bouche en cœur quand ça leur chante, ils peuvent leur foutre des baffes, les insulter, les humilier, elles sont soumises, elles n’ont qu’à fermer leur gueule. Ils peuvent les garder sous influence, les fâcher avec leur entourage, elles sont soumises, elles ferment leur gueule ! Ils peuvent les obliger faire des choses qu’elles ne VEULENT PAS FAIRE, à coup de chantage, de menace, elles n’ont qu’à fermer leur gueules, elles sont soumises !

     

    Les femmes, de leur côté, n’en finissent plus de revivre éternellement la même désillusion du prince charmant qui se transforme non plus en vilain mari, mais en vilain maître. Et de se recroqueviller encore un peu plus sur elle-même, partout où elles se tournent, elles souffrent, leur désir n’existe pas, elles ne sont que des objets. Elles voulaient un prince charmant qui les enlèverait sur leur blanc destrier, qui les soustrairait à un quotidien livide, elles se retrouvent dans une relation malsaine avec un fils de salaud.

    Et là, comme il n’y pas si longtemps, au demeurant, et comme on le reproche à d’autres cultures ou religions, plus personne n’est Charlie, ça devient convenable, acceptable d’humilier, violenter, violer. C’est une soumise, elle ferme sa gueule !

     

    Le seul truc que ces demeurés en bande désorganisée, n’ont pas compris, c’est que ça n’a rien, mais absolument rien à voir. Parce que je ne pense pas qu’ils aient compris et qu’ils aient consciemment pris la décision de s’en foutre. Non, je crois que c’est bien pire. Ces mâles dominants, ces alphas ne sont pas des lions, pas des loups, ce ne sont que des porcs idiots. Persuadés de leur bons droits parce qu’ils ont une quequette et qu’elle prend toute la place dans leur tête. Des mecs si petits, qu’ils ne sont pas fichus de s’épanouir sans rabaisser les autres. La lie de l’humanité, les pauvres types, ceux à cause de qui on en est là. La seule chose qui me console, c’est que ces mecs se mettent aussi en couple avec de sombres connasses, et que du coup, s’ils se foutent sur la gueule, ça me fait des vacances.

    Mais je tiens tout de même à réaffirmer une chose :

    La différence entre le BDSM et les agressions sexuelles, ne tient pas des pratiques, ni de la force des coups, ni même de l’environnement ou du contexte, NON !

    Ce qui fait la différence, c’est le CONSENTEMENT !!!

    Consentement : Action de consentir ; résultat de cette action.

    Consentir : Se prononcer en faveur de l'accomplissement d'un projet, d'un acte, etc. Concourir à l'accomplissement d'un acte. Autoriser, permettre. Vouloir bien, accepter, que quelque chose se fasse, ait lieu, existe.

    Ce consentement n’est pas valable en cas de mensonge, hein ! Je dis ça je dis rien, là je fatigue. Donc inutile de dire qu’elle était d’accord, quand vous l’appâtez avec des soirées aux senteurs de musc quand vous savez très bien que ça va finir dans la pisse et les larmes. Dire oui à un mensonge, n’est pas consentir. Ne pas dire non, n’est pas consentir, ne pas savoir à quoi on s’engage n’est pas consentir. Quand on est saoule, le consentement n’est pas valable, quand on est mineure non plus… je vous les dis tous où vous avez compris ?

    Mesdames, si vous n'êtes pas masochiste, n'aimez pas vous faire humilier, vous faire battre, si vous ne mouillez pas votre string à l'idée de servir, si vous ne vous fantasmez pas comme une esclave, une pute, un vide-couille, un sac à sperme, un animal de compagnie, ni aucune autre créature qui peuple l'univers du S/M, fuyez quand on vous parle de soumission. Si vous avez envie de prendre quelques fessées, de relever quelques défis érotiques pour pimenter votre quotidien, alors dites que vous pouvez apprécier quelques jeux de soumission. Il y a une nuance de taille. Restez maitresses de vous même, gardez le contrôle de la relation. Vous pourrez le lui donner lors de séances particulières.

    Ah et puis, mesdames, un truc aussi, Hyper important !!! Moi aussi, j’ai beau me le répéter, j’ai du mal à m’y faire, pourtant il va bien falloir :

    Le prince charmant n’existe pas !

    Ni dans le BDSM, ni nulle part ailleurs. Et 50 nuances de Grey, Twilight, et tout ce genre de romances, c’est des histoires, du semblant, du pour de faux. Hé ouais, je sais, ce n’est pas cool ! Il va falloir faire avec des mecs normaux. Arrêter de se prendre pour des princesses, se bouger le cul et prendre sa vie en main.

