• Tout n'est que fiction N°1

    immobilier_saint_maurQuand Alia claqua la porte de la voiture elle eu tout le mal du monde à ne pas la claquer violemment. Qu'est ce qui la retenait, en fait? N'était ce pas justement ce qui la mettait dans cet état? Toujours se surveiller, ne jamais avoir un geste ou une parole déplacée... Cela avait commencé une semaine plus tôt quand son mari lui dit qu'ils étaient invités à déjeuner, dimanche, chez Bernadette et Jean-Laurent. Elle avait répondu un « Ah » évasif juste avant de sentir la boule lui nouer l'estomac. « Pourtant, ils sont sympathiques, tous les deux », se morigénait elle. « C'est peut être ça le hic, le « tique » de sympathique. Ils sont ni sympa, ni cool, ils sont « sympathiques ». Oh! Comme ils sont charmants! Hou hou hou! Quels joyeux drilles! Beurk ! » Puis la boule n'avait cessé de grossir atteignant son paroxysme le samedi soir. Elle s' apprêtait à dire à son mari qu'elle ne se sentait pas bien, que peut-être, elle allait rester à la maison, quand il était venu s'asseoir près d'elle.

    « Tu sais, ça me fait plaisir que tu viennes avec moi demain. Je suis certain que tu vas bien t'entendre avec Bernadette, quand tu la connaitra mieux. C'est une chouette fille. On s'entend vraiment très bien. A un tel point que pendant la campagne, ça jasait! Quand ils te verront, ils comprendront que c'est juste impossible. »

    « Qui « ils »?, il y aura d'autres personnes? On sera nombreux? »

    « Je ne sais pas, le noyau dur de la campagne plus quelques autres peut être... »

    « C'est maintenant que tu me le dis? Tu te moque de moi? »

    « Ben non, je t'en ai parlé... »

    « Tu m'as juste dit "On est invité a déjeuner dimanche chez Bernadette et Jean-Laurent", tu n'es pas allé plus loin. Tu crois que j'aurai accepté de venir à un de vos diners de campagne? »

    « C'est pas un diner de campagne, justement, on s'est dit que ce serait l'occasion de parler d'autre chose, ne t'inquiète pas ma chérie, ca va être sympathique, et tu vas enfin connaitre tout ceux dont je te parle depuis des mois. » Il lui avait caressé les cheveux, embrassé la main, et l'avait regardé de son regard confiant de labrador. A ce moment là l'angoisse avait cédé la place à la colère. Elle aurait voulu lui dire qu'elle en avait rien à foutre de ses copains de campagne, qu'elle les emmerdait ses copains de campagne, qu'ils étaient chiants à mourir, cons et coincés du cul, qu'elle les enculait à sec et avec du gravier, mais quand il la regardait comme ça elle ne pouvait rien dire, il le savait et ça la foutait en pétard.

    Elle avait gardé sa colère toute la nuit, puis durant tout le déjeuner. Maintenant ils rentraient et elle n'en pouvait plus de se retenir. Elle ne souriait même plus aux convives qui lui faisaient des signes de l'autre coté de la vitre. Elle ne les regardaient pas. Elle fixait un point imaginaire, concentrant toute son énergie à ne pas humilier son mari en leur montrant son cul. Lui, était souriant, détendu en apparence, mais pressé. Il sentait qu'elle était à deux doigts d'exploser. Elle ne l'avait jamais fait en 6 ans de vie commune, mais une espèce d'instinct lui disait ne ne jamais la provoquer, ne jamais dépasser les limites. Qu'une fois franchies il serait très difficile de revenir en arrière. Il mis le contact, et après avoir franchi le portail, il lui dit : « excuses moi ». Elle ne répondit pas. Elle continua de regarder son point imaginaire durant tout le trajet, silencieuse, les sourcils froncés. Il n'osa pas parler non plus. Au moment de garer la voiture: « Plus jamais! »l ui dit elle d'une voix grave et dure. « Dans un souffle à peine audible il lui répondit : « Plus jamais. »

    Pendant la première partie du trajet elle n'avait cesser de ruminer contre cette bande de bourges catho coincés. Si gentils que c'en était écœurant. Puis sa colère s'était retournée contre elle. « Pourquoi je me mets dans cet état? Pourquoi est que ça a un impact sur moi? Pourquoi est ce que je n'en ai pas rien à foutre? Pourquoi est ce que j'essaye de me plier a leur us et coutume? Putain! Et Pierre! Il est tellement différent dans ces moment là. J'ai l'impression qu'il me surveille, qu'il craint un impers! » là, sa colère s'était retourné contre lui. « Qu'est ce qu'il croit, que je vais péter à table? Je lui ai rien caché de ce que j'étais. Il me connait, il sait que je déteste ce monde guindé et policé. Quand il m'a épousé ce n'est pas pour mon pédigrée, ni pour mes bonnes manières. C'est justement parce que je ne fais pas partie de ce monde. C'est pour ma différence. » Puis le silence s'était installé en elle, et elle avait dit « Plus jamais », il avait répondu « Plus jamais ». Elle s'était immédiatement demandé pourquoi il avait répondu ça. « Pour l'épargner elle ou eux, ou lui? » Elle avait refusé de choisir la réponse. Ils étaient rentrés dans leur appartement, main dans la main.


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