     

    Oh mais merde ! C’est vrai ! On le fait déjà !

     


  • Commentaires

    1
    Jeudi 18 Juin 2015 à 08:07

    Ah ben voilà ! J'attendais ce billet avec impatience ! Merci !

    2
    Createur
    Jeudi 18 Juin 2015 à 10:20
    Createur
    Lorsque vous parlez de consentement, je suis ravi. C'est le point le plus important dans n importe quelle pratique, pas seulement BDSM. Et je constate régulièrement qu'il est bafoué, je prépare une série de textes et de témoignages à ce sujet.

    Quant aux conneries d'épanouissement de la femme dans la soumission, nous sommes bien d'accord que cela émane de manipulateurs qui ne visent qu'à assouvir leurs envies.

    Par contre nos avis différent sur :
    - l'impact de 50 Shades, des personnes aux pratiques dangereuses existent depuis longtemps et continuent de sévir.
    - il y a certainement autant d'hommes soumis et de de Doms
    - le non respect du consentement concerne aussi les hommes soumis

    Pour ma part je pense qu'il y a une nécessité d'apprendre aux gens la sécurité dans les pratiques, le matériel adéquat ... Un(e) Dom(me) qui respecte ces règles, sait choisir son matériel ... Est souvent dans une démarche beaucoup plus saine que le premier quidam venu. Encore faut-il accepter de faire l'effort de s'éduquer.
    3
    Jeudi 18 Juin 2015 à 10:52

    Créateur :
    Je ne crois pas que nous soyons si éloigné que ça.
    A propos de 50 nuances de Grey. Je ne dis pas qu'il est le responsable,je dis juste que depuis, ils pullulent sur les profils fb et de rencontre. jamais autant de lambdas s'étaient réclamés du BDSM avant ça. Plus depuis Histoire d'eau. Mais ces types existaient avant, c'est évident.

    dans ce billet, j'ai choisi de traiter des abus de ces pauvres types, pas du BDSM, pas de la soumission en général. Je n'exclue pas ce que vous dites, cela ne fait juste pas parti de mon texte. C'est un sujet passionnant, et il faudrait plus d'un texte pour en faire le tour. de plus, je ne me prétends pas spécialiste. Comme je le signale, j'ai eu une expérience avec un homme. ca ne fait pas de moi un référence.

    Comme vous le dites, il est nécessaire d’éduquer les gens,encore faut il qu'il aient envie d'être éduqués. Ceux dont je parlent ne le veulent point. Il ne sont préoccupés que de leur tout petit plaisir, ne réalisent pas qu'ils en prendrait un plus grand s'ils consentaient à lever les yeux de leur queue.

    4
    Inna Bordable
    Jeudi 18 Juin 2015 à 11:06

    Je dirai simplement , n'est pas Maitre qui veut ! 

    On ne devient pas Maitre comme on devient forgeron .C'est un art qui se construit avec cérébralité , bienveillance , clairvoyance ..et  indulgence . Un Maître n'est pas un DIeu, un Maitre de qualité aura conscience de ses propres limites et posera un point d'honneur à la sécurité  de ses actes .

    Le BDSM , ne détient pas le monopole des crétins et des illusionnistes ( il y en a un wagon c'est vrai ! )

    Il faut que la confiance , les sentiments soient là  et réciproques pour pouvoir construire et avancer serein  dans ce type de relation qui peut être un TOUT , mais en aucun cas un jeu ou un divertissement .

     

    5
    Jeudi 18 Juin 2015 à 11:10
    Createur
    L'éducation ce n'est pas que celle du Dom(me qui n' a pas de queue ;-) ) mais aussi, surtout celle du ou de la soumise. Qui doit savoir reconnaître et ne pas accepter une personne qui fait des attaches dangereuses avec des cordes, en particulier en suspension, qui va frapper ses reins ou sa colonne vertébrale (arrêt immédiat car fort risque de lésion interne) ...
    Ces minimaux devraient être connus de toutes et tous

    (Et je suis d accord que nous allons dans le même sens)
    6
    Jeudi 18 Juin 2015 à 14:10

    Elancharnel
    Je me suis permise de supprimer et recopier votre commentaire. Une erreur de mise en page le rendait illisible.

    <style>

    </style>

    La question du consentement

     Le consentement doit être au coeur de la relation vanille, sm, D/s ou plus largement BDSM.

     

    La présomption de consentement des époux à l'acte sexuel ne vaut que jusqu'à preuve du contraire. La loi du 4 avril 2006, qui a entériné la position jurisprudentielle, reconnaît le viol entre époux.

     

    Le consentement peut être considéré comme vicié, tant au civil (par ex art 1109) qu’au pénal. Pour ne pas être qualifié de la sorte, le consentement doit être libre, éclairé et exprès.

     

    Le consentement sera considéré par exemple lorsqu’une personne tait sa séropositivité, falsifie ses résultats de tests VIH ou allègue une allergie au latex pour que leurs partenaires consentent, à entretenir des relations sexuelles non protégées. L'auteur trompe la victime sur la réalité de la situation. Trompée, elle acceptera les relations sexuelles mais son consentement sera inopérant parce que non éclairé.

     

    Le consentement est vicié dès lors qu’il est établi que la victime a accepté de participer à des relations par peur.

     

     Plus largement, le délit est constitué, lorsqu’une personne cherche, par quelque moyen ou subterfuge que ce soit, à obtenir le consentement de la victime qui l'aurait refusé si elle avait été mieux éclairée. C’est une atteinte à la liberté sexuelle.

     

     L'indifférence du droit pénal au consentement de la victime est un principe établi. « La violence […] à caractère sadomasochiste ne pourrait être légitimée par le consentement de la victime » (Cass. crim., 2 déc. 2009, n° 09-82.447)

     

    Il en résulte que le consentement de la victime est écarté par le juge répressif et permet de condamner l’auteur, y compris dans le cadre de relation sadomasochiste. Certains adeptes de ces « jeux » pourraient s’en offusquer mais force est de constater que cela participe à éviter certains abus.

     

    N’étant ni sadique, ni maso mais adepte de la D/s non du sm, je me réjouis de cette indifférence du droit pénal au consentement de la victime, en cas de violence.

    7
    S.
    Jeudi 18 Juin 2015 à 18:58

    merci de ces sourires, même s'ils sont, pour certains, le résultats de moment de rire peut-être un peu jaune, fût-ce rétrospectivement.

     

    S., mètre quatre vint, mâle plus bêta qu'alpha.

    8
    Lundi 22 Juin 2015 à 06:41

    Résumé en 2 phrases : le prince charmant n'existe pas, le consentement est souverain.

    j'ajoute juste que l'absence de sensibilité et la bétise font manifestement partie du monde : il y a encore des gens racistes dans ce pays, t'y crois toi ? Ben oui, ça fait mal au c... mais hélas c'est la réalité.

    Ce que ce billet dit en creux et que Je ne suis pas seul à dire (et heureusement) c'est que le cœur de ces choix de vie est une question de relation humaine. Evidemment, évoquer ces relations humaines avec des handicapés relationnel (à commencer par la relation avec soi même) c'est un peu comme de parler des joies des joies et beautés de la natation synchronisée avec des gens qui ne savent pas nager... Ca fait un post de blog assez rigolo mais au final ca reste vain.

    Tant qu'à faire évoquer des évidence, rappelons N/nous que tous ces plaisirs se fondent sur la qualité de la relation humaine.

    Eros Power

    9
    Augure
    Lundi 22 Juin 2015 à 12:57

    En tant qu'homme, 50 Shades of Grey à radicalement retourner ma sexualité. J'entends par là que, ayant un certain degré d'asperger et donc des difficultés à m'identifier ou comprendre facilement les règles et sous-textes sociaux, forcément je faisais parti de ces mecs qui ont mis un moment avant de commencer à séduire. Puis très vite, parce que je suis pas du genre à me mentir ou m'ignorer, j'ai compris que j'aimais bien être dominé par les femmes, et je pensais que ça faisait parti du paysage naturel des tendances sexuelles diverses et variées. Hors en France c'était déjà un enfer, rien que le fait que la femme n'a jamais intégré le peu de bon côté du féminisme, à commencer par s'établir en tant qu'égale par la prise en main de sa séduction et de son interaction avec les hommes plutôt d'attendre comme quasiment toutes les femmes de se faire draguer comme une bout de viande sur un étalage par le plus "offrant", puis rien que le simple fait de dire que l'on aime le corps d'une femme pas seulement de sa chatte jusqu'au téton mais des pieds jusqu'au front, la plupart des femmes ne sont pas forcément à l'aise, puis alors se faire dominer (sans tomber dans les clichés malheureusement répandu dans la culture populaire qui n'a jamais su illustrer de manière moderne, élégante et cool le sm dans son sens original) impossible.

    Et voilà que sort 50 Shades of Grey, qui naturellement (lorsque l'on comprends les ressorts des différents mouvement sociaux, en particulier le féminisme) rencontre un énorme succès. Et là j'ai décidé, pour mon bien (et par extension celui de mes proches), de craquer, d'abandonner l'idée d'être une singularité (pas si singulère je pensais) et de me mettre au pas du système féministe: devenir "dominant", répondre à la "demande" à défaut d'essayer une énième fois d'être moi même. Et ce que je constate, c'est ce que ce genre d'article important, pour l'instant rare, contenu d'avoir le terrible écueil contradictoire, malhonnête et contre-productif du féminisme: on déresponsabilise les femmes, et les hommes sont toujours les vilains. Hors la raison première pour laquelle on est dans cette situation qui ne va pas qu'impacter sexuellement les femmes, mais bien socialement et économiquement, c'est justement parce que le féminisme déresponsabilise constamment les femmes.

      • Brigit
        Samedi 24 Juin à 16:10

        Ha j'adore ! le système "féministe", il a bon dos...

        Je suis féministe et, à bien des égards, je n'adhère pas à tout dans ce texte, notamment sur la victimisation des femmes. Je ne pense donc pas que ce texte soit particulièrement "féministe".

        Il est d'ailleurs plus nuancé que vous ne semblez le comprendre. (je suis assez d'accord pour dire que voir les "soumises" chouiner à longueur de blogs, forums etc. c'est autant pathétique que comique)

        Et je ne pense pas -évidemment- que le féminisme déresponsabilise les femmes.  Le féminisme dénonce les discriminations, y compris celle d'être de ne pas être libre de vivre sa sexualité, quelle qu'elles soient. Mais les féministes raisonnables et raisonnées dénoncent bien davantage la société (hommes et femmes) que l'homme, male de l'espèce pour rétablir à la fois égalité, parité et équité. Donc, faut arrêter de victimiser aussi les hommes ! 

        Le féminisme vise aussi à responsabiliser les femmes, dans leur liberté de choix, pas à détourner les conséquences de leurs choix malheureux sur les hommes. mais c'est un autre débat

        "Et là j'ai décidé, pour mon bien (et par extension celui de mes proches), de craquer, d'abandonner l'idée d'être une singularité (pas si singulère je pensais) et de me mettre au pas du système féministe: devenir "dominant", répondre à la "demande" à défaut d'essayer une énième fois d'être moi même." non, c'est au pas d'une société soumise au post-marketing d'un bouquin populaire que vous avez décidé d'adhérer. ce n'est pas la même chose. en cherchant un peu, on en trouve des dominas. mais peut-être qu'elles n'ont ni les mêmes désirs, ni les motivations que les cohortes de pseudo-maîtres qui se sont découverts à la sortie de 50 shades. 

        (et certaines sont très, très vilaines)

         

         

         

    10
    Mister Y
    Lundi 22 Juin 2015 à 13:16
    Bonjour, je viens de lire avec attention ce qui précède. Vos explications sont très claires et cela fait plaisir a lire.
    Trop de monde confond sm, bdsm et soumission. Pour ma part les deux premiers ne m'intéressent pas. La soumission doit être un jeux ou les deux parties prennent du plaisir. Par ce jeu, j'ai révéler le côté fontaine de certaines demoiselles, j'ai réussi à les faire jouir juste en maintenant une excitation sur plusieurs heures voir jours.
    En effet je suis plus un guide qu'un"maitre" mais qui peut se prétendre "maitre"? Et surtout selon quels critères?
    Chaque soumission est unique et doit le rester.
    Amicalement
    11
    Lundi 22 Juin 2015 à 21:11

    J'en ai croisé un du genre, il y a peu. Il était prêt à tout m'apprendre.


    Ce que je ne désirais pas ? Pffff c'est parce qu'il ne m'avait pas encore fait découvrir. Avec lui, j'allais découvrir des univers inexplorés... Il allait m'apprendre à aimer ce qui me rebutait, si si si :)


    Ouais, ben j'ai fui...

    12
    Eve
    Lundi 22 Juin 2015 à 23:37

    C'est un bon article qui ouvre le débat.

     

    Plus que tout, ce qui me fait de la peine chez les "maitres", c'est le "Avec moi, tu vas voir..."

     

    Plus que tout, ce qui me fait de la peine chez les "soumises", c'est le "Je le fais pour faire plaisir à mon maitre..." (sérieusement, j'ai retiré le gode la dernière fois que j'ai entendu ça)

     

    Je conseille vivement à toutes les femmes de découvrir par elles-mêmes ce qui leur plaît et ne leur plaît pas, avec des stop, encore, oui, non, la possibilité permanente de s'exprimer. Le découvrir avec un maitre c'est... la loterie. Oui, c'est même pire je crois : c'est la roulette russe.

     

    Le côté technique ok, c'est une chose incontournable pour qui aime pratiquer. MAIS, il faut être honnête sur la douleur de la soumise :

     

    - Encorder, ça fait mal, quoiqu'on en dise sur les hormones que ça libère.

     

    - Se faire fouetter, ça fait mal, quoiqu'on en dise sur les hormones que ça libère.

     

    Ce sont des jeux pour des personnes qui aiment cela. Et la contrainte, la douleur, l'humiliation ne sont qu'une des multiples possibilités de la sexualité.

     

    Allez, on dit toujours que je suis hyper gentille, je ne vais pas l'être un instant: certains "maitres" abusent juste purement et simplement d'une autre personne.

     

    Moi j'aime bien histoire d'Ô pour ça, c'est tout ce qu'une femme peut faire pour son maitre. Cette recherche d'amour absolu donne le vertige.

    13
    JFG
    Mardi 30 Juin 2015 à 12:03

    bonjour,


    j'ai lu votre post avec intérêt et je partage l'essentiel de votre constat


    je suis moi-même atterré de lire et d'entendre autant de bêtises sur le BDSM. Il y a quelques temps, j'ai rédigé un petit mémo à l'attention d'une amie psychologue qui s'intéressait à la question. Je me permets d'en publier quelques extraits:


     


    le « BDSM» recouvre un grande quantité de pratiques érotiques autour de la contrainte (yeux bandés, liens, menottes,etc,), de la douleur (fessées, pinces, cire, etc.), de la mise en scène et de scénarios (tenues, accessoires, jeu de rôles, ambiances, etc.). Qui dit «BDSM » ne dit pas nécessairement pratiques collectives encore moins pratiques échangistes (en soirée, il est strictement interdit à quiconque de s'adresser à un/e soumis/se sans autorisation expresse de son maître/esse) . En fait chacun pioche dans cette matrice comme il l'entend au gré de ses goûts et de ceux de son/sa partenaire qui peuvent être de sexes différents ou de même sexe.


     


     


    Le milieu "BDSM" : les adeptes de ces jeux constituent un milieu hétérogène qui s'organise depuis la fin des années 1990 autour de sites internet, de clubs libertins, de sexshops spécialisés. L'enjeu pour les adeptes est de trouver d'autres joueurs. La moyenne d'âge est relativement élevée (50 ans pour les hommes, 40 ans pour les femmes, très peu de jeunes en dessous de 25 ans). Le standing socio-culturel est assez élevé (CSP++), plus élevé chez les hommes que chez les femmes (très peu de prolos!). Les soumises adorent échanger entre elles, surtout leurs états d'âme et en viennent à être amies dans le "civil" indépendamment de toutes pratiques "BDSM". Les "anciennes" conseillent les "nouvelles". L'information circule vite sur les "mauvais joueurs" (détraqués en tous genres, sadiques en particulier). Pour une femme, le réseau des soumises est assez facile à intégrer. Il est strictement interdit aux hommes qui n'ont pas de "club" équivalent. Le milieu "BDSM" est en pleine expansion (impact de la publication des 50 nuances de Grey, images explicites ou subliminales dans les pubs de produits de luxe).


     


     


    Sadomasochisme et "BDSM" : tous les maitres/esses ne sont pas sadiques, loin de là. En fait les vrais sadiques, ceux/celles qui ne se réalisent que dans la douleur de l'autre, ne savent respecter pas les règles d'un jeu n'ont pas de limites (leurs pulsions sont trop fortes). Après incidents, ils se retrouvent exclus définitivement du milieu (interdits de clubs par exemple) pour autant qu'ils aient eu envie de l'intégrer. Tous/tes les soumis/es ne sont pas masochistes car les vrais masos sont ceux/celles qui ne se réalisent que dans la douleur subie qui n'a pas nécessairement de relation avec les organes sexuels. Ils/elles font peur aux "joueurs" car, eux/elles ne jouent pas. Comme les sadiques qu'ils/elles recherchent, ils/elles ne souhaitent pas nécessairement intégrer le milieu "BDSM". Les deux (sados et masos) préfèrent les séances en duo. Sados et masos sont dans une situation mentale "définitive", pour eux, le SM est une nécessité (addiction de type alcoolique ou stupéfiants) alors que joueurs/ses se retrouvent dans des situation contrastées dans le temps : la D/S est un moment dans leur existence (chez les femmes notamment) ou un instant singulier dans leur vie de couple, "vanille" par ailleurs.


     


     


     


     


    "BDSM" et relation sexuelle : un jeu ou une séance n'aboutit pas systématiquement à un rapport sexuel, ceci en particulier dans une relation maitre/esse soumis (mâle généralement travesti). En ce cas, le/a soumis/se "stocke" des images qui vont stimuler ses pratiques solitaires jusqu'à la séance suivante. Un jeu relativement répandu consiste pour un couple D/S à se montrer dans une soirée sans y participer (en club notamment), à "stocker" des images et à réserver le rapport sexuel à leur stricte intimité (il y a toujours une/des chambres dans les clubs qui permettent de s'isoler en toute sécurité).


     


     


    La parabole de Hegel du maitre et de l'esclave : le maitre dépend de l'esclave de telle sorte qu'il en devient esclave, d'autant plus qu'il lui doit les moyens de vivre en bonne santé (logement, nourriture, vêtement, outils etc.). En "BDSM", le maitre/esse apparait comme pourvoyeur de désir et de plaisir sexuel pour son/sa soumis/se. S'il déroge à ses désirs, le/a soumis/e n'est pas satisfait/e et se sent libéré/ée de son engagement et se cherche un/e autre partenaire (d'où l'importance du contrat initial).


     


    "BDSM" et sentiments : dans le cas général, la soumise est très amoureuse de son maitre (c'est parfois par amour et non par goût, qu'elle s'adonne à ses jeux) cependant que beaucoup de maitres souhaiteraient multiplier les soumises. Ceci est une cause majeure de difficultés psychologiques chez les soumises (ce qui peut les amener à quitter définitivement cet univers). A cet égard, beaucoup de maîtres sont des pervers narcissiques experts en manipulation mentale...leurs victimes en sont d'autant plus meurtries.


    j'espère avoir contribué à éclaircir le débat


    bien à vous


    JFG


     


     

      • Brigit
        Samedi 24 Juin à 16:26

        Je serais assez curieuse de connaître les sources de cette description du "milieu BDSM" -si tant est qu'il existe- j'ai participé à plusieurs munchs à Paris (soirées de discussions exclusivement sur les themes bdsm), fréquenté "le" club SM de Paris et certes Paris n'est pas la France, beaucoup lu sur les forums, croisé quelques personnes qui s'organisaient tentativement en association, mais si j'ai acquis une certitude, c'est qu'il n'y a pas de "milieu" SM. 

        Pour le reste, je suis assez d'accord. 

        Pervers(e) narcissique ? pas tant que ça.

        manipulateur ? assurément ! sinon à quoi bon jouer ? si on ne peut pas tricher un peu... 

    14
    Mardi 30 Juin 2015 à 13:57

    Merci beaucoup, JFG, pour ce commentaire,

    qui contribue positivement au débat et éclairci , sans nul doute.

    15
    Mardi 30 Juin 2015 à 17:02

    dommage que la mise en page rende les commentaires illisibles...  Si vous pouvez faire qqchose n'hésitez pas..  Merci beaucoup.

    16
    Mardi 30 Juin 2015 à 17:32

    Eros, je songe à changer d'hébergeur, tant cela m'agace.

    17
    Ava
    Vendredi 23 Juin à 09:25
    j ai bien lu tous les commentaires et vous remercie de tous ces éclairages
    j ai toujours pratiquer le d/s sans le nommer c est avec une rencontre professionnelle de mon mari que nous avons mis en place une relation d/s
    si l on peut dire "officielle "je dis cela au second degré
    le principe est la base de tout pour nous et le plaisir que nous en avons est lié au consentement
    jamais sans
    18
    Ava
    Vendredi 23 Juin à 09:27
    veuillez pardonner des fautes car c est difficile d écrire sur ce format. ..
      • Vendredi 23 Juin à 09:33

        Merci pour votre commentaire.
        Il faut que je prenne le temps de changer d'hébergeur pour un meilleur confort pour tout le monde.

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